Accueil - État de l'agriculture wallonne

Bienvenue sur le site de l'État de l'Agriculture Wallonne consacré à la synthèse et à la diffusion de l'information disponible relative au secteur agricole en Wallonie. 

Ce site, comme le faisait le rapport sur l’évolution de l’économie agricole et horticole en Wallonie, établit l’état des lieux du secteur agricole le long d’une année civile et tente d’apporter des éléments de contexte afin d’expliquer son évolution au travers de 3 grands chapitres :

  • Le contexte
  • Les facteurs de production
  • La rentabilité des exploitations

Chaque sujet traité est illustré par une ou plusieurs fiches thématiques accessibles via le menu "Agriculture en Wallonie". Actuellement le site reprend une vingtaine de fiches mais au fur et à mesure de nouvelles analyses viendront enrichir cet état des lieux. La fiche « Chiffres clés de l’agriculture wallonne » présente de manière synthétique les chiffres de l’année analysée.

Le site donne par ailleurs accès à différentes études et publications dont les précédents rapports sur l’évolution de l’économie agricole et horticole de la Wallonie.

 

Cheptel bovin laitier

Avec 192 000 vaches laitières en 2020, la Wallonie a perdu plus de la moitié de ses animaux en 3 décennies

En 2020, le nombre de vaches laitières est d'un peu plus de 192 000 têtes, ce qui représente 18 % du cheptel bovin wallon. L’amélioration des connaissances zootechniques, du savoir-faire des agriculteurs et de la génétique a permis une augmentation de la production de lait par vache et par an, ce qui a entrainé une diminution du nombre d’animaux. Le nombre de vaches laitières a été divisé par deux en 30 ans.

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➢ Depuis trois décennies, environ six vaches laitières sur dix sont détenues dans une exploitation spécialisée en bovins laitiers

L’analyse selon l’orientation technico-économique [OTE] sera réalisée uniquement pour les exploitations dites professionnelles. Presque l’ensemble des animaux est détenu dans ce type d’exploitation. 

Les élevages appartenant aux OTE spécialisées dans l'élevage bovin, les unes axées sur les bovins laitiers et les autres combinant bovins laitiers et viandeux, détiennent 82 % du nombre de vaches laitières wallonnes.

En 1990, cette répartition était légèrement différente. Avec 63 % des vaches, les exploitations spécialisées en bovins laitiers détenaient déjà la majorité du troupeau. Par contre, les exploitations de polyculture-élevage étaient, en termes de nombre de vaches, prédominantes (23 % du cheptel) par rapport aux exploitations combinant bovins laitiers et viandeux (11 % du cheptel). En trois décennies, la première OTE a perdu 81 % de son effectif de vaches laitières alors que la seconde OTE a progressé de 24 %.

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➢  Les vaches laitières belges sont majoritairement détenues en Flandre, cette région a perdu 25 % de ses vaches, soit deux fois moins que la Wallonie

Les vaches laitières wallonnes sont réparties de manière inégale selon la région agricole. En 2020, les régions limoneuse et herbagère liégeoise regroupent chacune un quart des vaches laitières. Même si la majorité des exploitations de Haute Ardenne sont des élevages spécialisés en bovins laitiers, seulement une vache laitière sur dix est détenue dans cette région. En trente ans, ce sont les deux régions à vocation laitière (région herbagère liégeoise et Haute Ardenne) qui ont perdu le moins de vaches laitières : plus ou moins un tiers de l’effectif de 1990.

En 2020, les vaches se répartissent comme suit selon la province : avec 73 000 vaches laitières, la province de Liège possède 38 % du cheptel wallon, la province de Hainaut en détient 30 % et les trois autres provinces se répartissent le dernier tiers. Depuis 1990, la province de Liège, malgré une diminution de 37 % du nombre de ses vaches laitières, est la seule province à ne pas avoir perdu plus de la moitié de ses vaches.

La Flandre regroupe 64 % des vaches laitières belges. Jusque dans les années 2010, le nombre de vaches laitières a diminué de façon similaire qu'en Wallonie. La Flandre détenait alors la moitié des vaches laitières recensées en 1990. Depuis, le nombre de vaches a subi une diminution d’un quart, ce qui représente une réduction deux fois moindre que celle connue en Wallonie sur la même période. On observe même une augmentation du nombre de vaches en Flandre entre 2013 et 2019 alors que celui de la Wallonie s’est stabilisé.

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Depuis 1990, la Wallonie a perdu un tiers de ses détenteurs de bovins laitiers ; ceux-ci se concentrent de plus en plus dans des exploitations bovines spécialisées

En 2020, 25 % de l’ensemble des exploitations wallonnes détiennent au moins 5 vaches laitières, cela représente 3 050 exploitations. En 1990, 43 % des exploitations présentaient cette caractéristique. Il reste donc aujourd’hui moins d’un tiers des exploitations détentrices de 5 vaches laitières et plus présentes en 1990.

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➢  Les exploitations combinant bovins laitiers et viandeux tendent à prendre une place importante en ce qui concerne les détenteurs, même si les exploitations spécialisées en bovins laitiers restent majoritaires

Les exploitations détentrices d’au moins 5 vaches laitières sont toutes des exploitations qualifiées de professionnelles. La moitié se trouve au sein de l’orientation technico-économique [OTE] spécialisée en bovins laitiers et un tiers dans les élevages combinant bovins laitiers et viandeux. Malgré une perte d’un cinquième de son effectif, la place de cette dernière OTE dans le paysage wallon a pris de l’importance. En effet, en 1990, elle ne concernait que 13 % des détenteurs de vaches laitières. Les exploitations de polyculture-élevage représentaient à cette époque un peu plus d’un quart des détenteurs. On observe donc une concentration des détenteurs dans des exploitations spécialisées en élevage bovin.

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➢  Bien que plus orientée vers les grandes cultures, la région limoneuse compte plus d'un quart des détenteurs de vaches laitières wallonnes

Cinq régions agricoles sur les dix qui constituent la Wallonie concentrent 80 % des détenteurs de cheptel laitier. Plus d'un quart des détenteurs wallons de vaches laitières sont situés en région limoneuse bien que cette région soit fortement orientée vers les grandes cultures. La région herbagère liégeoise concentre 18 % des détenteurs de cheptel laitier. Plus de la moitié des exploitations dites professionnelles de cette région sont spécialisées en bovins laitiers. La Haute Ardenne, dont 97 % des exploitations  dites professionnelles sont spécialisées en bovins laitiers, regroupe 10 % des détenteurs de cheptel laitier wallon. Cette répartition entre les régions a peu évolué au cours du temps.

A l’échelon provincial, les provinces de Hainaut et de Liège concentrent les exploitations laitières wallonnes avec respectivement 34 et 32 % des détenteurs. La répartition entre les provinces a, elle aussi, peu évolué au cours des trente dernières années.

En 2020,  4 200 détenteurs sont situés en Flandre, soit 58 % du total national. Ce pourcentage est resté stable au cours du temps malgré une diminution de leur nombre de 75 % depuis 1990.

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Le nombre moyen de vaches laitières par exploitation détentrice a doublé en trois décennies principalement dans les élevages spécialisés en production laitière

Si le nombre de vaches laitières a sensiblement régressé en Wallonie, la diminution du nombre de détenteurs a été plus rapide encore, si bien que le nombre moyen de vaches laitières par exploitation détentrice n’a cessé de croître, pour atteindre 63 vaches laitières par exploitation en 2020, soit le double de 1990.

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➢  Les élevages spécialisés en bovins laitiers possèdent un troupeau moyen presque 30 % supérieur à la moyenne wallonne

Parmi les exploitations dites professionnelles, celles faisant partie de l’OTE « spécialisée en bovins laitiers » disposent d’un cheptel moyen de vaches laitières (82 têtes) supérieur de 30 % à la moyenne régionale. Il a doublé en l’espace de 3 décennies. Les exploitations combinant les bovins laitiers et viandeux ou de polyculture-élevage ont un cheptel moyen de 45 vaches.

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➢ Le nombre moyen de vaches laitières détenu par exploitation est plus important en Flandre qu’en Wallonie depuis 2013

Selon les régions agricoles, le cheptel moyen varie fortement. En 2020, le nombre moyen de vaches laitières par exploitation détentrice d’au moins 5 vaches laitières est le plus faible en Ardenne (48 têtes) et en région Limoneuse (53 têtes). A contrario, il est le plus élevé en région herbagère liégeoise (80 têtes) et en Haute Ardenne (76 têtes), régions principalement axées sur la production laitière. C’est en Haute Ardenne que la progression du cheptel moyen fut la plus forte avec un triplement du nombre moyen par exploitation depuis 1990.

La province de Liège, caractérisée par la présence d’un grand nombre d’exploitations laitières, dispose des élevages les plus importants, avec en moyenne 76 vaches laitières par exploitation détentrice. Les autres provinces ont un nombre moyen de vaches par exploitation entre 55 et 60 têtes. La progression depuis 1990 de ce paramètre est la plus importante dans la province de Liège et la plus faible dans la province de Namur.

En 2020, le nombre moyen de vaches laitières par exploitation en Flandre est de 82 têtes. Depuis 2013, la Flandre dispose d’un cheptel moyen supérieur à celui de la Wallonie. Cela s’explique par 2 phénomènes : d’une part la progression du nombre de vaches laitières dans cette région, contrairement à ce qui est observé en Wallonie, et d’autre part, la chute plus importante du nombre de détenteurs. En trois décennies, le cheptel moyen par exploitation a triplé en Flandre.

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Si la plupart des détenteurs de vaches laitières détiennent moins de 75 vaches, la progression du nombre d’élevages de plus de 100 vaches laitières est remarquable

En 2020, les détenteurs de moins de 75 vaches laitières représentent 69 % du total des détenteurs et détiennent ensemble 43 % des vaches wallonnes. Les détenteurs de « petits » troupeaux sont en régression constante, surtout pour la catégorie de 5 à 24 vaches laitières. En un an, cette dernière a perdu 23 % de ses détenteurs. Les détenteurs de 75 à 99 vaches laitières représentent 14 % de l’effectif wallon de détenteurs et élèvent 19 % du troupeau régional.

Cette répartition est très différente de celle observée il y a trois décennies. En effet, 84 % des exploitations détentrices élevaient alors moins de 50 vaches laitières, dont la moitié avait moins de 25 vaches. Seules 3 % des fermes détentrices avaient un cheptel supérieur à 75 vaches laitières. Entre 1990 et 2020, le nombre de détenteurs de plus de 100 vaches laitières a progressé passant de moins de 10 éleveurs à 506 (17 % des détenteurs wallon). Actuellement, plus d’un tiers des vaches laitières wallonnes est détenu par ces « grands » élevages.

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Un quart des exploitations détentrices ont plus de 50 vaches laitières par UT

La notion d’unité de travail [UT] est le reflet du nombre d’équivalents temps plein [ETP] travaillant en agriculture.

En Wallonie, le Centre wallon de recherches agronomiques [CRA-W] a établi des références concernant le temps de travail dans les exploitations spécialisées en bovins laitiers, dans le cadre des projets « DuraLait » et « DuraLait Plus ». A partir de leurs observations, ils ont pu établir qu’au-delà de 50 vaches laitières par UT, il est difficile de tout gérer. En 2016, dans les exploitations spécialisées en bovins laitiers, une UT gère 44 vaches laitières en moyenne. Dans environ une ferme sur quatre, la valeur de référence de 50 vaches laitières par UT est dépassée. Dans les élevages de plus de 100 vaches laitières, cette norme n’est plus respectée que dans une exploitation sur sept. Dans les grandes exploitations, des éléments comme les économies d’échelle, l’automatisation, etc. pourraient en partie compenser le manque de main-d’œuvre, mais le risque d’être dépassé par la charge de travail reste élevé en cas d’excès d’animaux. La qualité de vie des exploitants est directement liée à cette pression du travail.

Selon des études françaises et wallonnes, le travail d’astreinte dans les exploitations spécialisées en bovins laitiers est en moyenne de 35 heures par UGB. Cela signifie qu’avec 98 UGB en moyenne par exploitation, le travail d’astreinte sur la ferme équivaut à 9 heures de travail par jour. A cela, il faut ajouter toutes les heures liées au travail de saison, à l’administratif et à la gestion des imprévus. La pression du travail est donc importante dans les exploitations spécialisées en bovins laitiers.

Globalement, plus le nombre de vaches laitières sur l’exploitation est important et plus le temps de travail par UT augmente. En moyenne, une UT réalise 7 heures de travail d'astreinte par jour en élevage laitier mais cela varie d’un peu plus de 2 heures par jour dans les fermes de moins de 25 vaches à environ 12 heures par jour pour les troupeaux de plus de 150 vaches.

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