En rĂ©sumĂ© : En 2023, la main-dâĆuvre agricole wallonne reste majoritairement familiale (93 %), avec une forte prĂ©sence masculine (71 %). Lâexploitant type est un homme de 55 ans, travaillant souvent seul et disposant dâune formation essentiellement pratique. LâĂąge moyen varie selon le secteur de production et la taille de lâexploitation : plus jeune en Ă©levage laitier et dans les exploitations de grande dimension. Le niveau de formation est plus Ă©levĂ© chez les jeunes exploitants et dans le secteur horticole. Depuis 2009, une lente Ă©volution sâobserve vers une main-dâĆuvre plus diversifiĂ©e, avec une baisse des conjoints aidants et une prĂ©sence accrue de travailleurs extĂ©rieurs.
Profil
En 2023, la main-dâĆuvre rĂ©guliĂšre, dans les exploitations agricoles wallonnes sous statut « personne physique », englobe 18 405 travailleurs, soit 87 % de ce type de main-dâĆuvre en Wallonie. Elle demeure largement issue du cercle familial, reprĂ©sentant 92 % du total. Les exploitants eux-mĂȘmes constituent la majoritĂ© avec 58 % du total, tandis que les conjoints aidants et les autres membres de la famille reprĂ©sentent respectivement 16 % et 18 %. La main-dâĆuvre rĂ©guliĂšre extĂ©rieure au cadre familial reste marginale, ne comptant que pour 8 %. Ă cette main-dâĆuvre sâajoutent pratiquement 3 400 travailleurs occasionnels.
LâactivitĂ© agricole se distingue par son caractĂšre relativement solitaire : prĂšs de la moitiĂ© des exploitants travaillent seuls. Le profil le plus frĂ©quent en Wallonie est celui dâun homme exploitant Ă temps plein, ce qui reflĂšte une forte prĂ©sence masculine dans le secteur. Les hommes reprĂ©sentent ainsi 71 % des actifs rĂ©guliers.
Depuis 2009, des évolutions lentes mais notables se dessinent.
- Ă cette Ă©poque, le travail agricole Ă©tait encore plus familial, avec 98 % de la main-dâĆuvre rĂ©guliĂšre issue du cercle familial.
- La proportion dâexploitants Ă©tait similaire Ă celle observĂ©e en 2023, mais les conjoints aidants Ă©taient alors lĂ©gĂšrement plus nombreux, reprĂ©sentant 21 % de la main-dâĆuvre. Ce rĂŽle, historiquement fĂ©minin, tend Ă se masculiniser : les hommes reprĂ©sentaient 16 % des conjoints aidants en 2009, contre 21 % en 2023.
Ces Ă©volutions traduisent une baisse progressive du caractĂšre familial du travail agricole, au profit dâune main-dâĆuvre plus diversifiĂ©e.
Chef dâexploitation
- Age
En 2023, lâĂąge moyen des chefs dâexploitation agricole est de 55 ans. Parmi eux, 17 % ont moins de 41 ans, tandis que prĂšs de la moitiĂ© ont plus de 57 ans. En comparaison, en 2009, lâĂąge moyen Ă©tait lĂ©gĂšrement infĂ©rieur, Ă 53 ans, reflĂ©tant le vieillissement des chefs dâexploitation.
Deux critĂšres principaux influencent lâĂąge des exploitants :
- Le secteur de production : Lâorientation technico-Ă©conomique [OTE] joue un rĂŽle notable. Les chefs dâexploitation sont en moyenne plus jeunes dans les fermes spĂ©cialisĂ©es en Ă©levage bovin laitier (51 ans), et plus ĂągĂ©s dans les exploitations spĂ©cialisĂ©es en grandes cultures (57 ans). Cette diffĂ©rence sâexplique par la nature du travail, qui varie fortement entre ces deux types de production. Une tendance similaire Ă©tait dĂ©jĂ observĂ©e en 2009, avec un Ă©cart de cinq ans entre les deux profils (48 ans pour les Ă©leveurs laitiers contre 54 ans pour les producteurs de grandes cultures).
- La taille de lâexploitation : Les exploitants de grande dimension (plus de 100 hectares) sont en moyenne plus jeunes (51 ans) que ceux des petites exploitations (moins de 25 hectares), dont lâĂąge moyen atteint 58 ans. Il semble y avoir une corrĂ©lation entre la diminution de la taille des exploitations et lâaugmentation de lâĂąge moyen des chefs dâexploitation, exception faite des trĂšs grandes exploitations.
- Formation
Trois niveaux de formation des chefs dâexploitation sont observĂ©s : la formation uniquement pratique, la formation agricole Ă©lĂ©mentaire et la formation agricole complĂšte.
En 2023, en Wallonie, un agriculteur sur deux dispose dâune formation uniquement pratique, tandis que 30 % ont suivi une formation agricole complĂšte. Pour la moitiĂ© des exploitants, le savoir et le savoir-faire restent principalement issus de leur expĂ©rience personnelle et des connaissances transmises par leurs prĂ©dĂ©cesseurs, souvent les parents. Ce niveau de formation est trĂšs similaire Ă celui observĂ© en 2009.
Plusieurs critĂšres influencent le niveau de formation des chefs dâexploitation :
- LâĂąge : Les exploitants plus jeunes ont gĂ©nĂ©ralement un niveau de formation plus Ă©levĂ©, et cette tendance se vĂ©rifie quelle que soit lâĂ©poque. Ce constat peut ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ© Ă lâensemble de la Wallonie, indĂ©pendamment du secteur Ă©conomique.
- Le secteur de production : Respectivement 57 % et 47 % des exploitants spĂ©cialisĂ©s en bovins viandeux et en grandes cultures disposent dâune formation pratique. Ces deux secteurs sont aussi ceux oĂč la proportion de formation complĂšte est la plus faible (23 % et 32 %). Cette diffĂ©rence par rapport aux autres secteurs sâexplique probablement par lâĂąge moyen plus Ă©levĂ© des exploitants, reflĂ©tant une Ă©poque oĂč lâaccĂšs Ă la formation agricole Ă©tait moins rĂ©pandu.