En résumé : L’année 2024, très humide, a fortement perturbé les cultures. Les semis d’automne ont été compliqués, entraînant une baisse de 30 % des surfaces en froment d’hiver et un recours accru aux céréales de printemps, sans compenser les pertes. Les rendements du maïs grain, des betteraves et des pommes de terre ont été parfois décevants en lien avec des semis et plantations tardifs. En pomme de terre, les risques de maladies au stockage dus à des conditions d’arrachage parfois très humides étaient présents. La richesse en sucre des betteraves est la plus basse depuis 1988. Les cultures fruitières ont subi des pertes importantes (jusqu’à 70 % pour la vigne, 50 % pour pommes et poires). Les fourrages ont été abondants mais de qualité médiocre, et les légumes ont montré une forte variabilité, surtout en bio.

   Température    -     Précipitations    -     Ensoleillement   -     Impacts cultures  
 

Bilan climatique

En 2024, la température moyenne à Uccle était de 11,9°C (normale : 11,0°C). Cette valeur la place en cinquième position des années les plus chaudes avec 2018 depuis le début des observations en 1833. À l'exception du mois de juin, la température moyenne a été égale ou supérieure à sa valeur normale durant tous les mois de l’année. En février, un nouveau record mensuel de température a même été atteint.

Avec 1170,7 mm de précipitations tombés à Uccle, un nouveau record absolu a été atteint. 2024 a donc été l’année la plus pluvieuse depuis le début des mesures. A noter que cette quantité est tombée sur un total de 209 jours de pluie, ce qui est loin du record de 1974 avec 266 jours.

Au total, le soleil n’aura brillé que 1 367 heures et 34 minutes en 2024 (normale de 1 603 heures et 43 minutes), ce qui en fait la troisième année la plus sombre. Seuls les mois de janvier et d’août ont été plus ensoleillés que la moyenne.

Positionnement de la température moyenne et des précipitations observées en 2024 par rapport aux années antérieures

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- Température

En 2024, la température moyenne à Uccle a été de 11,9°C pour une normale de 11,0°C. Cette valeur place l’année 2024 en cinquième position (avec 2018) des années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1833.

A Uccle, l’hiver a commencé comme l’automne 2023 a fini. Dans son ensemble l’hiver fut plus chaud que la normale (5,0°C, normale : 4,1°C). Le début de l’hiver a été marqué par une longue période de gel et a été suivi par une période plus chaude en janvier et février. On a connu un record absolu de température (depuis 1892) pour un mois de janvier lors du premier jour de 2024 avec une température qui a atteint 15,2°C.

Tout au long du printemps, des phases de froid et de chaleur se sont succédées. Ainsi, les températures moyennes sont restées proches des normales saisonnières. En fin de compte, le printemps a été légèrement plus frais que la moyenne, avec 10,2°C contre une normale de 10,5°C.

Après avoir commencé par des températures trop basses (juin a été légèrement plus frais que la moyenne), le climat s’est réchauffé avec un mois d’août assez chaud. Au final, l’été a été légèrement plus chaud que la moyenne avec 18,3°C pour une normale de 17,9°C.

L’automne 2024 a été un peu plus chaud que la normale avec une température moyenne de 11,8°C (normale 11,2°C).

Positionnement de la température moyenne mensuelle et des précipitations observées en 2024 par rapport aux années antérieures

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- Précipitations

Avec un total de 1170,7 mm de précipitations tombés à Uccle (normale de 837,3 mm) 2024 est l’année la plus humide jamais enregistrée. Le cumul pluviométrique à Uccle pour les 9 premiers mois de l’année a déjà dépassé la normale annuelle avec 941,3 mm. Le record de précipitation ne s’accompagne pas du record du nombre de jours de pluie sur une année. Au contraire, avec 209 jours, 2024 termine loin du record absolu de 266 jours en 1974.

En hiver 2024, des précipitations supérieures à la normale ont été enregistrées lors de chaque mois. L’hiver a dès lors été plus humide que la moyenne avec 310,7 mm pour une normale de 228,6 mm, soit la troisième valeur la plus élevée depuis le début des observations. La neige n’est tombée à Uccle que durant 5 jours (normale de 12,6 jours) alors que dans le reste du pays les précipitations composées partiellement ou entièrement de neige sont tombées durant 25 jours.

Le printemps continue dans la même lignée puisque des précipitations supérieures à la normale ont été enregistrées chaque mois. Ceci fait de ce printemps 2024 un printemps beaucoup plus humide que la moyenne avec 285,2 mm de pluie pour une normale de 165,6 mm. Il s’agit du deuxième printemps le plus humide jamais enregistré derrière celui de 1965 avec 299,7 mm.

Avec 323,8 mm de pluie (normale : 234,2 mm) et des précipitations supérieures à la norme lors de chaque mois, l’été 2024 a également été très humide. Il s’agit de la sixième saison consécutive avec des précipitations supérieures à la moyenne. Si on considère les quatre dernières saisons, le total des précipitations (1203,4 mm) constitue un nouveau record absolu. De plus, des précipitations d’au moins 40 mm par jour sont tombées localement chaque mois, avec la quantité la plus importante de 64,8 mm le 31 juillet à Hérinnes dans le Hainaut.

En automne, globalement, il est tombé à Uccle plus de précipitations que la moyenne avec 275,9 mm (normale 209,3 mm). L’automne 2024 est le cinquième automne le plus humide. Les mois de septembre et de novembre ont été plus humide que la moyenne alors qu’octobre est resté juste en-dessous de la moyenne

Précipitations mensuelles moyennes de 2024 à Uccle en comparaison avec les valeurs extrêmes observées depuis 1991

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Nombre de jours de précipitation par mois en 2024 à Uccle en comparaison avec les valeurs extrêmes observées depuis 1991

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- Ensoleillement

Au total, le soleil n’a brillé que 1367 heures et 34 minutes en 2024 à Uccle, pour une normale de 1 603 heures et 43 minutes. Ceci fait de 2024 la troisième année la plus sombre jamais enregistrée. Seuls les mois de janvier et d’août ont été plus ensoleillés que la moyenne.

Malgré un mois de janvier légèrement plus ensoleillé, l’hiver 2024 a été globalement beaucoup plus sombre que la moyenne. Avec 123 heures et 21 minutes d’ensoleillement, il s’agit du deuxième hiver le plus sombre depuis le début des relevés.

Le printemps s’en sort avec le même constat puisqu’il s’agit également du deuxième printemps le plus sombre. A Uccle, les trois mois du printemps ont été plus sombres que la moyenne avec seulement 367heures et 59 minutes de soleil, pour une normale d’un peu plus de 495 heures.

Toutefois, malgré des mois de juin et juillet légèrement plus sombre que la moyenne et grâce à un mois d’août plus ensoleillé, l’été a été, dans son ensemble, légèrement plus ensoleillé que la moyenne. Durant l’été 2024, le soleil a brillé 619 heures et 26 minutes pour une normale de 594 heures et 56 minutes.

Globalement, l’automne 2024 a été nettement moins ensoleillé que la moyenne avec seulement 259 heures et 47 minutes de soleil (normale de 332 heures et 52 minutes). Sur l’ensemble de l’automne, il n’y a pas eu un seul jour de ciel serein. C’est la première fois que cela se produit depuis le début des observations en 1981.

Durée d’insolation en heures par mois en 2024 à Uccle en comparaison avec les valeurs extrêmes depuis 1991

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Impact sur les cultures

L’impact de la météo très humide sur les cultures de l’année 2024 commence dès l’automne 2023 puisqu’avec des sols gorgés d’eau, il a été difficile d’effectuer les semis des cultures d’hiver comme le froment ou l’escourgeon. De plus, la persistance de la pluie durant l’année 2024 a également maintenu le rendement de ces cultures à un niveau inférieur à 2023. Ceci conduit à une diminution de la production de froment d’hiver de l’ordre de 30 %. Les céréales de printemps se sont en général mieux comportées. A la suite du faible emblavement en cultures d’hiver, les agriculteurs ont été contraints à implanter plus de cultures de printemps. Une augmentation des superficies consacrées aux céréales de printemps et au maïs grain est constatée. Si les rendements des céréales de printemps ont été bons, ils n’ont toutefois pas été suffisants pour compenser la perte en céréales d’hiver. Le rendement du maïs grain s’est avéré décevant.

Davantage de pommes de terre et de betteraves sucrières ont également été plantées au printemps. En raison des conditions météorologiques humides, les travaux de printemps ont duré plus longtemps que la normale avec des semis plus tardifs et donc une incidence négative sur les rendements. En automne, les producteurs de pommes de terre ont mis les bouchées doubles pour rattraper le retard et terminer les arrachages dans des conditions humides avant l’arrivée du gel. Ceci a rendu le stockage particulièrement difficile avec le risque de développement de maladies fongiques.  Malgré ces rendements et cette qualité plus ou moins impactés par la période de plantation et en fonction des variétés, la production belge a été de 2,5 % supérieure au volume récolté en 2023 et 7 % supérieure à la moyenne des cinq dernières années.

Concernant les betteraves sucrières, la richesse en sucre et le rendement à l’hectare ont été décevants. La fenêtre de semis étalée de la mi-mars jusqu’à début juin ainsi que le manque de soleil ont généré des fortes variabilités entre parcelles. La richesse moyenne est la plus basse depuis 1988.

En cultures fourragères, si la quantité d’herbe a été au rendez-vous, les fortes précipitations ont nui à la qualité des fourrages.

Les cultures fruitières ont été fortement impactées par les intempéries. Si les récoltes ont encore une fois été difficiles en raison des conditions pluvieuses, certaines cultures comme la vigne ont enregistré de fortes pertes pouvant atteindre les 70 %. De plus, la pluie et le manque de lumière ont perturbé le cycle de production des pommes et des poires avec des pertes de l’ordre de 50 %. Concernant les légumes, la disparité est très forte d’une parcelle à l’autre avec surtout une forte différence entre les cultures conventionnelles et les cultures biologiques pour lesquelles la pression des adventices et des maladies fongiques a été très impactante.