En rĂ©sumĂ© : En 2024, la Wallonie compte, pour la première fois, un peu moins d’un million de bovins, soit environ un quart de moins qu’en 2010. Cette baisse s’accompagne d’une forte diminution du nombre de dĂ©tenteurs, dĂ©sormais 6 406 pour les troupeaux de plus de 10 bovins. En consĂ©quence, le cheptel moyen par dĂ©tenteur a progressĂ©, atteignant 152 tĂŞtes. Cette Ă©volution reflète une concentration croissante des Ă©levages et une spĂ©cialisation accrue des exploitations, dans un contexte de mutation structurelle du secteur bovin.

   Bovins   -     DĂ©tenteurs    -     Cheptel moyen 

 

Au sein des exploitations

- Cheptel total

Pour la première fois, le cheptel bovin wallon passe en dessous de la barre du million avec 972 867 bovins, soit une baisse de 24 % par rapport Ă  2010.

Cela reprĂ©sente 45 % du cheptel belge. Le cheptel wallon est principalement concentrĂ© au sud du sillon Sambre-et-Meuse, oĂą l’élevage bovin reste une composante majeure du paysage agricole.

Evolution du cheptel bovin

Evolution du cheptel bovin

Evolution du cheptel bovin

L’instauration des quotas laitiers en 1984 a profondément modifié les pratiques des exploitations laitières. C’est à cette époque que s’est développée la sélection de vaches laitières, permettant une forte augmentation de la production par animal, et une réduction du nombre de vaches laitières par détenteur. La réforme de la PAC en 1992 a accéléré la restructuration des troupeaux : les exploitations laitières peu performantes ont progressivement abandonné cette activité au profit de la production de viande. À partir du milieu des années 1990, les troupeaux viandeux deviennent majoritaires en Wallonie.

Jusqu’en 1995, le cheptel bovin wallon était en croissance, soutenu par des prix favorables et la volonté des éleveurs de se renforcer avant les réformes à venir. Les crises sanitaires de 1996 (encéphalopathie spongiforme bovine) et de 1999 (dioxine) ont ensuite provoqué une chute brutale des effectifs.

La rĂ©forme de la PAC de 1999 a modifiĂ© les mĂ©canismes de soutien au secteur bovin. Si elle a permis une certaine stabilisation des prix, elle n’a pas empĂŞchĂ© la poursuite de la baisse du cheptel.

Depuis 2010, plusieurs facteurs ont accentuĂ© cette tendance : la baisse de la consommation de viande bovine (–25 % entre 2010 et 2016), la fin des quotas laitiers, la concurrence internationale (CETA, Mercosur…), ainsi que les progrès techniques et gĂ©nĂ©tiques qui permettent de produire davantage avec moins d’animaux.

L’instauration des quotas laitiers en 1984 a profondément modifié les pratiques des exploitations laitières. C’est à cette époque que s’est développée la sélection de vaches laitières, permettant une forte augmentation de la production par animal, et une réduction du nombre de vaches laitières par détenteur. La réforme de la PAC en 1992 a accéléré la restructuration des troupeaux : les exploitations laitières peu performantes ont progressivement abandonné cette activité au profit de la production de viande. À partir du milieu des années 1990, les troupeaux viandeux deviennent majoritaires en Wallonie.

Jusqu’en 1995, le cheptel bovin wallon était en croissance, soutenu par des prix favorables et la volonté des éleveurs de se renforcer avant les réformes à venir. Les crises sanitaires de 1996 (encéphalopathie spongiforme bovine) et de 1999 (dioxine) ont ensuite provoqué une chute brutale des effectifs.

La rĂ©forme de la PAC de 1999 a modifiĂ© les mĂ©canismes de soutien au secteur bovin. Si elle a permis une certaine stabilisation des prix, elle n’a pas empĂŞchĂ© la poursuite de la baisse du cheptel.

Depuis 2010, plusieurs facteurs ont accentuĂ© cette tendance : la baisse de la consommation de viande bovine (–25 % entre 2010 et 2016), la fin des quotas laitiers, la concurrence internationale (CETA, Mercosur…), ainsi que les progrès techniques et gĂ©nĂ©tiques qui permettent de produire davantage avec moins d’animaux.

 

Le cheptel wallon se compose de vaches, d’animaux pour l’engraissement et de jeunes animaux destinĂ©s Ă  la relève. 41 % du troupeau est constituĂ© de vaches, qu’elles soient laitières ou viandeuses. En Wallonie, une diffĂ©rence existe entre les jeunes bovins de moins d’un an et ceux âgĂ©s de plus de deux ans. Les premiers sont peu abattus localement, car une part importante d’entre eux est destinĂ©e Ă  la commercialisation comme animaux maigres, souvent vendus en dehors du territoire wallon. Cette orientation entraĂ®ne une diminution notable des effectifs dans les tranches d’âge intermĂ©diaires, notamment entre les catĂ©gories de moins d’un an et celles d’un Ă  deux ans. Ce phĂ©nomène de vente prĂ©coce influence directement la structure dĂ©mographique du cheptel wallon, qui se caractĂ©rise par une moindre prĂ©sence d’animaux dans les classes d’âge supĂ©rieures.

Composition du cheptel bovin en 2024

Composition du cheptel bovin en 2024

Composition du cheptel bovin en 2024

Répartition du cheptel bovin par commune en 2024

Répartition du cheptel bovin par commune en 2024

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- DĂ©tenteurs

Un peu plus de la moitiĂ© des exploitations agricoles wallonnes (52 % contre 36 % en Flandre) Ă©lèvent au moins dix bovins. Ce constat marque un recul par rapport Ă  2010, oĂą cette proportion atteignait encore 67 %. Cette Ă©volution s’inscrit dans une tendance plus large de diminution du nombre de dĂ©tenteurs de bovins en Wallonie.

En effet, 6 406 Ă©levages sont recensĂ©s en 2024 (45 % des dĂ©tenteurs belges), soit une baisse de 34 % depuis 2010.

Evolution du nombre de détenteurs de bovins

Evolution du nombre de détenteurs de bovins

Evolution du nombre de détenteurs de bovins

 Le recul des dĂ©tenteurs peut s’expliquer principalement par la forte rĂ©duction du nombre de troupeaux laitiers. Bien que le nombre de dĂ©tenteurs de vaches viandeuses ait connu une croissance significative jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1990, la tendance s’est ensuite inversĂ©e de manière constante. Toutefois, ces dernières annĂ©es, le rythme de la baisse du nombre total de dĂ©tenteurs — qu’ils soient spĂ©cialisĂ©s en production laitière ou en Ă©levage viandeux — semble ralentir.

 Le recul des dĂ©tenteurs peut s’expliquer principalement par la forte rĂ©duction du nombre de troupeaux laitiers. Bien que le nombre de dĂ©tenteurs de vaches viandeuses ait connu une croissance significative jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1990, la tendance s’est ensuite inversĂ©e de manière constante. Toutefois, ces dernières annĂ©es, le rythme de la baisse du nombre total de dĂ©tenteurs — qu’ils soient spĂ©cialisĂ©s en production laitière ou en Ă©levage viandeux — semble ralentir.

 

- Cheptel moyen

En moyenne, en 2024, les exploitations agricoles comptent 152 bovins, soit une hausse de 14 % par rapport Ă  2010 (133 bovins). Cette Ă©volution tĂ©moigne d’une concentration de la production : le nombre d’éleveurs diminue, mais chacun dĂ©tient davantage d’animaux.

La répartition des exploitations et du cheptel bovin illustre cette tendance :

  • 33 % des exploitations possèdent un cheptel supĂ©rieur Ă  la moyenne wallonne (plus de 152 bovins).
  • 23 % des exploitations dĂ©tiennent moins de 50 bovins, mais ne reprĂ©sentent que 4 % du cheptel wallon.
  • 12 % des exploitations Ă©lèvent plus de 300 bovins, concentrant Ă  elles seules un tiers du cheptel wallon.

Depuis 2010, les petits élevages sont restés stables, tandis que les grands troupeaux poursuivent leur progression, renforçant la dynamique de concentration.

Evolution du cheptel bovin moyen par exploitation

Evolution du cheptel bovin moyen par exploitation

Evolution du cheptel bovin moyen par exploitation

Evolution de la répartition des détenteurs de bovins selon la taille des exploitations

Evolution de la répartition des détenteurs de bovins selon la taille des exploitations

Evolution de la répartition des détenteurs de bovins selon la taille des exploitations

Evolution de la répartition du nombre de bovins selon la taille des exploitations

Evolution de la répartition du nombre de bovins selon la taille des exploitations

Evolution de la répartition du nombre de bovins selon la taille des exploitations

 

Au sein des OTE

- Cheptel total

Les exploitations professionnelles regroupent 99,7 % du cheptel bovin wallon.

78 % du cheptel bovin wallon se trouve dans des exploitations spĂ©cialisĂ©es en Ă©levage bovin, qu’il s’agisse de bovins laitiers (24 %), viandeux (32 %) ou d’un système combinĂ© (22 %). Les exploitations mixtes, combinant cultures et Ă©levage, en accueillent 14 %.

En 2010, la répartition était légèrement différente au sein des exploitations d’élevage :

  • La part des bovins dans des exploitations spĂ©cialisĂ©es en bovins laitiers n’était que de 18 % en 2010
  • A l’inverse, un recul est observĂ© pour les exploitations combinant les bovins laitiers et viandeux qui concentrait 29 % du cheptel bovin Ă  cette Ă©poque.

Cette évolution traduit qu’une spécialisation croissante des élevages wallons est toujours d’actualité.

Répartition du cheptel bovin des exploitations professionnelles selon l'OTE en 2024

Répartition du cheptel bovin des exploitations professionnelles selon l'OTE en 2024

Répartition du cheptel bovin des exploitations professionnelles selon l'OTE en 2024

Evolution du cheptel bovin des exploitations professionnelles selon l'OTE

Evolution du cheptel bovin des exploitations professionnelles selon l'OTE

Evolution du cheptel bovin des exploitations professionnelles selon l'OTE

 

- DĂ©tenteurs

Le nombre de détenteurs de bovins est plus important dans les exploitations spécialisées en bovins viandeux. Depuis 2010, le nombre de détenteurs a diminué dans toutes les orientations de production (OTE).

Evolution du nombre de détenteurs professionnels de bovins selon l'OTE

Evolution du nombre de détenteurs professionnels de bovins selon l'OTE

Evolution du nombre de détenteurs professionnels de bovins selon l'OTE

 

- Le cheptel moyen

Avec une moyenne de 224 bovins par exploitation, les Ă©levages combinant vaches laitières et viandeuses possèdent les troupeaux les plus importants.

Exception faite des exploitations spécialisées en bovins viandeux, le cheptel moyen a progressé depuis 2010. Toutefois, ces dernières années, une stagnation, voire un léger recul, semble s’amorcer.

Evolution du cheptel bovin moyen par exploitation professionnelle selon l'OTE

Evolution du cheptel bovin moyen par exploitation professionnelle selon l'OTE

Evolution du cheptel bovin moyen par exploitation professionnelle selon l'OTE