Cette fiche présente les grands évènements ayant influencé l’agriculture wallonne durant l’année étudiée. Les impacts peuvent être de différente nature et d’intensité variable.

En 2020, on épinglera, bien sûr, la crise de la Covid-19 qui a différemment impacté les différents secteurs agricoles.

En 2020, avec le confinement et les différentes restrictions, la Covid-19 a fortement impacté le secteur agricole

En Belgique, le secteur de la pomme de terre a particulièrement été touché, durant cette année. Dès le début du confinement, la fermeture des établissements de restauration rapide ainsi que les difficultés d’exportation ont impacté directement la transformation de la pomme de terre (essentiellement la production de frites). Alors que le confinement a permis le retour de la pomme de terre au sein du panier des ménages, la période du premier confinement correspondait, malheureusement, aux pommes de terre nouvelles, soit des pommes de terre provenant principalement de l’étranger. La part de pommes de terre fraîche étant relativement faible, des mesures d'aides ont été mises en place pour stabiliser le marché liés aux stocks wallons importants de pommes de terre destinées à la transformation (Règlement d’exécution (UE) 2020/593) .

Le secteur porcin se porte mal en Belgique durant cette année 2020, et ce, pour plusieurs raisons. D'une part, l'offre est abondante suite aux arriérés d'abattage, conséquence des restrictions dûes à la crise sanitaire. Renforcée par un flux de porcs engraissés n'ayant pas diminué, elle n'a fait qu'augmenter saturant le marché belge. D'autres pays producteurs de porcs sont également confrontés à ce problème, ce qui met sous pression l'ensemble du marché porcin européen. De plus, en raison de la présence de la peste porcine africaine en Allemagne, cette dernière a perdu l'accès à la plupart des marchés d'exportation vers des pays tiers (principalement la Chine). L'Allemagne représente 22 % du total des exportations européennes de porc. Ces porcs se retrouvent désormais sur le marché européen, participant à la saturation du marché et par conséquence à la baisse des prix. D'autre part la demande est faible à cause de la Covid. La fermeture des restaurants et des cantines en Belgique et les difficultés d’exportations européennes en dehors de l'UE n'ont pas permis d'absorber l'ensemble de l'offre. L'ensemble des maillons de production est touché par cette situation. En effet, les prix des porcelets ont chuté de 73 % en 2020, en raison de la baisse de la demande en porcelets. Le retard d'abattage crée une pression d'espace dans les porcheries. Il n'y a pas de place pour de nouveaux porcelets, ce qui accentue la baisse de prix.

La crise sanitaire a favorisé la consommation de viande de bœuf locale, entraînant une augmentation des prix. En réponse à la crise de la Covid-19, la Commission européenne a ouvert, en mai 2020, une aide au stockage privé (Règlement d’exécution (UE) 2020/596). La mesure a eu peu de succès en Belgique. Les acteurs belges ont stocké peu de quartiers arrière entiers (éligibles à l’aide) préférant valoriser certaines parties des quartiers arrière en haché, fort demandé durant la crise. Du stockage de morceaux "nobles", plus compliqués à vendre, a bien été effectué mais sans intervention européenne.

Le prix du lait est resté bas en 2020, ne dépassant pas, néanmoins, les prix du lait de 2015 et 2016, historiquement les plus bas suite à la suppression des quotas laitiers. Il faut noter que la fermeture de l’HoReCa et des collectivités suite au Coronavirus a entraîné une diminution des ventes de produits à haute valeur ajoutée.

En 2020, le secteur de la volaille est également confronté à des prix très bas en raison de la pandémie de Covid-19. Par ailleurs, la présence de foyers d'influenza aviaire hautement pathogène (variantes H5) à l'automne 2020 dans divers États membres a exercé une pression encore plus forte sur le marché. Fin novembre, la Belgique a été touchée par une épidémie de H5N5 dans un élevage avicole professionnel. En conséquence, le pays a perdu son statut indemne de grippe aviaire et les exportations ont été mises en péril par divers embargos. La production d'œufs a également été affectée par l'épidémie de grippe aviaire. La production en volaille de chair, en 2020 est 10% supérieure à celle de 2019 alors que les stocks de produits congelés dans les abattoirs sont élevés et n'ont pu être écoulés comme prévu suite à la réouverture tardive des restaurants et des collectivités, et à l’absence de reprise des exportations. Les couvoirs ont ainsi proposé à des prix intéressants des poussins pour se maintenir ce qui a favorisé la mise en place de nouvelles rondes et donc l’augmentation de l’offre.

L’impact de la Peste Porcine Africaine est toujours présent en 2020

Le 27 octobre 2020, la Belgique a introduit une demande auprès de la Commission européenne et de l’Organisation mondiale de la Santé animale (OIE) pour récupérer son statut « indemne » de peste porcine africaine dans la faune sauvage, et ce 7,5 mois après la découverte du dernier individu positif sous forme d’ossements.  La Commission européenne a accepté la demande belge le 20 novembre sur base des preuves apportées par l’AFSCA et la Wallonie validant l’absence de circulation du virus dans la faune sauvage depuis septembre 2019, et supprimant ainsi la Belgique de la liste des pays infectés par cette maladie. Le 19 novembre, la Commission européenne a approuvé la levée des zones réglementées PPA en Belgique, équivalant au statut indemne.

Sur le plan international, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine a eu un impact sur les prix, tandis que l’embargo russe et les accords du Mercosur restent en toile de fond

En novembre 2020, Vladimir Poutine a prolongé pour la sixième fois et pour une durée d’un an l’embargo russe sur les produits alimentaires occidentaux. Cet embargo a été mis en place en 2014 suite aux sanctions décrétées par les américains et les européens contre Moscou pour son rôle dans la crise ukrainienne. Durant ces 5 ans d’embargo, la Russie a réussi à augmenter de 10 % la couverture de ses besoins alimentaires, conduisant ce pays a une autonomie de quasiment 80 %. De son côté, l’Europe a prolongé ses sanctions économiques contre la Russie pour son rôle joué dans la crise ukrainienne.

Le "spectre" du Mercosur plane toujours sur le monde agricole en 2020.  Cet accord de libre-échange entre le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et l’Union européenne, revêt d'une grande importance géostratégique et économique pour cette dernière. C’est le plus important accord commercial jamais négocié par l’Union européenne, représentant un marché de plus de 300 millions d’habitants. En juin 2019, un accord de principe a été passé à la suite d’une vingtaine d’années de négociation. Bien que l’accord du Mercosur ne soit pas encore définitif en 2020, il laisse planer des doutes sur le monde agricole. Concrètement, il va permettre de faciliter les exportations européennes et belges de voitures, produits chimiques et produits pharmaceutiques vers l’Amérique latine. En échange, les pays d’Amérique du Sud pourront exporter de la viande bovine. Le secteur agricole européen et wallon, déjà déstabilisé par une baisse de la consommation et une légère surproduction de viande en Europe, craint d’être submergé par des produits concurrents à moindre prix et des conditions d’élevage moins contraignantes : utilisation de glyphosate, pas de respect de la traçabilité, absence de normes environnementales, nourrissage aux hormones, etc., sont autant de problématiques soulevées quant aux produits qui seront importés.

Les impacts sur notre agriculture...

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