En résumé : En 2024, au départ d’une marge brute de 498 €/UGB bovin, l’exploitation spécialisée en bovins viandeux obtient un excédent brut proche de 669 €/UGB bovin et un revenu agricole de 35 605 € par unité de travail familial. Si ces indicateurs présentent des valeurs plus élevées que la moyenne des dix années précédentes, voire les plus élevées depuis 2010, elles sont bien en dessous des valeurs de l’exploitation moyenne wallonne. Derrière, ces valeurs moyennes, se cache une grande disparité de situations. Les écarts de revenus entre les exploitations les plus performantes et les moins performantes sont de l’ordre de 70 000 € par unité de travail.

   Marge    -     Excédent    -     Revenus 
 

Marge brute

La marge brute traduit l’efficacité avec laquelle l’exploitation génère des produits au moyen de ses charges opérationnelles affectées. En 2024, elle est de 498 €/UGB bovin, soit 598 € en excluant les travaux par tiers. Bien qu’inférieur au niveau de 2022, elle est bien supérieure à la moyenne des dix dernières années qui est de 399 €/UGB bovin. 

Pour analyser spécifiquement l’activité des bovins et des cultures fourragères de ces exploitations, il est possible calculer la marge brute des bovins et des cultures fourragères qui est de 411 €/UGB bovin (492 €/UGB bovin sans les travaux par tiers dans les charges). 

Exprimée par hectare de SAU, elle atteint 665 €/ha, contre 564 €/ha en moyenne décennale, mais reste très inférieure à celle de lexploitation wallonne moyenne (1 479 €/ha).

Calcul de la marge brute de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Calcul de la marge brute de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Calcul de la marge brute de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Evolution de la marge brute de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UGB bovin

Evolution de la marge brute de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UGB bovin

Evolution de la marge brute de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UGB bovin

 

L’excédent brut de l’exploitation

L’excédent brut d’exploitation [EBE] est le résultat de la soustraction des charges réelles de l’exploitation (hors amortissements et intérêts) au total des produits des activités (produits exceptionnels non compris) et des aides récurrentes. Il doit permettre de rémunérer la main-d’œuvre familiale et de financer les investissements.

En 2024, les aides reçues par ces exploitations viandeuses ont augmenté de façon plus marquée que les charges de structure intervenant dans le calcul de l’EBE.

Cela impacte positivement l’EBE qui s’élève à 669 €/UGB bovin et atteint la valeur la plus élevée observée depuis 2010. Il est donc bien supérieur à la moyenne des dix dernières années (504 €/UGB bovin). Avant 2020, cet indicateur dépassait rarement les 500 €/UGB bovin, ce qui souligne une amélioration de la situation depuis cette date.

Exprimé par hectare de SAU, l’EBE atteint 893 €, une valeur qui ne représente qu’environ deux tiers de celle observée dans l’exploitation type wallonne.

Calcul de l'excédent brut d'exploitation de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Calcul de l'excédent brut d'exploitation de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Calcul de l'excédent brut d'exploitation de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Evolution de l'excédent brut de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UGB bovin

Evolution de l'excédent brut de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UGB bovin

Evolution de l'excédent brut de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UGB bovin

 

Revenus

- Par UGB bovin

Après avoir analysé la rentabilité via la marge brute et l’excédent brut d’exploitation, il est naturel de poursuivre avec les indicateurs de revenu : le revenu du travail et du capital familial ou revenu agricole et le revenu du travail total. Ces deux notions sont complémentaires. Le premier représente le résultat économique global de l’exploitation, destiné à rémunérer le travail des exploitants non-salariés ainsi que le capital investi. Le second permet de comparer les exploitations entre elles, en neutralisant les effets liés à la propriété ou au financement. Il reflète la capacité de l’exploitation à rémunérer la main-d’œuvre, salariée ou non.

En 2024, le revenu agricole atteint 474 €/UGB bovin (632 €/ha de SAU), tandis que le revenu du travail s’élève à 309 €/UGB bovin (413 €/ha de SAU). Ces montants sont les plus élevés observés depuis 2010.

Calcul des revenus de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Calcul des revenus de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Calcul des revenus de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Evolution des revenus de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UGB bovin

Evolution des revenus de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UGB bovin

Evolution des revenus de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UGB bovin

 

- Par unité de travail

Pour évaluer plus finement la gestion individuelle, notamment la capacité à rémunérer la main-d’œuvre familiale et le capital, il est essentiel de raisonner en €/unité de travail familiale [UTF]. Le revenu agricole atteint ainsi 35 605 €/UTF en 2024, bien au-dessus de la moyenne décennale (20 495 €/UTF), mais reste cependant toujours inférieur à celui de l’exploitation wallonne moyenne (50 650 €/UTF).

Il est également pertinent d’examiner le revenu du travail par unité de travail totale [UT], qui reflète la capacité de l’exploitation à rémunérer l’ensemble de la main-d’œuvre (salariée ou non) et intègre l’évolution de sa performance. Ce revenu, exprimé en brut, permet des comparaisons dans des conditions équivalentes, indépendamment du statut foncier ou du mode de financement.

En 2024, le revenu du travail total s’élève à 22 895 €/UT, en nette progression par rapport à la moyenne des dix dernières années (9 390 €/UT), mais toujours en retrait par rapport à l’exploitation wallonne (37 234 €/UT).

Evolution des revenus de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UT (familiale ou totale)

Evolution des revenus de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UT (familiale ou totale)

Evolution des revenus de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux par UT (familiale ou totale)

 

- Disparité

Comme pour les autres orientations technico-économiques, la moyenne masque une forte variabilité des situations. Près de 17 % des exploitations spécialisées en bovins viandeux présentent un revenu du travail négatif, tandis que 2 % dépassent les 100 000 €/UT.

Répartition des exploitations spécialisées en bovins viandeux selon le revenu du travail total par UT en 2024

Répartition des exploitations spécialisées en bovins viandeux selon le revenu du travail total par UT en 2024

Répartition des exploitations spécialisées en bovins viandeux selon le revenu du travail total par UT en 2024

 

Selon les performances

Classement des exploitations selon leur niveau de performance. Cette section se concentre sur un échantillon d’exploitations conventionnelles très spécialisées en production de bovins viandeux, réparties en trois groupes selon leur niveau de performance pour le revenu du travail par unité de travail : faible, moyenne et élevée. Cet échantillon d’analyse de groupes de performance diffère de l’exploitation type spécialisée en bovins viandeux par son mode de production et les seuils de sélection mais aussi par le fait qu’une simple moyenne arithmétique des valeurs individuelles est réalisée sans pondérer en fonction de leur représentativité. Les exploitations ainsi sélectionnées ont une superficie moyenne de 99 ha, dont plus de 90 % en surface fourragère, pour un cheptel de 260 bovins (soit 162 UGB), dont 95 vaches viandeuses. Elles sont donc en moyenne plus grande que l’exploitation type spécialisée en bovins viandeux.

- Marge brute

La marge brute des bovins et des cultures fourragères est supérieure de 372 €/UGB bovin dans les exploitations les plus performantes par rapport aux moins performants. Cet écart s’explique essentiellement par des produits plus élevés et par une meilleure maîtrise des charges opérationnelles.

Exprimé par hectare de SAU, le différentiel entre les groupes extrêmes atteint 464 €, illustrant les effets combinés de l’intensification et de l’efficacité économique.

Signalons que la structure des exploitations n’est pas la même selon le niveau de performances. Ainsi, les exploitations les plus performantes sont de taille supérieure avec 120 ha de SAU et 183 UGB, tandis que les moins performantes ne gèrent que 81 ha avec 149 UGB.

Marge brute des bovins et des cultures fourragères selon le niveau de performance de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Marge brute des bovins et des cultures fourragères selon le niveau de performance de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Marge brute des bovins et des cultures fourragères selon le niveau de performance de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

 

- Revenus

Le revenu agricole atteint 86 485 €/UTF dans les exploitations les plus performantes, contre 14 017 €/UTF pour les moins performantes. L’écart observé au niveau de la marge brute par UGB se creuse encore davantage en considérant les revenus, car les exploitations les plus performantes gèrent un nombre de bovins par unité de travail plus élevé.

En termes de revenu du travail par UT, les plus performants dégagent 66 666 €/UT, tandis que ce revenu est négatif pour les exploitations les moins performantes.

Revenus par unité de main-d'œuvre selon le niveau de performance de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Revenus par unité de main-d'œuvre selon le niveau de performance de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

Revenus par unité de main-d'œuvre selon le niveau de performance de l'exploitation spécialisée en bovins viandeux en 2024

 

- Coûts de production

Dans ces exploitations hyper spécialisées, où la production est quasi exclusivement bovine, il est possible d’estimer le coût de production en additionnant l’ensemble des charges liées à cette activité. Il s’élève à 1 874 €/UGB bovin pour les plus performants, contre plus de 2 091 €/UGB bovin pour les moins performants.

En déduisant les produits autres que la valorisation de la viande (notamment les aides), le prix de revient s’établit à 1 258 €/UGB bovin pour les plus performants et 1 658 €/UGB bovin pour les moins performants. En excluant la rémunération de la main-d’œuvre familiale, ce prix de revient descend respectivement à 721 et 1 048 €/UGB bovin.