En résumé : en 2024, la culture de colza, dont près de la moitié de la surface se trouve dans le Condroz, totalise 9 548 ha en 2024. Le produit principal de 1 552 €/ha, dans la moyenne des dix années antérieures, résulte d’un faible rendement de +/- 3 200 kg/ha compensé par un prix intéressant de 483 €/t. Parallèlement, les charges opérationnelles affectées baissent et conduisent à une marge brute de 987 €/ha.
Superficie
Après un regain d’intérêt pour cette culture en 2023, la superficie de colza en 2024 redescend à 9 548 ha. Ce sont 972 exploitants qui en cultivent à raison de 9,8 ha en moyenne.
- Différences régionales
Pour mieux analyser l’impact des régions agricoles sur les cultures commerçables, la Wallonie est subdivisée en trois « super-régions » considérées comme suffisamment homogènes en termes de pratiques culturales et de résultats : la zone « grandes cultures », la zone « herbagère » et le Condroz.
Comparativement aux autres productions végétales présentes en Wallonie, la culture de colza se distingue par sa localisation principalement concentrée dans le Condroz. Près de la moitié de la superficie emblavée en colza se situe dans cette région agricole. Les producteurs condruziens représentent 40 % des producteurs et ils consacrent, en moyenne 11,2 ha à cette culture.
Avec 32 % de la superficie dédiée à cette culture, la zone « grandes cultures » arrive en seconde position. La zone « herbagère », quant à elle, totalise 22 % de la surface de cette culture.
- Au sein des OTE
En 2024, 939 exploitations professionnelles ont cultivé du colza (9 425 ha). Près de 70 % de cette superficie (6 565 ha) se retrouvent au sein des exploitations spécialisées en grandes cultures et 17 % sont cultivés par les exploitations combinant cultures et bovins. Les exploitations avec d’autres OTE ne semblent guère intéressées par cette culture.
Rendement et prix
En 2024, le rendement de la culture de colza s’établit à 3 213 kg/ha, soit un niveau inférieur à la moyenne des dix années précédentes qui est de l’ordre de 3 815 kg/ha.
A l’inverse, le prix de vente de la graine de colza a enregistré une hausse pour s’établir à 483 €/t, valeur supérieure à la moyenne des dix années précédentes (395 €/t).
Rentabilité
- Produits
En 2024, le produit principal de la culture de colza, issue de la valorisation de la graine, s’établit à 1 552 €/ha. C’est une valeur pratiquement identique à 2023 et à la moyenne des dix années précédentes (1 543 €/ha). Elle est en net retrait par rapport aux valeurs de 2021 et 2022 qui dépassaient les 2 000 €/ha. Elle résulte de la combinaison d’un rendement en baisse et d’un prix en hausse.
Quelques agriculteurs récupèrent, parfois, la paille de colza utilisée comme source de fibre dans une ration ou comme litière bien que son pouvoir absorbant soit moindre que celui des pailles de céréales. Ce produit secondaire est souvent faible, mais il augmente en 2024 et représente 24 €/ha.
- Charges opérationnelles
En 2024, les charges opérationnelles affectées, hors travaux par tiers, pour la culture de colza baissent à 566 €/ha, soit un montant identique à la moyenne des dix années précédentes (565 €/ha). Parmi ces charges, se distingue notamment :
- Les charges en engrais, avec 261 €/ha, qui représente toujours 46 % des charges opérationnelles affectées, malgré une baisse de près de 50% depuis 2022.
- La part en produits phytosanitaires (211 €/ha) reste stable et compte pour 37 % des charges.
- La part des achats de semences est de 14 % avec 80 €/ha.
En moyenne, au cours des 10 dernières années, la fertilisation azotée du colza est assez importante et atteint 177 unités/ha. Les apports de phosphore sont de l’ordre de 24 unités/ha et ceux de potassium atteignent 44 unités/ha. Les toutes dernières années montrent cependant des valeurs en baisse.
A titre informatif, le montant dédié aux travaux par tiers est de 107 €/ha, valeur stable par rapport à la moyenne des dix années précédentes (123 €/ha).
- Marge brute
En 2024, la marge brute de la culture de colza atteint 987 €/ha, les travaux par tiers n’étant pas compris dans les charges opérationnelles affectées. Elle atteint une valeur identique à la moyenne des dix années précédentes qui est de 979 €/ha. De 2010 à 2024, la marge brute de la culture du colza s’est retrouvée sous le seuil de 1 000 €/ha à huit reprises.
En considérant les travaux par tiers dans les charges opérationnelles affectées et le faible produit secondaire, la marge brute s’établit à 904 €/ha.
Différences régionales
Contrairement aux cultures de betteraves sucrières et de chicorées localisées majoritairement dans la zone « grandes cultures », la culture de colza se rencontre majoritairement dans le Condroz. Le rendement, dans cette région agricole, y est de l’ordre de 3 058 kg/ha en 2024, un peu inférieur à celui observé pour la zone « herbagère » qui atteint 3 175 kg/ha en soulignant toutefois que la taille de l’échantillon pour cette zone est faible. Pour la zone « grandes cultures », le rendement est de 3 462 kg/ha.
Dans le Condroz, le produit principal de la culture de colza, issue de la valorisation de la graine, est de 1 483 €/ha et de 1 539 €/ha dans la zone « herbagère ». Les exploitations de la zone « grandes cultures » profitent d’un rendement un peu supérieur et le produit principal pour cette culture monte à 1 660 €/ha.
Le montant des charges opérationnelles affectées au colza est légèrement supérieur pour les exploitations de la zone « grandes cultures ».
En 2024, la marge brute du colza varie de 940 à 1 016 €/ha en fonction des grandes zones considérées. Dans le Condroz, les produits et les charges de la culture sont un peu inférieurs aux valeurs rencontrées dans les autres régions. A l’inverse, pour la zone « grandes cultures » qui obtient des produits un peu supérieurs mais avec des charges plus élevées.