En résumé : En 2024, la Wallonie compte 12 381 exploitations gérant près de 732 000 hectares, soit en moyenne 59 hectares par ferme. La main-d’œuvre représente environ 15 000 unités de travail, dont près de 30 % sont des femmes. Le cheptel détenu en Wallonie, dépasse un million de bovins. Sur le plan économique, le revenu du travail s’élève à 37 124 € par unité de travail soit 71 % du revenu comparable.
En 2024
En 2024, la Wallonie a connu des conditions climatiques exceptionnelles : l’année la plus humide jamais enregistrée, avec un ensoleillement très faible et des températures supérieures à la normale. Après des conditions automnales 2023 désastreuses, ayant perturbé voire diminué les semis de céréales d’hiver, les conditions météorologiques de 2024 ont impacté négativement l’ensemble des productions végétales : de mauvais rendements en céréales, rendements médiocres pour les cultures de maïs, de betteraves (richesse en sucre historiquement basse) et de pommes de terre. Les cultures fruitières ont subi des pertes importantes, tandis que les fourrages, bien que abondants, étaient de qualité médiocre.
Sur le plan économique, la baisse des prix des grandes cultures contraste avec la légère hausse des prix du lait et des bovins. En moyenne, les exploitations wallonnes atteignent une marge brute de 1 479 €/ha, un excédent brut de 1 301 €/ha et par conséquent un revenu agricole de 888 €/ha, en hausse par rapport à 2023 mais loin des sommets atteint en 2022. Le revenu du travail total s’établit à 37 124 € par unité de travail [UT], soit 71 % du revenu comparable, ce qui confirme un rapprochement entre ces deux indicateurs malgré un écart persistant. Ces moyennes masquent une forte disparité entre exploitations.
La structure des exploitations reste globalement stable : 12 381 exploitations en Wallonie, mais avec des surfaces moyennes en hausse et une spécialisation croissante en grandes cultures, tandis que l’élevage bovin recule. Cette évolution s’accompagne d’un enjeu majeur : le renouvellement générationnel. En 2024, 45 % des exploitations sont dirigées par des agriculteurs pensionnés ou proches de la pension et 37 % des exploitants de 50 ans et plus n’ont pas de successeur identifié, ce qui fragilise la transmission.
Enfin, l’année a été marquée par l’épidémie de fièvre catarrhale ovine, qui a entraîné des pertes dans les élevages et nécessité un soutien financier de 17 millions d’euros, ainsi que par des mobilisations agricoles face aux difficultés économiques et administratives.
Facteur de production
Exploitations et superficie
En 2024, 12 381 exploitations gèrent 731 984 ha de superficie agricole utilisée [SAU] en Wallonie soit un peu moins de la moitié de la superficie régionale. Depuis 2010, la diminution du nombre d’exploitations reste présente (-15 %) mais cette perte se stabilise à partir de 2013 (-0,3 %/an). Les fermes disparues sont reprises, bien souvent, par d’autres ce qui entraîne une augmentation de la superficie moyenne. En moyenne, les exploitations agricoles gèrent 59 hectares.
Les exploitations d’élevage bovin représentent un peu plus de la moitié des exploitations wallonnes. Les cultures fourragères et les prairies couvrent plus de la moitié de la SAU wallonne.
| 2024 | % | Moyenne par exploitation | |
| Exploitations (nombre) | |||
| Ensemble des exploitations | 12 381 | - | - |
| Exploitations professionnelles | 10 335 | 100,0 % | - |
| Grandes cultures | 3 641 | 35,2 % | - |
| Bovins laitiers | 1 315 | 12,7 % | - |
| Bovins viandeux | 2 178 | 21,1 % | - |
| Bovins laitiers et viandeux | 983 | 9,5 % | - |
| Cultures et bovins | 1 125 | 10,9 % | - |
| Autres | 1 093 | 10,6 % | - |
| Superficie agricole utilisée (ha) | |||
| Surface agricole utilisée | 731 984 | 100,0 % | 59,12 |
| Prairies permanentes | 305 323 | 41,7 % | - |
| Cultures fourragères | 103 253 | 14,1 % | - |
| Céréales | 167 730 | 22,9 % | - |
| Cultures industrielles | 69 707 | 9,5 % | - |
| Pommes de terre | 45 247 | 6,2 % | - |
| Productions horticoles comestibles | 19 141 | 2,6 % | - |
| Autres | 21 583 | 2,9 % | - |
- Main-d’œuvre
En 2023, 21 217 actifs agricoles réguliers et 5 421 saisonniers travaillent dans 12 423 exploitations. Cela équivaut à un peu moins de 15 000 UT, soit 1,19 UT par exploitation. En moyenne, une UT gère 50 ha mais cela peut fortement varier selon l’orientation technico-économique [OTE] et la taille de l’exploitation.
Dans les exploitations sous statut de « personne physique », le travail en agriculture est réalisé par 93 % des actifs réguliers faisant partie de la famille . Il est à noter que 29 % de cette main-d’œuvre régulière sont des femmes.
| 2023 | % | Moyenne par exploitation | |
| Main-d'œuvre | |||
| Main-d'œuvre totale (nombre de personnes) | 26 638 | 100,0 % | 2,15 |
| Main-d'œuvre régulière | 21 217 | 79,6 % | 1,71 |
| Maind'œuvre saisonnière | 5 421 | 20,4 % | 0,44 |
| Main-d'œuvre totale (unité de travail - UT) | 14 769 | 100,0 % | 1,19 |
| Main-d'œuvre régulière | 14 268 | 96,6 % | 1,15 |
| Maind'œuvre saisonnière | 501 | 3,4 % | 0,04 |
| Type de main-d'oeuvre dans les exploitations sous statut physique (nombre de personnes) | |||
| Main-d'œuvre familiale | 17 038 | 92,6 % | - |
| Hommes | 12 039 | 65,4 % | - |
| Femmes | 4 999 | 27,2 % | - |
| Autre main-d'œuvre régulière | 1 367 | 7,4 % | - |
| Hommes | 1 041 | 5,7 % | - |
| Femmes | 326 | 1,8 % | - |
- Cheptel
En 2024, le nombre de bovins dépasse de peu le million de têtes détenues par 6 406 éleveurs (disposant de plus de 10 bovins) avec un cheptel moyen de 152 têtes. La production viandeuse prédomine avec un nombre de détenteurs supérieur à ceux de la production laitière. En revanche, le cheptel moyen de vaches laitières est supérieur à celui des vaches allaitantes.
La Wallonie est le petit poucet de la production porcine belge : 341 164 porcs détenus par 369 éleveurs (disposant de 10 porcs et plus) soit un cheptel moyen de 952 têtes. Ce chiffre varie fortement selon le degré de spécialisation des élevages.
Les brebis et les chèvres comptabilisent respectivement 57 379 têtes et 15 473 têtes. Ces deux secteurs sont en progression.
En 2023, le nombre de places de volailles dépasse les 8 millions dont 75 % sont des poulets de chair. Le nombre de détenteurs continue sa progression, avec actuellement 426 éleveurs.
| 2024 | % | Moyenne par exploitation | |
| Bovins | |||
| Détenteurs de bovins (exploitations) | 6 406 | - | - |
| Détenteurs de vaches laitières | 2 622 | - | - |
| Détenteurs de vaches viandeuses | 4 571 | - | - |
| Bovins (têtes) | 972 867 | 100.0 % | 152 |
| Vaches laitières | 180 807 | 18.6 % | 69 |
| Vaches viandeuses | 212 666 | 21.9 % | 47 |
| Porcs | |||
| Détenteurs (exploitations) | 369 | - | - |
| Porcs (têtes) | 341 164 | - | 925 |
| Ovins et caprins | |||
| Brebis (têtes) | 57 379 | - | 42 |
| Chèvres (têtes) | 15 473 | - | 36 |
| Volailles | 2023 | ||
| Détenteurs de volailles (exploitations) | 426 | - | - |
| Détenteurs de poules pondeuses | 158 | - | - |
| Détenteurs de poulets de chair | 252 | - | - |
| Volailles (places) | 8 391 547 | 100.0 % | 19 698 |
| Poules pondeuses | 1 667 106 | 19,9 % | 10 551 |
| Poulets de chair | 6 336 313 | 75,5 % | 25 144 |
Rentabilité
Pour l’année 2024, en moyenne, l’ensemble des produits de l’exploitation-type wallonne atteint une valeur de 3 542 €/ha de SAU, aides comprises, ce qui équivaut à un niveau similaire à 2023. La part des produits des herbivores et des cultures fourragères représente 45 % du total des produits, étant donné le poids de l’élevage bovin en Wallonie. Les produits des cultures commerçables, quant à eux, représentent 28 % du total et enregistrent, à l’inverse des bovins, une chute suite aux très mauvais rendements des cultures et des prix en baisse.
Les charges de l’exploitation agricole en Wallonie se réduisent enfin un peu. L’ensemble des charges (hors salaires de la main-d’œuvre familiale et salariée) atteint 2 838 €/ha de SAU.
En 2024, au départ d’une marge brute de l’ordre de 1 479 €/ha de SAU, l’exploitation wallonne obtient un excédent brut proche de 1 301 €/ha de SAU et un revenu agricole de 888 €/ha de SAU. La plupart des indicateurs de rentabilité montrent une légère amélioration par rapport à 2023.
Toutefois, quel que soit l’indicateur économique considéré, une moyenne masque de grandes différences entre les diverses spécialisations des exploitations, les performances de gestion, …
| 2024 | |
| Données économiques | (€/ha) |
| (+) Produits de l'exercice sans aides | 2 922 |
| (-) Charges opérationnelles affectées | 1 443 |
| Marges brutes (sans aides ) | 1 479 |
| (+) Produits divers | 34 |
| (+) Aides | 438 |
| (+) Régularisation | 133 |
| (-) Charges réelles non affectées | 783 |
| Excédent Brut d'exploitation | 1 301 |
| (-) Intérêts payés (nets) | 64 |
| (-) Amortissements calculés | 365 |
| (+) Subside sur investissements | 16 |
| Revenu agricole (ou revenu du chef d'exploitation et de sa famille, y compris aides au revenu) |
888 |
| (-) Autres charges calculées | 184 |
| Revenu du travail | 704 |