Cette fiche aborde la situation météorologique de notre pays durant l’année considérée en termes de températures, de précipitations et d’ensoleillement à partir des paramètres observés à Uccle, station météorologique de référence de l’Institut Royal Météorologique (IRM).

Selon l’Organisation météorologique mondiale, 2020 se classe dans le top 3 des années les plus chaudes à l’échelle planétaire (mesure depuis les années 1860). A Uccle, ce fut l’année la plus chaude depuis le début des observations régulières en 1833. Comme en 2018 et 2019, si aucun record thermométrique mensuel n’a été établi, la température moyenne fut supérieure à la valeur normale pendant la plupart des mois. En 2020, les précipitations à Uccle ont été inférieures à la moyenne. On peut qualifier l’année 2020 d’année très chaude, beaucoup plus ensoleillée qu’en moyenne et surtout très sèche.

Positionnement de la température moyenne et des précipitations observées en 2020 par rapport aux années antérieures

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En 2020, les températures moyennes mensuelles sont bien plus élevées que la normale

Avec une température moyenne annuelle de 12,2°C (normale : 10,6 °C) à Uccle, l’année 2020 est l’année la plus chaude depuis 1833. Le record précédent (11,9°) datait de 2018 et de 2014. C’est la première fois que la température moyenne annuelle dépasse les 12°C.

Même si, comme en 2018 et 2019, aucun record mensuel de température n’a été atteint en 2020, la température moyenne mensuelle fut supérieure à la valeur normale lors de chaque mois sauf juillet qui a été légèrement plus froid que la normale. De plus, la valeur moyenne annuelle de la température maximale a également atteint un nouveau record absolu avec 16,1°C (normale : 14,2°C). Le record précédent datait de 2018 (16,0°C). En 2020, la température n’est jamais descendue en dessous de -2,4°C à Uccle. La température minimale journalière la plus faible n’avait jamais atteint une valeur aussi élevée depuis le début de la série des températures minimales en 1892.

- Les températures moyennes saisonnières ont été plus élevées que la normale, avec notamment la présence d’une nouvelle vague de chaleur intense au mois d’août

L’hiver 2020 peut être qualifié de particulièrement doux. La température hivernale moyenne a grimpé jusqu’à 6,3°C, ce qui est une valeur bien plus élevée que la normale de 3,6°C. Il s’agit d’un des hivers les plus doux depuis presque 200 ans.

Au printemps, mars et mai ont connus des températures proches des valeurs normales. En revanche, en avril, les températures moyennes relevées à Uccle furent élevées. En conséquence, avec 11,3°C, la température moyenne saisonnière fut un peu supérieure à la valeur normale (10,1°C).

Avec un mois de juin légèrement plus chaud que la moyenne, un mois de juillet relativement plus frais et un mois d’août très chaud, qui a d’ailleurs connu une vague de chaleur intense du 5 au 16, la température moyenne de l’été 2020 fut plus élevée que la normale. L’été 2020 se retrouve dans le top-10 des étés les plus chauds depuis le début des observations en 1833 avec une température moyenne de 18,8°C pour une normale de 17,6°C.

Bien que l’automne ait commencé et se soit terminé froidement, les températures à Uccle sont restées bien au-dessus des valeurs normales pendant une grande partie de la saison. C’est surtout vers la mi-septembre que des températures très élevées ont été enregistrées, avec notamment une température de 34,3°C atteinte le 15 septembre. Il s’agit de la température la plus élevée jamais mesurée en septembre, et aussi en automne.

Températures mensuelles moyennes de 2020 à Uccle en comparaison avec les valeurs extrêmes observées depuis 1981

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Les précipitations totales sont inférieures à la moyenne et on observe sensiblement moins de jours de pluie et un ensoleillement plus important, surtout au printemps

Sur l’année 2020, il n’est tombé à Uccle un total de précipitations de 731,9 mm (normale : 852,4 mm). Cette quantité est répartie sur 169 jours de précipitations pour une normale de 198,7 jours.

Il est tombé à Uccle moins de précipitations que la normale durant la majorité des mois, avec un nouveau record en mai. Ce mois-là, on ne releva que 5,4 mm de précipitations. Seuls les mois de février, mars, septembre et octobre enregistrent des totaux supérieurs aux valeurs moyennes normales. De plus, sur l’ensemble de l’année, il y eut beaucoup moins de jours d’orage dans le pays qu’en moyenne (80 jours pour une moyenne de 94,5 jours).

- Les précipitations ont été inférieures aux normales saisonnières particulièrement au printemps et en été qui ont été plus secs que la normale

Dans le pays, les moyennes des précipitations hivernales sont légèrement supérieures aux valeurs normales avec pourtant décembre et janvier qui ont été plus secs qu’en moyenne. Le mois de février a lui comptabilisé un total excédentaire à la moyenne. Le total des précipitations hivernales à Uccle a atteint 230,3 mm pour une normale de 220,5 mm. Il aura, cependant, fallu attendre les derniers jours de l’hiver pour observer les premières précipitations neigeuses de la saison. Ce n’est que les 26 et 27 février qu’il tomba un peu de neige, donnant lieu seulement à quelques traces neigeuses en surface. Avec à peine deux jours de neige, l’hiver 2020 se situe en cette station en 4e position des hivers les moins neigeux, juste après les hivers 1990, 2008 et 2014 (1 jour de neige seulement).

Si le début du printemps fut très humide (sur les 13 premiers jours de mars, il est tombé un total de 77,2 mm de pluie à Uccle, soit un peu plus que sur un mois de mars entier normal), par la suite on n’a plus relevé que très peu de pluie. Avec 23 jours de précipitation (normale de 49 jours) le printemps 2020 se classe comme le 5ème printemps le plus sec depuis 1981. Concernant avril et mai, il n’est tombé que 24,5 mm d’eau (normale : 117,3 mm). C’est un nouveau record absolu de sécheresse sur cette période depuis 1833.

Les trois mois du printemps ont tous été plus ensoleillé qu’en moyenne. Avril se démarque en particulier puisqu’il fut le deuxième mois d’avril le plus ensoleillé depuis le début des mesures d’insolation en 1887. Au total, le printemps 2020 fut largement plus ensoleillé qu’en moyenne avec un nouveau record absolu d’ensoleillement, 740 heures pour une normale de 464 heures.

Durant l’été 2020, à Uccle, on a relevé chaque mois un cumul de précipitation inférieur à la normale mensuelle. Le total saisonnier atteint 168,2 mm et est donc inférieur à la normale estivale (224,6 mm). Dans tout le pays, les quantités moyennes de précipitations ont toutes été inférieures aux valeurs normales. Du fait d’une activité orageuse exceptionnellement faible en juillet, le nombre de jours d’orage dans le pays s’élève à seulement 32 pour l’ensemble de l’été (normale 40,1 jours).

Chaque mois de l’été, la durée totale d’insolation fut relativement proche de la valeur normale, avec globalement une saison un peu plus ensoleillée que la moyenne.

L’automne a commencé de manière très sèche à Uccle. Sur les 23 premiers jours, il n’y a plu que 6,4 mm. Puis il a commencé à pleuvoir, parfois abondamment. Au cours des 10 derniers jours de septembre, on a relevé un cumul de précipitations atteignant jusqu'à 98,0 mm. Par la suite, il a plu assez régulièrement jusqu’au début novembre mais avec des totaux quotidiens relativement faibles. Après cela, le temps est redevenu généralement beaucoup plus sec jusqu’à la fin de saison. Finalement, le total de précipitation pour l’automne 2020 a atteint 219,2 mm (normale : 219,9 mm). Les quantités  moyennes de précipitations dans le pays ont oscillé autour des valeurs normales.

L’automne 2020 a été un peu plus ensoleillé que la normale. Les mois de septembre et de novembre ont été beaucoup plus ensoleillés qu’en moyenne, tandis qu’octobre le fut beaucoup moins.

Précipitations mensuelles moyennes de 2020 à Uccle en comparaison avec les valeurs extrêmes observées depuis 1981

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Nombre de jours de précipitation par mois en 2020 à Uccle en comparaison avec les valeurs extrêmes observées depuis 1981

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- En 2020, les cultures ont été impactées par les conditions météorologiques particulières avec des précipitations déficitaires au printemps et en été et une nouvelle vague de chaleur au mois d’août.

La saison culturale 2020 est une nouvelle fois très particulière. Après un hiver très arrosé, le printemps s’est montré nettement plus sec. Hormis en juin, les précipitations ont été largement déficitaires. Le mois d’août s’est quant à lui caractérisé par une vague de chaleur à la fois longue et intense. Les cultures ont bien évidemment été impactées par ces conditions, à des degrés divers cependant.

Les betteraves, en dépit d’un démarrage compliqué, semblent dans l’ensemble s’en sortir de manière relativement honorable avec des rendements qualifiés de normaux, sauf dans les sols moins profonds. Le rendement en sucre est jugé comme bon. Même si, dans les parcelles fortement touchées par la sécheresse, les betteraves ont eu tendances à refaire des feuilles et ainsi diminuer le rendement en sucre. Globalement, la betterave reste une culture assez résiliente face à la sécheresse. Cependant, des disparités régionales ou parcellaires parfois très importantes existes, accentuées par des problèmes de levée et la présence de jaunisse virale.

Si en betteraves une mauvaise levée dans une partie de parcelles est souvent compensée par les plants voisins, ce n’est pas le cas en chicorée. Pour cette culture, l’année 2020 est globalement défavorable.

La situation est un peu plus compliquée pour la culture du maïs. Après un hiver très arrosé, le printemps s’est montré nettement plus sec de sorte que le maïs fourrager a généralement pu être semé à date normale mais dans un sol déjà asséché en surface. La majorité des semis ont eu lieu lors de la dernière décade d’avril, voire tout début mai. Ce dernier étant extrêmement sec, le démarrage en végétation a souvent été laborieux et caractérisé par des levées irrégulières et échelonnées dans le temps. Ce n’est qu’à partir de juin-juillet que les plantes ont pu réellement se développer. Jusqu’à la fin juillet, le développement pour le maïs semé à temps semblait généralement bon. Le constat, fin du mois d’août, était malheureusement un peu différent. La fécondation ne s’est, en effet, pas partout déroulée aussi bien qu’attendu. De nombreux épis ne sont pas complètement remplis. La faute peut être imputée aux conditions rencontrées lors de la floraison mais les conditions de stress, à un stade précoce perturbant (voire inhibant) la formation des épis, ont pu également concourir à cet état. La période caniculaire du mois d’août a clairement eu un impact sur le développement. Les récoltes ont été étalées à cause des fourchettes de maturité assez large, traduisant une forte hétérogénéité d’un champ à l’autre, notamment en fonction des dates et conditions de semis. Dans le cas des maïs semés après ray-grass, la situation est très variable. Ils ont eu, en effet, à faire face à un déficit hydrique au moment de la germination. Ils étaient généralement de courtes tailles et présentaient des épis peu, voire pas du tout remplis. Là, aussi, de nombreuses plantes ont été partiellement voire complètement brûlées en août en raison des températures élevées. Dans l’ensemble, les rendements ont été inférieurs à ceux de 2019 et aux rendements moyens observés sur les 5 dernières années.

Pour la pomme de terre, la situation varie notamment suivant les variétés. Si en Fontane, les rendements étaient globalement satisfaisants, ils l’étaient un peu moins pour les variétés Bintje, Challenger et Innovator.

En céréales, la récolte 2020 se caractérise par des situations contrastées, selon la localisation des parcelles, donnant lieu à une très grande hétérogénéité. Les sols plus lourds (argileux, sablo-argileux) ont eu des rendements nettement supérieurs aux sols plus légers (sableux), grâce en grande partie aux importantes précipitations de l'automne 2019 et à la sécheresse du printemps 2020. La structure des sols est clairement identifié le facteur déterminant. Les fortes chaleurs observées ont eu relativement moins d'impact que les 3 années précédentes. Par rapport à 2019, les rendements sont inférieurs de 12% (-5 % par rapport à la moyenne quinquennale).

La récolte de colza a été meilleure que l'an passé, avec un rendement d'environ 4,3 t/ha, mais avec une hétérogénéité des résultats identiques à celle rencontrée en céréales. Les conditions climatiques ont été meilleures cette année que l’an dernier pour cette culture, et la charge d'insectes également plus limitée.