Accueil - État de l'agriculture wallonne

Bienvenue sur le site de l'État de l'Agriculture Wallonne consacré à la synthèse et à la diffusion de l'information disponible relative au secteur agricole en Wallonie. 

Ce site, comme le faisait le rapport sur l’évolution de l’économie agricole et horticole en Wallonie, établit l’état des lieux du secteur agricole le long d’une année civile et tente d’apporter des éléments de contexte afin d’expliquer son évolution au travers de 3 grands chapitres :

  • Le contexte
  • Les facteurs de production
  • La rentabilité des exploitations

Chaque sujet traité est illustré par une ou plusieurs fiches thématiques accessibles via le menu "Agriculture en Wallonie". Actuellement le site reprend une vingtaine de fiches mais au fur et à mesure de nouvelles analyses viendront enrichir cet état des lieux. La fiche « Chiffres clés de l’agriculture wallonne » présente de manière synthétique les chiffres de l’année analysée.

Le site donne par ailleurs accès à différentes études et publications dont les précédents rapports sur l’évolution de l’économie agricole et horticole de la Wallonie.

 

Productions végétales

Les productions fourragères occupent 56 % de la SAU wallonne, ce pourcentage a peu évolué depuis 1990

On entend par production fourragère l’ensemble des cultures destinées à l’alimentation animale, ainsi que les prairies qu’elles soient permanentes ou temporaires. En 2019, ces productions couvrent 408 220 ha, soit plus de la moitié de la SAU en Wallonie. Leur importance confirme le poids du secteur de l’élevage bovin dans le paysage agricole wallon. Un hectare sur quatre est consacré aux céréales et un peu moins de 10 % de la SAU est dédiée aux cultures industrielles. Sous l’appellation « Cultures industrielles » est repris l’ensemble des cultures qui ne peuvent être utilisées directement sur l’exploitation et doivent subir une transformation par des procédés élaborés. Cette répartition est restée relativement stable dans le temps.

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➢ Tout au long des 3 dernières décennies, les prairies permanentes restent la première production fourragère en Wallonie avec plus de 309 000 ha de SAU

En 2019, sur les 408 220 ha de superficies fourragères, les prairies permanentes restent dominantes avec 77 % du total concerné. Le maïs fourrager et les prairies temporaires occupent majoritairement le reste de cette superficie.

Depuis 1990, malgré une diminution du nombre d’hectares de prairies permanentes d’un peu plus de 55 400 ha (-15 %), la répartition entre les différents fourrages a relativement peu évolué.

Les superficies en prairies permanentes sont liées positivement à l’importance des élevage bovins au niveau des provinces ; par ordre décroissant : Luxembourg, Liège, Namur, Hainaut et Brabant wallon. A contrario, la culture de maïs fourrager est inégalement répartie sur le territoire wallon. Le Hainaut, région disposant d’un tiers des élevages hors sol wallons, représente à lui seul 40 % des superficies répertoriées en maïs fourrager.

La Wallonie regroupe 60 % des prairies permanentes belges en 2019, tandis que la Flandre regroupe deux tiers des cultures fourragères sur son territoire. En effet, la Wallonie est plus orientée vers l’élevage de bovins qui exige une surface prairiale importante ; à l’opposé la Flandre est plus axée vers des élevages hors sol.

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Evolution au cours du temps des superficies fourragères

L’évolution des superficies en prairies permanentes doit s’observer à la lumière de plusieurs facteurs. En effet, la rentabilité des grandes cultures, et inversement les difficultés rencontrées par l’élevage, ont entrainé la conversion de certaines pairies en terre arable. Les avancées technologiques et mécaniques dont la puissance des tracteurs ont rendu possible le labour de terres qui ne l’étaient pas précédemment. L’intensification des pratiques culturales a provoqué l’abandon des moins bonnes terres. L’évolution des techniques d’élevage, quant à elle, a permis d’accroître la charge en bétail. De ce fait, des superficies ont été affectées à des usages non agricoles.

Pour éradiquer ce phénomène, le maintien des prairies permanentes a été dès 1992, lors de la réforme de la politique agricole commune, soutenue par des régimes d’aide à la tête de bétail, limitant la charge en bétail par hectare et favorisant ainsi l’extensification des élevages.

Quant à la culture du maïs, elle n’a été adoptée dans nos régions qu’après la seconde guerre mondiale. Cependant, le maïs cultivé pour l’ensilage est rapidement devenu la principale culture fourragère, après les prairies permanentes. Le maïs permet l’obtention de hauts rendements et est bien valorisé par les bovins.

➢ Après une diminution des superficies en froment, cette culture a de nouveau la cote avec plus de 126 000 ha emblavés en 2019

En 2019, la culture céréalière majoritaire reste le froment avec 68 % de la superficie céréalière, suivi de loin par l’escourgeon (15 % de la SAU) dont la production a vu ses hectares emblavés diminuer de 12 % depuis 1990.

2016 restera une année marquante pour le secteur céréalier. En effet, une baisse de rendement de 29 % par rapport à 2015 et un prix le plus bas observé depuis 2009 ont pesé significativement sur la culture de froment, au point d’influencer significativement les emblavements des années suivantes. Le stock important en céréales provenant de 2015, année exceptionnelle en termes de production, a démotivé certains agriculteurs qui ont globalement moins emblavé de surface en 2017 et 2018. En 2018, à la faveur d’un prix plus favorable, certains agriculteurs ont été incités à remettre plus de froment, d’où une légère progression des superficies emblavées en 2019.

La production céréalière nécessitant des terres relativement profondes, sa répartition est inégale sur le territoire wallon. Le Hainaut arrive largement en tête (37 %), devant la province de Namur (26 %). La terre ne s’y prêtant pas, les céréales sont relativement peu cultivées en province du Luxembourg.

Plus de la moitié des superficies céréalières belges se trouvent en Wallonie (59 %). Depuis 1990, la part de la Flandre dans la production de céréales a légèrement progressé (+ 3,5 % de la SAU céréalière belge).

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Evolution au cours du temps des superficies céréalières

Le début des années 90 a marqué un tournant pour le secteur céréalier. L’effondrement du marché céréalier causé par la surproduction, les tensions entre les grands pays exportateurs, les stocks importants, etc. ont provoqué une diminution importante de la SAU emblavée et la mise en place de mesures de régulation de la production (quantités maximales garanties et jachères obligatoires lors de la réforme de la PAC 92).

➢ En 2019, la culture de la betterave est deux fois moins présente sur le territoire wallon qu’en 1990

En 2019, plus de la moitié des superficies dédiées aux cultures industrielles concerne la betterave sucrière, suivie par le lin et le colza.

Depuis 1990, les superficies semées en betteraves sucrières ont diminué de pratiquement 50 % (69 000 vs 38 835 ha en 2019). La fin des quotas (2017) entraine une chute des superficies dédiées aux betteraves.  A l’inverse, la superficie en lin a progressé de 40 % depuis 1990.

Pratiquement deux hectares sur trois de ces cultures de betteraves se trouvent dans les provinces de Hainaut et de Namur en 2019. Cette répartition géographique trouve son explication dans la nécessité de terres profondes pour ces cultures.

La Wallonie regroupe 70 % des superficies dédiées aux cultures industrielles. Ce pourcentage a peu évolué au cours du temps.

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Evolution au cours du temps des superficies de betteraves sucrières

Depuis la fin des années 60, une Organisation Commune du Marché encadre le marché européen du sucre dans le cadre de la Politique Agricole Commune.  Jusqu’en 2006, l’objectif de cette politique agricole était de créer un marché stable pour les producteurs et les consommateurs.  Cela a conduit à l’instauration de quotas de production, de prix minimum garantis et d’instruments de régulation commerciaux tels que des subventions à l’exportation ou des barrières à l’importation.  En 2006, cette politique ‘protectionniste’ a dû être revue notamment suite à une plainte déposée par le Brésil, la Thaïlande et l’Australie via l’OMC.  Une réforme de cette organisation est mise en place et vise à concentrer la production dans les zones les plus efficaces en restructurant le secteur.  On assiste alors à une réduction des quotas et du prix garanti et ainsi qu’à une modification de la politique commerciale.  L’UE est contrainte de réduire ses exportations alors même que certains nouveaux pays producteurs ont rejoint ses rangs.  Afin d’éviter un déséquilibre du marché, cette réforme a donc été progressivement mise en place de 2006 à 2010.  Les quotas qui devaient être maintenus jusqu’en 2015, ont finalement été prolongés jusqu’en 2017.  Depuis cette année, le marché est libéralisé mettant fin aux quotas, au seuil de référence pour le prix du sucre, au prix minimum pour les betteraves et aux limites pour les exportations.

➢ Une évolution fulgurante pour la pomme de terre, avec 43 000 ha, cette superficie dépasse aujourd’hui celle de la betterave sucrière

En 2019, le nombre d’hectares dédiés à la culture de la pomme de terre est de 43 000 ha, soit 4 000 ha de plus que la SAU consacrée aux betteraves sucrières.  

Depuis 1990, la superficie en pommes de terre a plus que triplé avec une augmentation de 30 000 ha. Les marges brutes potentiellement élevées observées ces dernières années peuvent expliquer l’engouement des agriculteurs pour cette culture.

Grâce à des conditions pédo-climatiques favorables et à la présence d’industries de transformation importantes sur son territoire, la province de Hainaut concentre à elle seule 50 % de la production wallonne de pommes de terre.

La superficie de pommes de terre a également augmenté en Flandre mais de manière moins accentuée qu’en Wallonie. Alors qu’en 1990, la Wallonie participait pour 27 % de la superficie belge dédiée à la pomme de terre, aujourd’hui, cela représente 44 %.

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Evolution au cours du temps des superficies de pommes de terre

Venue d’Amérique, la pomme de terre a mis longtemps avant de s’implanter dans notre région. Cependant, elle a acquis au XIXe siècle une place importante dans l’alimentation humaine, vu l’importance des rendements obtenus par rapport aux céréales. La place de la pomme de terre s’est maintenue tant que la production alimentaire s’est avérée à peine suffisante pour nourrir une population en forte croissance. L’exceptionnelle hausse de productivité observée dans le secteur agricole au cours du XXe siècle, et plus particulièrement après la seconde guerre mondiale, a entrainé un recul des surfaces de la pomme de terre, plus consommée pour ses apports nutritionnels que pour ses qualités gustatives. L’amélioration du niveau de vie a également détourné les consommateurs d’un produit généralement considéré comme l’aliment du pauvre. Dans les années 70, on constate un accroissement de la production grâce à de nouveaux débouchés avec le développement de l’industrie de transformation.

Depuis les années 90, le nombre d’hectares attribués à la culture des pommes de terre ne cesse de croitre sous l’influence d’une part de la demande galopante en produits transformés sur les marchés mondiaux, et d’autre part du manque régulier de rentabilité des autres grandes cultures principales (céréales et betterave sucrière). La croissance continue de la restauration rapide (fast-foods), l’amélioration du pouvoir d’achat et le développement du tourisme ont dopé la consommation mondiale en frites surgelées et autres préparations à base de pomme de terre (dont les chips). Le climat tempéré humide, les sols profonds et le savoir-faire des producteurs placent le rendement belge parmi les plus élevés du monde. Les usines de transformation se sont installées à grande échelle dans l’ouest du pays, au cœur du bassin de production nord-ouest européen, et à proximité des ports d’exportation (Anvers, Rotterdam, Dunkerque), générant ainsi une compétitivité inégalée dans le monde pour les produits finis.

Le respect de conditions agronomiques et phytosanitaires correctes doit néanmoins amener les surfaces belges de pommes de terre à ne pas dépasser 100.000 ha, et la superficie wallonne ne pas aller au-delà de 45.000 ha (FIWAP).
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