En résumé : Les exploitations sont étudiées selon l’âge du plus jeune exploitant : « jeune » (<41 ans), « fin de carrière » (57-66 ans) et « senior » (≥67 ans). En 2024, 21 % des exploitation peuvent être considérées comme « jeunes », mais 45 % relèvent des deux dernières catégories, ce qui pose la question du renouvellement. Plus l’âge augmente, plus les exploitations sont petites et moins intensives. Le taux de remplacement reste faible (0,79) et 37 % des exploitants de 50 ans et plus n’ont pas de successeur identifié. Les secteurs des grandes cultures et des bovins viandeux sont particulièrement fragiles.

   Jeune    -     Fin de carrière    -     Senior   -     Renouvellement  
 

Répartition par génération

- Effectif

En 2024, l’analyse de la répartition des exploitations agricoles selon l’âge du plus jeune exploitant révèle que :

  • 21 % sont gérées par un jeune exploitant âgé de moins de 41 ans (ci-après dénommé « jeune »),
  • 34 % ont pour plus jeune exploitant une personne âgée de 41 à 56 ans.
  • 27 % des exploitations sont gérées par des agriculteurs âgés de 57 ans à 66 ans (ci-après repris sous la dénomination « fin de carrière »), qui atteindront dans maximum 10 ans l’âge légal de la pension.
  • 18 % des exploitations sont aujourd’hui gérées uniquement par des personnes de 67 ans ou plus (ci-après dénommé « senior ») soulignant une situation particulièrement préoccupante.

Ainsi, pour 55 % des exploitations, la question du renouvellement générationnel ne se pose pas encore, tandis que pour les 45 % restantes, elle est déjà d’actualité ou le sera très prochainement.

Répartition des exploitations selon l'âge du plus jeune exploitant

Répartition des exploitations selon l'âge du plus jeune exploitant

Répartition des exploitations selon l'âge du plus jeune exploitant

 

- Caractéristiques

En Wallonie, la taille des exploitations, le nombre de bovins et la main-d’œuvre présents dans ces exploitations varient fortement selon l’âge du plus jeune agriculteur.

  • Les exploitations « jeunes » ont en moyenne de 75,4 ha de superficie agricole utilisée [SAU], comptent environ 199 bovins et mobilisent 1,78 personne. Un quart de ce type d’exploitations ont moins de 25 ha de SAU alors que 29 % ont plus de 100 ha, représentant 35 % des exploitations wallonnes de grandes dimension (>100 ha).
  • Les exploitations « fin de carrière » ont une SAU moyenne de 52,1 ha, 108 bovins et gèrent leur exploitation avec 1,21 personne.
  • Les exploitations « seniors » sont de plus petite dimension : 32,5 ha, 52 bovins et 1,15 personne en moyenne. Plus de la moitié (55 %) exploitent moins de 25 ha, soit 30 % des exploitations wallonnes de petites dimensions, et à peine 4 % dépassent 100 ha, ce qui illustre une forte réduction de la taille des structures.

Les exploitations « jeunes » dépassent la dimension moyenne wallonne. Les exploitations « seniors » ont trois fois moins de bovins que dans les autres types d’exploitation, ce qui s’explique sans doute par la charge d’astreinte importante liée à l’élevage.

Ainsi, plus l’âge augmente, plus la SAU, le cheptel et la main-d’œuvre diminuent, ce qui traduit une tendance à des exploitations plus petites, moins intensives et souvent gérées par un nombre réduit de personnes.

Caractéristique des exploitations selon la catégorie d’âge de leur exploitant le plus jeune en 2024

Catégorie d'âge du plus jeune exploitant Jeune
(< 41 ans)
Intermédiaire
(41 - 56  ans)
Fin de carrière
(57 - 66 ans)
Senior
(≥ 67 ans)
Part des exploitations (%)  21 34 27 18
Part de la SAU (%) 27 38 25 10
SAU moyenne (ha) 75.4 65.8 52.1 33
Part du cheptel bovin (%) 33 41 22 4
Nombre moyen de bovins* (têtes/exploitation) 199 160 108 52
Nombre moyen d'exploitants 1.78 1.36 1.21 1.15

* Détenteurs de 10 bovins ou plus.

SAU moyenne et nombre de bovins des exploitations selon la catégorie d’âge de leur exploitant le plus jeune en 2024

SAU moyenne et nombre de bovins des exploitations selon la catégorie d’âge de leur exploitant le plus jeune en 2024

SAU moyenne et nombre de bovins des exploitations selon la catégorie d’âge de leur exploitant le plus jeune en 2024

* Détenteurs de 10 bovins ou plus.

* Détenteurs de 10 bovins ou plus.

 

En 2024, les exploitations « seniors » ont vu leur potentiel de production, c’est-à-dire leur production brute standard [PBS], diminuer d’environ 8 % par rapport à 2019, signe probable d’une réduction de la charge de travail. A l’inverse, les exploitations « jeunes », déjà présentes en 2019, ont augmenté leur PBS de 20 % sur la même période, traduisant une dynamique de croissance et d’investissement.

PBS moyenne des exploitations (2019 et 2024) selon la catégorie d’âge de leur exploitant le plus jeune en 2024

PBS moyenne des exploitations (2019 et 2024) selon la catégorie d’âge de leur exploitant le plus jeune en 2024

PBS moyenne des exploitations (2019 et 2024) selon la catégorie d’âge de leur exploitant le plus jeune en 2024

 

- Au sein des OTE

83 % des exploitations wallonnes sont professionnelles, mais la proportion varie selon l’âge : 89 % chez les « jeunes » contre 70 % chez les « seniors ». Les dynamiques diffèrent aussi selon les orientations technico-économiques [OTE] :

  • Les exploitations « jeunes » présentent une répartition différente de la moyenne wallonne : elles sont moins représentées au sein des exploitations de grandes cultures et spécialisées en bovins viandeux, mais davantage au sein de celles spécialisées en bovins laitiers.
  • Les exploitations « fin de carrière » affichent une répartition proche de la moyenne régionale.
  • Les exploitations « seniors » se concentrent principalement dans les grandes cultures et les bovins viandeux, tandis qu’elles sont très peu présentes dans les exploitations spécialisées en bovins laitiers.

Répartition par OTE des exploitations selon la catégorie d’âge de leur exploitant le plus jeune en 2024

Répartition par OTE des exploitations selon la catégorie d’âge de leur exploitant le plus jeune en 2024

Répartition par OTE des exploitations selon la catégorie d’âge de leur exploitant le plus jeune en 2024

 

Dynamique de renouvellement

- Taux de remplacement

Le nombre d’exploitations diminue en Wallonie depuis de nombreuses années. Le taux de remplacement, indicateur clé, mesure le rapport entre exploitations reprises et cessées : un taux de 1 signifie un renouvellement complet.

Entre 2001 et 2010, il était de 0,32 (une reprise pour trois cessations), puis a progressé à 0,83 sur la décennie suivante, traduisant une amélioration voir une tendance à la stabilisation. Depuis 2021, il recule légèrement à 0,79, soulignant la nécessité de renforcer la transmission et l’installation des agriculteurs.

Evolution du taux de renouvellement

Evolution du taux de renouvellement

Evolution du taux de renouvellement

 

- Sucession

Attention ! Les données utilisées pour établir cette partie sont les dernières données à notre disposition et concernent l’année 2023. Il s’agit des données Statbel. Dès réception des données actualisées, nous mettrons à jour ces informations.

 

Seuls 22 % des exploitants âgés de 50 ans et plus déclarent disposer d’un successeur identifié, contre 19 % en 2009. Par ailleurs, 40 % déclarent qu’aucune reprise n’est envisagée, un chiffre en amélioration par rapport à 2009 (46 %). Ces progrès restent limités et traduisent une fragilité persistante dans la transmission des exploitations agricoles.

Répartition des exploitants de 50 ans et plus selon la présence éventuelle d’un successeur en 2023

Répartition des exploitants de 50 ans et plus selon la présence éventuelle d’un successeur en 2023

Répartition des exploitants de 50 ans et plus selon la présence éventuelle d’un successeur en 2023

 

La Flandre est dans une situation plus critique que celle rencontrée dans notre région, avec seulement 14 % des agriculteurs de 50 ans et plus déclarant avoir un successeur et un sur deux affirmant ne pas en avoir.

Quelques soit le secteur de production, la proportion d’exploitants de 50 ans et plus disposant d’un successeur a légèrement progressé depuis 2009. Toutefois, les perspectives de transmission varient fortement selon les systèmes de production :

  • Les exploitations combinant cultures et bovins offrent les meilleures perspectives, avec 32 % des exploitants déclarant avoir un repreneur.
  • Les élevages spécialisés en bovins viandeux restent les plus vulnérables : seuls 18 % des exploitants identifient un successeur, et près d’un sur deux n’en a pas. Cette situation s’améliore légèrement par rapport à 2009 (14 % avec repreneur, 55 % sans).
  • Dans les autres secteurs, la proportion d’exploitants disposant d’un repreneur recule, passant de 29 % à 26 % entre 2009 et 2023.

Répartition des exploitants de 50 ans et plus des exploitations professionnelles selon l’OTE en 2023

Répartition des exploitants de 50 ans et plus des exploitations professionnelles selon l’OTE en 2023

Répartition des exploitants de 50 ans et plus des exploitations professionnelles selon l’OTE en 2023