En rĂ©sumĂ© : En 2024, les produits de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique diminuent lĂ©gĂšrement Ă 87 âŹ/100 l de lait produit. ParallĂšlement, les charges totales se contractent lĂ©gĂšrement, essentiellement la part de la main dâĆuvre familiale et les charges opĂ©rationnelles affectĂ©es. De ce fait, le ratio entre les produits et les charges reste assez proche de celui de 2023 et, donc infĂ©rieur Ă 1, ce qui signifie que ce type dâexploitation nâa pas, en moyenne pour lâannĂ©e 2024, les produits en suffisance pour couvrir lâensemble des charges rĂ©elles et calculĂ©es.
Produits
Les produits dâune exploitation contiennent la valorisation des productions et des services agricoles, les recettes des autres activitĂ©s lucratives, les rĂ©gularisations et Ă©galement les aides. La valorisation des productions englobe les ventes mais Ă©galement la valorisation des stocks (cultures ou animaux) et de lâintra-consommation.
Pour lâannĂ©e 2024, la somme des produits, aides comprises, de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique atteint une valeur de 87,4 âŹ/100 l de lait, dĂ©composĂ©e comme suit :
- Les produits des herbivores et des cultures fourragĂšres avec 62,4 âŹ/100 l de lait (71 % de lâensemble des produits) dont 54,1 ⏠provenant spĂ©cifiquement de la valorisation du lait (62 % de lâensemble des produits).
- Les aides atteignent 15,8 âŹ/100 litres de lait, un niveau similaire Ă celui de 2023. Cependant, en 2024, lâaide Ă la production biologique baisse de 7 % pour ces exploitations, sâĂ©tablissant Ă 4,5 âŹ/100 litres de lait. Ă lâinverse, les autres aides, principalement composĂ©es de la FCO (environ 1 âŹ/100 litres) et des Ă©co-rĂ©gimes (3,4 âŹ/100 litres), augmentent.
- Les cultures commerçables, trĂšs peu importantes dans ce profil dâexploitation, qui gĂ©nĂšrent un produit de 1,6 âŹ/100 l de lait.
- Le solde provient des quelques activitĂ©s autres que les herbivores et les cultures commerçable ainsi que des produits divers et des rĂ©gularisations pour un montant de 7,7 âŹ/100 l de lait.
ExprimĂ© par vache laitiĂšre, le total des produits atteint une valeur de 4 945 âŹ/vache laitiĂšre dont 3 060 ⏠de produit du lait. RamenĂ© par ha de SAU, ce total de produit atteint 3 831 âŹ/ha de SAU dont 2 734 ⏠provenant des herbivores et cultures fourragĂšres et 691 âŹ/ha des aides.
Evolution des produits de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique par 100 litres de lait
Evolution des produits de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique par 100 litres de lait
LâĂ©volution des produits est naturellement corrĂ©lĂ©e Ă celle du prix du lait qui en est la composante principale. En 2022, les inquiĂ©tudes avec le conflit en Ukraine et la lĂ©gĂšre baisse de production europĂ©enne se sont traduites par une hausse du prix. Celle-ci est cependant nettement moins marquĂ©e que pour le lait conventionnel. Lâinflation observĂ©e Ă cette pĂ©riode a rĂ©duit les ventes de produits biologiques. L'augmentation des aides totales est en grande partie due au remplacement du paiement vert par les Eco-RĂ©gimes dans le cadre de la rĂ©forme de la PAC 2023-2027. Tandis que le paiement vert reprĂ©sentait en moyenne 6 700 ⏠par exploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiĂšres en production biologique, les Eco-RĂ©gimes atteignent prĂšs du double, marquant ainsi une progression significative. En effet, les aides biologiques sont cumulables avec les Eco-RĂ©gimes et grĂące Ă un systĂšme de production proche des exigences imposĂ©es par les Eco-RĂ©gimes, ces exploitations peuvent facilement avoir accĂšs Ă ce nouveau systĂšme.
LâĂ©volution des produits est naturellement corrĂ©lĂ©e Ă celle du prix du lait qui en est la composante principale. En 2022, les inquiĂ©tudes avec le conflit en Ukraine et la lĂ©gĂšre baisse de production europĂ©enne se sont traduites par une hausse du prix. Celle-ci est cependant nettement moins marquĂ©e que pour le lait conventionnel. Lâinflation observĂ©e Ă cette pĂ©riode a rĂ©duit les ventes de produits biologiques. L'augmentation des aides totales est en grande partie due au remplacement du paiement vert par les Eco-RĂ©gimes dans le cadre de la rĂ©forme de la PAC 2023-2027. Tandis que le paiement vert reprĂ©sentait en moyenne 6 700 ⏠par exploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiĂšres en production biologique, les Eco-RĂ©gimes atteignent prĂšs du double, marquant ainsi une progression significative. En effet, les aides biologiques sont cumulables avec les Eco-RĂ©gimes et grĂące Ă un systĂšme de production proche des exigences imposĂ©es par les Eco-RĂ©gimes, ces exploitations peuvent facilement avoir accĂšs Ă ce nouveau systĂšme.
Charges
Au sein des charges dâune exploitation se distinguent les charges opĂ©rationnelles affectĂ©es directement liĂ©es Ă une activitĂ© (aliments, frais de cheptel, semences, engrais, produits phytosanitaires, travaux par tiers) et les charges de structure intĂ©grant les dĂ©penses rĂ©elles (fermages, assurances, frais dâentretien, frais gĂ©nĂ©raux, main-dâĆuvre salariĂ©e, âŠ) et calculĂ©es (amortissements comptables, intĂ©rĂȘts sur lâactif). Enfin, le dernier Ă©lĂ©ment est la rĂ©munĂ©ration (calculĂ©e) de la main-dâĆuvre non salariĂ©e (familiale).
En 2024, le total des charges sâĂ©lĂšve Ă 94,0 âŹ/100 l de lait qui se rĂ©partissent comme suit :
- Les charges opérationnelles affectées pour 29 % du total des charges
- Les charges de structure avec une part de 37 %
- La rémunération du travail familial (non salarié) soit 34 % restant.
Depuis 2021, les charges augmentent et sont aujourdâhui nettement supĂ©rieures Ă la moyenne sur les cinq annĂ©es prĂ©cĂ©dentes de 82,9 âŹ/100 l de lait.
Lâaugmentation porte sur chaque poste, la part relative de chacun dâeux nâĂ©volue que trĂšs peu.
ExprimĂ©es par vache, les charges totales atteignent, en 2024, 5 314 âŹ/vache. Câest 15 % en plus que la moyenne des cinq annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Par ha de SAU, le total des charges est de 4 118 âŹ.
Evolution des charges de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique par unitĂ© de 100 litres de lait
Evolution des charges de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique par unitĂ© de 100 litres de lait
Depuis 2020, une augmentation des charges est observĂ©e quelle que soit la catĂ©gorie mais Ă des pĂ©riodes diffĂ©rentes. Les charges opĂ©rationnelles affectĂ©es ont Ă©tĂ© les premiĂšres suivies par les charges de structure et de main dâĆuvre. En 2024, les charges totales se stabilisent profitant dâune lĂ©gĂšre baisse des charges opĂ©rationnelles affectĂ©es et de la main dâĆuvre familiale.
Depuis 2020, une augmentation des charges est observĂ©e quelle que soit la catĂ©gorie mais Ă des pĂ©riodes diffĂ©rentes. Les charges opĂ©rationnelles affectĂ©es ont Ă©tĂ© les premiĂšres suivies par les charges de structure et de main dâĆuvre. En 2024, les charges totales se stabilisent profitant dâune lĂ©gĂšre baisse des charges opĂ©rationnelles affectĂ©es et de la main dâĆuvre familiale.
- Charges opérationnelles affectées
En 2024, les charges opĂ©rationnelles affectĂ©es de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique, sâĂ©lĂšvent Ă 27,0 âŹ/100 l de lait dont 13,5 ⏠pour lâalimentation complĂ©mentaire des bovins, poste principal.
Pour les cultures, essentiellement fourragĂšres et avec une proportion Ă©levĂ©e de prairies, les charges opĂ©rationnelles affectĂ©es reprĂ©sentent 1,9 âŹ/100 l de lait.
Ce type dâexploitation fait rĂ©guliĂšrement appel Ă des tiers pour les travaux agricoles, essentiellement pour les cultures fourragĂšres, et dĂ©pense 4,4 âŹ/100 l ou 192 âŹ/ha de SAU en travaux par tiers affectĂ©s. Cela rĂ©pond Ă un problĂšme de rentabilitĂ© de certains matĂ©riels Ă lâĂ©chelle dâune exploitation mais Ă©galement Ă un besoin de main-dâĆuvre extĂ©rieure pour la rĂ©alisation de certains travaux.
Les charges opĂ©rationnelles affectĂ©es par vache s'Ă©lĂšvent Ă 1 529 âŹ. Parmi ces charges, les frais dâalimentation complĂ©mentaire des bovins, c'est-Ă -dire les aliments ne provenant pas des cultures fourragĂšres de lâexploitation, reprĂ©sentent la moitiĂ© avec 765,7 âŹ/vache. Les frais de cheptel reprĂ©sentent 228,5 âŹ/vache dont 114 âŹ/vache spĂ©cifiquement pour les frais vĂ©tĂ©rinaires.
Evolution des charges opĂ©rationnelles affectĂ©es de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique par unitĂ© de 100 litres de lait
Evolution des charges opĂ©rationnelles affectĂ©es de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique par unitĂ© de 100 litres de lait
- Charges de structure
Les charges de structure augmentent depuis 2020, et atteignent 35,1 âŹ/100 l en 2024. Elles regroupent les dĂ©penses liĂ©es Ă lâusage du foncier, au matĂ©riel, aux frais gĂ©nĂ©raux et Ă la main-dâĆuvre salariĂ©e, incluant Ă la fois des coĂ»ts rĂ©els et des charges calculĂ©es. La structure des charges se divise en trois grands postes : les charges de matĂ©riel, les charges fonciĂšres et les autres charges de structure.
- Les charges de matĂ©riel reprĂ©sentent 14,9 âŹ/100 l de lait, soit 42 % des charges de structure pour 2024. Lâaugmentation est bien prĂ©sente aprĂšs 2020, avec une hausse annuelle de lâordre de 1 âŹ/100 l de lait.
- A titre dâinformation, les exploitants rĂ©alisent une part des travaux avec leur propre matĂ©riel et en confient une part Ă des tiers. Les charges de matĂ©riel de lâexploitation doivent donc ĂȘtre mises en relation avec le recours Ă des tiers pour les travaux agricoles (affectĂ©s et non affectĂ©s). La somme de ces deux types de charges donne une valeur de 19,7 âŹ/100 l de lait (862 âŹ/ha de SAU) pour 2024.
- Les variations annuelles sont notamment liĂ©es Ă la fluctuation du prix de lâĂ©nergie qui impacte directement les dĂ©penses en combustibles de lâexploitation, et influence les tarifs de leurs prestataires de service, notamment les entrepreneurs de travaux agricoles.
- Avec 13,0 âŹ/100 l de lait en 2024, les charges liĂ©es au foncier (amortissements, intĂ©rĂȘts, entretien, location et assurances des biens fonciers) reprĂ©sentent 37 % des charges de structure de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers.
- Les autres types de charges, de 7,3 âŹ/100 l de lait, intĂšgrent essentiellement les frais gĂ©nĂ©raux, les Ă©nergies non affectĂ©es, les intĂ©rĂȘts sur le capital circulant et les salariĂ©s.
Evolution des charges de structure de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique par unitĂ© de 100 litres de lait
Evolution des charges de structure de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique par unitĂ© de 100 litres de lait
Les charges de structure sont restĂ©es relativement stables de 2017 Ă 2020, annĂ©e marquĂ©e par une baisse du prix de lâĂ©nergie. Toutefois depuis 2021, la hausse est continue notamment Ă cause des charges de mĂ©canisation.
Les charges de structure sont restĂ©es relativement stables de 2017 Ă 2020, annĂ©e marquĂ©e par une baisse du prix de lâĂ©nergie. Toutefois depuis 2021, la hausse est continue notamment Ă cause des charges de mĂ©canisation.
Evolution des charges de mĂ©canisation et travaux par tiers de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologiques par 100 litres de lait
Evolution des charges de mĂ©canisation et travaux par tiers de lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologiques par 100 litres de lait
Produits vs charges
Pour comparer le total des produits et des charges de lâexploitation, on peut analyser la valeur des produits par 1 000 ⏠de charges. Ces produits intĂšgrent le solde TVA pour les exploitants qui ne sont pas dans le systĂšme TVA normal et les quelques rares produits hors solde. Si la valeur obtenue est infĂ©rieure Ă 1 000 âŹ, cela signifie que les produits de lâexploitation sont insuffisants pour rĂ©munĂ©rer lâensemble des facteurs de production, y compris de la main-dâĆuvre familiale et de lâensemble du capital (en considĂ©rant un fermage sur la totalitĂ© de la SAU et un intĂ©rĂȘt sur le capital).
En 2024, lâexploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers en production biologique a engrangĂ© 932 ⏠de produits pour 1 000 ⏠de charges. En dâautres mots, cette exploitation nâa pas, en moyenne, Ă©tĂ© en mesure de couvrir lâensemble de ses charges rĂ©elles et calculĂ©es. De 2016 Ă 2024, seule lâannĂ©e 2022 a permis Ă cette exploitation dâobtenir des produits en suffisance pour couvrir le total des charges rĂ©elles et calculĂ©es.