Accueil - État de l'agriculture wallonne

Bienvenue sur le site de l'État de l'Agriculture Wallonne consacré à la synthèse et à la diffusion de l'information disponible relative au secteur agricole en Wallonie. 

Ce site, comme le faisait le rapport sur l’évolution de l’économie agricole et horticole en Wallonie, établit l’état des lieux du secteur agricole le long d’une année civile et tente d’apporter des éléments de contexte afin d’expliquer son évolution au travers de 3 grands chapitres :

  • Le contexte
  • Les facteurs de production
  • La rentabilité des exploitations

Chaque sujet traité est illustré par une ou plusieurs fiches thématiques accessibles via le menu "Agriculture en Wallonie". Actuellement le site reprend une vingtaine de fiches mais au fur et à mesure de nouvelles analyses viendront enrichir cet état des lieux. La fiche « Chiffres clés de l’agriculture wallonne » présente de manière synthétique les chiffres de l’année analysée.

Le site donne par ailleurs accès à différentes études et publications dont les précédents rapports sur l’évolution de l’économie agricole et horticole de la Wallonie.

 

Cheptel bovin

En 30 ans, le cheptel bovin s’est réduit d’environ 30 % et compte en 2019 un peu plus d’un million d’animaux

En 2019, le nombre total de bovins répertoriés en Wallonie est de 1 096 000. Après avoir atteint un maximum en 1995, l’effectif n’a cessé de diminuer, la Wallonie ayant perdu presque 30 % de son cheptel bovin en 30 ans. Au cours de la période 2012-2014, les producteurs laitiers, ayant anticipé la fin des quotas laitiers annoncée pour 2015, ont conservé plus de femelles afin d’augmenter leur production, ce qui a eu pour effet d’interrompre temporairement la tendance baissière mise en lumière les années précédentes. Toutefois, les marchés du lait et de la viande n’ayant pas été à la hauteur de leurs espérances, la décapitalisation du cheptel a repris en 2016. Depuis 2017, le cheptel wallon reste relativement stable.

$INDICATOR$_ad2ab337-2d55-4671-932d-60237d4368e3

Evolution du cheptel bovin

Jusqu’en 1995, la taille du cheptel bovin wallon n’a cessé de croître. Cette augmentation s’explique, entre autres, par des prix relativement élevés relevés à cette époque et par la volonté de capitalisation des éleveurs, désireux de constituer une base de référence élevée avant la réforme annoncée de la PAC.

La crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), appelée communément crise de la « vache folle », survenue en mars 1996, a entrainé une diminution du cheptel par la mise en place de mesures conjoncturelles telles que des abattages importants en vue de rétablir le marché. En 1997 et 1998, les effectifs du cheptel bovin wallon continuèrent à diminuer. En juin 1999, le secteur fut à nouveau frappé par une crise sanitaire importante, celle de la dioxine.

À la suite de la réforme de la PAC en 1999, la nouvelle organisation commune des marchés dans le secteur de la viande bovine remplace graduellement le mécanisme d’intervention par un système de stockage privé, inspiré de celui organisé dans le secteur de la viande porcine et axé sur un prix de base. Cette approche contribue à la stabilisation des prix du marché sans toutefois conduire à la constitution d’excédents structurels. La baisse des prix dans le secteur bovin conduit à une modification des paiements directs (primes pour les producteurs de taureaux et bœufs, prime maintien de vaches allaitantes, etc.).

Cette dernière décennie, d’autres éléments tels le changement des habitudes alimentaires des consommateurs (-25 % d’achat de viande bovine entre 2010 et 2016), la fin des quotas laitiers ou encore l’émergence d’accords commerciaux internationaux (CETA, Mercosur, ...) ont influencé le secteur. La réduction du cheptel s’explique également par l’amélioration des paramètres techniques rendue possible par la spécialisation des productions et l’amélioration de la génétique.

➢ 40 % de l’effectif du cheptel bovin se composent de vaches laitières et de vaches allaitantes

Le cheptel wallon se compose avant tout de vaches laitières, de vaches allaitantes et de jeunes animaux élevés en vue de les remplacer. 40% du troupeau wallon se compose d’animaux appartenant aux deux premiers groupes. Le nombre de jeunes destinés à être abattus pour leur viande est faible en Wallonie. En revanche, une partie des jeunes bêtes wallonnes est vendue comme animaux maigres hors du territoire, ce qui explique la chute d’effectif entre la catégorie des animaux de moins d’un an et celle des animaux âgés de un à deux ans.

Depuis 1990, la proportion de jeunes bêtes a toujours été plus ou moins constante. Un peu plus d’un quart du cheptel se compose d’animaux de moins d’un an et un cinquième concerne les animaux de un à deux ans. Au cours du temps la répartition entre vaches laitières et vaches allaitantes a évolué.

Historiquement, les vaches laitières dominaient le paysage wallon. En 1984, cette tendance s’est inversée avec l’instauration des quotas laitiers. La sélection de vaches laitières performantes par les détenteurs a permis un accroissement rapide des rendements laitiers et, par conséquent, une forte diminution du nombre de vaches laitières par détenteur. La réforme de la PAC en 1992 accélère la restructuration des troupeaux laitiers peu performants vers des troupeaux viandeux suite à l’abandon de l’activité laitière. Le nombre de vaches allaitantes se maintient durant une vingtaine d’année avant d’entamer un mouvement baissier dû à la réforme de la PAC en 2013, qui modifie le régime des primes pour les vaches allaitantes. Depuis 2015, la diminution du nombre de vaches laitières et allaitantes se poursuit lentement.

$INDICATOR$_32076c3c-6a8d-459f-9da4-5005f2fe0fcf
$INDICATOR$_c5fc1f6b-6439-48bb-8256-f4d02576fb55

 

➢ 79 % du cheptel se trouvent dans les exploitations bovines spécialisées mais la répartition de ce cheptel dans les différentes orientations technico-économiques a évolué au cours du temps

L’analyse selon l’orientation technico-économique [OTE] n’est réalisée que pour les exploitations professionnelles. Celles-ci regroupent 99 % du cheptel bovin wallon.

En 2019, 79 % du cheptel bovin wallon se retrouvent dans les exploitations bovines spécialisées (bovins laitiers, viandeux ou combinant bovins laitiers et viandeux) et 14 % dans les exploitations combinant cultures et bovins. En 1990, cette répartition était de 70 % dans les exploitations spécialisées en élevage bovin et un quart du cheptel dans les exploitations combinant cultures et bovins.

$INDICATOR$_d55cd69c-772a-47ef-af4f-c6458c97ce1b
$INDICATOR$_33871e23-1fff-48c5-9f6f-d9d831c3b0a0

➢ La Wallonie dispose de 46 % du cheptel belge et ce pourcentage reste relativement stable dans le temps

Les bovins se répartissent de manière non homogène selon les régions agricoles. En 2019, la moitié du cheptel bovin wallon se trouve dans la région limoneuse et l’Ardenne. La première est la plus vaste de Wallonie. La moitié de ses exploitations sont spécialisées en grandes cultures. Cependant, il y a également 44 % des agriculteurs qui élèvent des bovins majoritairement en association avec des grandes cultures. Ces deux facteurs combinés expliquent la présence d’un quart du cheptel bovin dans la région limoneuse. L’Ardenne, avec une forte présence d’élevages spécialisés en bovins viandeux ou combinant bovins laitiers et viandeux, arrive en seconde position.

Si le cheptel wallon a diminué dans son ensemble depuis 1990, ce sont les régions limoneuse (36 %) et herbagère liégeoise (31 %) qui ont perdu la plus grande part de leur effectif. A l’inverse, la région jurassique a connu une diminution nettement moins importante.

Les bovins sont répartis de manière relativement uniforme entre les différentes provinces, à l’exception de celle du Brabant wallon qui ne détient que 4 % du cheptel. Cependant, les OTE prédominantes diffèrent selon les provinces : la province de Luxembourg est plus orientée vers la production viandeuse, alors que la province de Liège est nettement tournée vers la production laitière.

Sur trente ans, les provinces de Hainaut et de Liège ont perdu presqu’un tiers de leur cheptel bovin. La province de Luxembourg a connu une diminution moindre durant cette période. Toutefois au cours de la dernière décade, on y enregistre la plus forte diminution de cheptel (- 15 %). L’engouement pour les bovins viandeux des années 1990 a fini par se tasser ces dernières années.  De plus, le passage en production biologique de nombreuses exploitations de cette province a conduit à l’extensification des élevages.

La Flandre regroupe 54 % du cheptel bovin belge, pourcentage relativement stable au cours du temps. La diminution du cheptel flamand a suivi la même tendance que celui de la Wallonie.

$INDICATOR$_fb88eea6-62bd-4f97-8633-4474d4cc9968
$INDICATOR$_9b9c07a1-9488-4bcc-889f-353c3b8e872a

Le nombre de détenteurs de bovins a diminué de plus de la moitié en Wallonie, ce qui a modifié leur poids dans le paysage agricole

En 2019, 63 % des exploitations wallonnes élèvent des bovins. Cette proportion est en recul par rapport à 1990 où ce chiffre était de 79 %.

Le nombre de détenteurs en 2019 est de 7 830. Depuis 30 ans, la Wallonie a perdu 66 % de ses détenteurs. Cette diminution est majoritairement due à la réduction du nombre de troupeaux laitiers. Et malgré une forte augmentation du nombre de détenteurs de vaches allaitantes jusqu’au début des années 90, c’est la tendance inverse qui s’observe depuis lors de façon constante. Cependant, la réduction du nombre total de détenteurs de bovins (laitiers et viandeux) semble ralentir ces dernières années.

$INDICATOR$_312595a4-2527-4fb2-ac57-2eee22967ca1

➢ Au fil des ans, les détenteurs de bovins se concentrent dans des exploitations bovines spécialisées

En 2019, la répartition des exploitations professionnelles détentrices de bovins au sein des orientations technico-économiques est comparable à celle des animaux eux-mêmes. Environ trois quarts de ces exploitations sont des exploitations bovines spécialisées. Un peu plus de 10 % des exploitations spécialisées en grandes cultures détiennent également des bovins (6 % de l’effectif total).

En trois décennies, exception faite de l’OTE bovins viandeux, le nombre de détenteurs de bovins a diminué dans toutes les OTE. En 1990, les bovins étaient souvent présents quelle que soit l’orientation de production (OTE). Par exemple, à cette époque, les exploitations spécialisées en grandes cultures étaient beaucoup plus nombreuses à détenir des bovins (63 % de ces exploitations) et reprenaient alors 11 % des détenteurs de bovins.

$INDICATOR$_4a05a464-44a8-4d8e-b21f-051aaddc2a53

➢ 57 % des détenteurs sont flamands mais cela ne représente que 44 % des exploitations de cette région

Le nombre de détenteurs de bovins varie sensiblement d’une région agricole à l’autre. En 2019, les régions en comptant le plus sont la région limoneuse (près de 30 % du total wallon) et l’Ardenne (presque 20 %). Un tiers des détenteurs wallons de vaches laitières mais également un tiers des détenteurs wallons de vaches allaitantes sont localisés en région limoneuse. Par contre, en Ardenne, les détenteurs de vaches allaitantes sont deux fois plus représentés que les détenteurs de vaches laitières. Cette répartition entre les régions est restée stable au cours des trois dernières décennies.

Les détenteurs de bovins se situent principalement dans les provinces de Hainaut, de Liège et de Luxembourg. La province de Liège est caractérisée par la production laitière et celle de Luxembourg par la production viandeuse, tandis que les deux productions sont présentes dans le Hainaut. Comme pour les régions agricoles, la répartition de 2019 entre les provinces est plus ou moins équivalente à celle observée en 1990.

En 2019, la Flandre regroupe 57 % des détenteurs de bovins belges. Ils ne représentent toutefois que 44 % des exploitants agricoles flamands. Les détenteurs de vaches allaitantes y sont plus nombreux que les détenteurs de vaches laitières. Depuis 1990, la Flandre a perdu 7 détenteurs de bovins sur 10.

$INDICATOR$_cd054983-3e9f-41c4-a6e6-33c2df380aee

Depuis 30 ans, le cheptel bovin moyen par exploitation ne cesse d’augmenter, il atteint 140 têtes en 2019

L’effectif moyen des exploitations est actuellement de 140 bovins. Le nombre moyen de vaches laitières par détenteur (60 vaches laitières en 2019) a toujours été supérieur au nombre moyen de vaches allaitantes par détenteur (45 vaches allaitantes en 2019) même si au début des années 2000, les deux cheptels moyens étaient de tailles équivalentes.

La progression du cheptel moyen a toujours suivi une tendance haussière. Il était de 67 bovins en 1990. On observe un phénomène de concentration de la production avec moins de détenteurs mais avec plus d’animaux par exploitation. Que ce soit au niveau des détenteurs de bovins laitiers ou de bovins allaitants, le nombre moyen de bovins par exploitation a doublé depuis 1990.

$INDICATOR$_821a4cdb-79bf-4d1f-9da4-3adf82e9689f

➢ Le cheptel moyen dans les exploitations spécialisées en bovins laitiers a dépassé le cheptel moyen dans les exploitations spécialisées en bovins viandeux

Avec une moyenne de 211 bovins par exploitation professionnelle, les exploitations combinant bovins laitiers et viandeux détiennent le troupeau le plus important, viennent ensuite les exploitations spécialisées en bovins laitiers et enfin les exploitations spécialisées en bovins viandeux.

En trente ans, le cheptel moyen a progressé dans toutes les exploitations bovines spécialisées. L’augmentation la plus importante se rencontre dans les exploitations spécialisées en bovins laitiers (+ 75 %) et dans celles combinant bovins laitiers et viandeux (+ 61 %).

$INDICATOR$_38c76c8a-4e09-42f0-b58d-e0232f9b136d

➢ Le cheptel moyen en Flandre est inférieur à celui de la Wallonie mais l’écart s’amenuise au court du temps

Bien que la région limoneuse totalise un cheptel et un nombre de détenteurs importants, elle est caractérisée par un cheptel moyen de taille relativement restreinte tant pour le cheptel laitier que pour le cheptel viandeux. Les effectifs moyens les plus importants sont situés dans le Condroz, l’Ardenne et la Famenne (± 165 têtes). Ces trois régions se démarquent par la présence d’élevages spécialisés en production de bovins viandeux disposant d’un cheptel moyen relativement important.

Bien que la taille moyenne du cheptel bovin reste faible en Haute Ardenne, cette région a connu la progression la plus marquée depuis 1990.

Des différences assez nettes selon les provinces sont observées. Le cheptel bovin moyen varie de 123 têtes dans la province de Hainaut à 166 têtes dans la province de Luxembourg. Cette dernière se caractérise par la présence d’élevages viandeux de dimension importante. Depuis 1990, le cheptel moyen a presque doublé dans toutes les provinces.

Avec 124 têtes par exploitation, le cheptel bovin moyen est légèrement inférieur en Flandre. Cette différence se réduit au cours du temps, la diminution plus rapide des détenteurs en Flandre entraînant une progression plus rapide du cheptel moyen.

$INDICATOR$_d5040449-5947-4637-b001-25e84be74692
$INDICATOR$_eb171c71-4aed-434b-a6f9-b688aa229278

En 2019, les détenteurs de moins de 50 bovins restent majoritaires dans le paysage wallon malgré une tendance baissière et l’apparition d’élevages de grande taille

En 2019, une exploitation détentrice sur cinq dispose d’un cheptel moyen supérieur à la moyenne régionale (140 têtes/exploitation). Un peu moins de 30 % des détenteurs ont un cheptel inférieur à 50 bovins. Par contre, leurs troupeaux ne représentent que 5 % du cheptel régional. Il s’agit souvent de très petits troupeaux avec une moyenne de 7 animaux. A contrario, 10 % des détenteurs ont un troupeau supérieur à 300 têtes et ils détiennent un tiers du cheptel wallon, avec un effectif moyen de 438 bovins.

Au fil du temps, les troupeaux s’agrandissent. En 1990, les détenteurs de moins de 50 bovins représentaient plus de 50 % des détenteurs, avec un sixième du cheptel. A cette époque, les détenteurs de plus de 300 bovins étaient pratiquement inexistants (133 exploitations) soit moins de 0,5 % des détenteurs wallons et 3 % du cheptel wallon.

$INDICATOR$_8637c126-7e33-4361-b6d2-a7a3ccc1b3b3
$INDICATOR$_cca43ef4-2e78-43a9-8646-2bcda9cf7d69

 

En savoir plus