En rĂ©sumĂ© : Au dĂ©part d’une marge brute de l’ordre de 34,6 â‚¬/100 l de lait, l’exploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers obtient un excĂ©dent brut proche de 29,6 â‚¬/100 l de lait et un revenu agricole de presque 62 556 â‚¬ par unitĂ© de travail familial. C’est nettement plus que la moyenne des dix dernières annĂ©es de 40 385 â‚¬/UTF. Cependant, derrière cette moyenne se cache une grande disparitĂ© de situations avec plus de 9 % des exploitations ayant un revenu du travail nĂ©gatif. L’analyse de groupes de performance au niveau du revenu, montre que les plus performants dĂ©gagent un revenu agricole par 100 l de lait trois fois supĂ©rieur Ă  celui des moins performants.

   Marge    -     ExcĂ©dent    -     Revenu  
 

Marge brute

La marge brute traduit l’efficacitĂ© avec laquelle l’exploitation gĂ©nère des produits au moyen de ses charges opĂ©rationnelles affectĂ©es. En 2024, elle est de 34,6 â‚¬/100 l de lait (38,6 â‚¬/100 l de lait, travaux par tiers exclus des charges). La marge brute pour les exploitations spĂ©cialisĂ©es en bovins laitiers en 2024 est nettement supĂ©rieure Ă  la moyenne des dix annĂ©es prĂ©cĂ©dentes qui est de l’ordre de 26,4 â‚¬/100 l de lait, sans atteindre la valeur très Ă©levĂ©e de 2022.

Pour analyser spĂ©cifiquement l’activitĂ© des bovins et des cultures fourragères de ces exploitations, il est possible d’en calculer la marge brute. Celle-ci est de 32,2 â‚¬/100 l de lait (35,6 â‚¬/100 l de lait sans les travaux par tiers dans les charges).Cette approche permet d’isoler la rentabilitĂ© rĂ©elle de la production bovine et fourragère, en mettant en Ă©vidence l’impact direct des choix techniques et organisationnels sur la performance Ă©conomique.

ExprimĂ©e par vache laitière ou par ha de SAU, la marge brute de l’exploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers est respectivement de 2 303 â‚¬ et de 2 265 â‚¬.

Calcul de la marge brute en 2024

Calcul de la marge brute en 2024

Calcul de la marge brute en 2024

Evolution de la marge brute de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par 100 l de lait

Evolution de la marge brute de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par 100 l de lait

Evolution de la marge brute de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par 100 l  de lait

Après la crise laitière de 2009, la marge brute des exploitations spécialisées en bovins laitiers va s’améliorer bien qu’elle connaitra encore trois très mauvaises années 2012, 2015 et 2016. De 2017 à 2021, la marge brute de ces exploitations va être très stable. En 2022, la hausse des prix du lait va conduire à une marge exceptionnellement élevée. Elle redescendra ensuite en 2023, les prix du lait étant toujours corrects, ce sont les charges qui restent à un niveau élevé et dont la baisse ne se marque qu’à partir de 2024.

Après la crise laitière de 2009, la marge brute des exploitations spécialisées en bovins laitiers va s’améliorer bien qu’elle connaitra encore trois très mauvaises années 2012, 2015 et 2016. De 2017 à 2021, la marge brute de ces exploitations va être très stable. En 2022, la hausse des prix du lait va conduire à une marge exceptionnellement élevée. Elle redescendra ensuite en 2023, les prix du lait étant toujours corrects, ce sont les charges qui restent à un niveau élevé et dont la baisse ne se marque qu’à partir de 2024.

 

Excédent brut

L’excédent brut d’exploitation [EBE] est le résultat de la soustraction des charges réelles de l’exploitation (hors amortissements et intérêts) au total des produits des activités (produits exceptionnels non compris) et des aides récurrentes. Il doit permettre de rémunérer la main d’œuvre familiale et de financer les investissements.

L’excĂ©dent brut de l’exploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers, exprimĂ©s par 100 l, atteint en 2024 une valeur de 29,6 â‚¬. A titre de comparaison, la moyenne des dix annĂ©es prĂ©cĂ©dentes cet EBE atteint une valeur de 22,5 â‚¬/100 l de lait.

A la différence de la marge brute, l’EBE prend en considération les aides ainsi que les charges fixes réelles. Etant donné que les éléments cités évoluent lentement dans le temps, l’évolution de ces deux indicateurs de rentabilité est relativement similaire.

 Lorsqu’il est exprimĂ© par vache ou par ha de SAU, cet excĂ©dent brut atteint respectivement 1 970 â‚¬ et 1 938 â‚¬.

Calcul de l’excédent brut d’exploitation en 2024

Calcul de l’excédent brut d’exploitation en 2024

Calcul de l’excédent brut d’exploitation en 2024

Evolution de l'excédent brut de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par 100 l de lait

Evolution de l'excédent brut de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par 100 l de lait

Evolution de l'excédent brut de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par 100 l de lait

L’excĂ©dent brut n’a jamais dĂ©passĂ© 23,5 â‚¬/100 l de lait de 2010 Ă  2021 avant de dĂ©passer 36 â‚¬/100 l de lait en 2022 alors qu’à l’opposĂ© l’annĂ©e 2016 est la plus mauvaise avec un excĂ©dent qui plonge Ă  13,8 â‚¬/100 l de lait.

L’excĂ©dent brut n’a jamais dĂ©passĂ© 23,5 â‚¬/100 l de lait de 2010 Ă  2021 avant de dĂ©passer 36 â‚¬/100 l de lait en 2022 alors qu’à l’opposĂ© l’annĂ©e 2016 est la plus mauvaise avec un excĂ©dent qui plonge Ă  13,8 â‚¬/100 l de lait.

 

Revenu

- Par 100 l de lait

En 2024, le revenu agricole ou revenu du travail et capital familial monte Ă  une valeur de 20,5 â‚¬/100 l de lait. Il est la diffĂ©rence entre d’une part, la valorisation de l’ensemble des productions de l’exploitation et des autres produits (hormis les produits de nature exceptionnelle : ventes d’avoirs, …) et, d’autre part, l’ensemble des charges rĂ©elles (sauf les charges exceptionnelles). Ce montant sert Ă  rĂ©munĂ©rer le travail des non-salariĂ©s, c’est-Ă -dire les exploitants eux-mĂŞmes, et le capital investi dans l’exploitation.

Le revenu du travail s’établit Ă  17,7 â‚¬/100 l de lait. Il est le rĂ©sultat Ă©conomique de l’exploitation, après avoir couvert l’ensemble des charges rĂ©elles (hors main d’œuvre) et les charges calculĂ©es sur les capitaux en propriĂ©tĂ© engagĂ©s par l’exploitant dans l’entreprise (fermages nets sur terres en propriĂ©tĂ© et intĂ©rĂŞts sur capital d’exploitation propre). Dans ce revenu, on suppose que le mode de rĂ©munĂ©ration des facteurs de production (terre, capital et travail) soit le mĂŞme dans toutes les exploitations. Aucune distinction n'est faite entre les fonds propres et le capital empruntĂ©, ni entre le fait d’être ou non propriĂ©taire et ni entre le travail non salariĂ© et le travail salariĂ©.

Le revenu agricole est plus pertinent pour parler de la gestion individuelle de l’exploitation tandis que le revenu du travail permet de placer les exploitations dans un référentiel commun de comparaison. Le revenu du travail facilite la comparaison entre exploitations (locataires ou propriétaires) et au fil du temps (pas d’impact des intérêts fluctuants).

Tant pour le revenu agricole que pour le revenu du travail, l’annĂ©e 2024 enregistre une hausse de presque 3 â‚¬/100 l de lait par rapport Ă  2023, et ces revenus sont environ 6 â‚¬/100 l de lait supĂ©rieurs aux valeurs moyennes des dix annĂ©es prĂ©cĂ©dentes.

ExprimĂ©s par vache laitière, le revenu agricole et le revenu du travail sont respectivement de 1 362 â‚¬ et 1 177 â‚¬. RamenĂ©s par ha de SAU, ces revenus sont de 1 339 â‚¬ et de 1 157 â‚¬.

Calcul des revenus en 2024

Calcul des revenus en 2024

Calcul des revenus en 2024

Evolution des revenus de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par 100 l de lait

Evolution des revenus de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par 100 l de lait

Evolution des revenus de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par 100 l de lait

 

- Par unité de travail

Concernant la gestion individuelle de l’exploitation et plus particulièrement la main-d’œuvre familiale, le revenu agricole est un indicateur pertinent. Sa valeur doit, en principe permettre de rémunérer une unité de main-d’œuvre familiale [UTF] et le capital qu’elle apporte dans l’exploitation.

Le revenu agricole atteint, en 2024, une valeur de 62 556 â‚¬/UTF pour l’exploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers. C’est bien supĂ©rieur Ă  la moyenne des dix dernières annĂ©es qui est de 40 385 â‚¬/UTF.

D’autre part, il est également intéressant de déterminer le revenu du travail par unité de travail total [UT]. Cette valeur indique la capacité de l’exploitation à rémunérer la main-d’œuvre salariée et non salariée et intègre l’évolution de la performance du travail de la main-d’œuvre. Ce revenu correspond à une rémunération brute, les charges sociales doivent encore y être prélevées. Il permet de comparer et de suivre l’évolution de la capacité des exploitations à rémunérer la main-d’œuvre en les plaçant dans des situations comparables (propriétaire ou non et taux d’intérêts fixe).

En 2024, ce revenu du travail atteint, en moyenne, 47 525 â‚¬/UT pour l’exploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers, mieux que la moyenne des dix annĂ©es prĂ©cĂ©dentes de 31 047 â‚¬/UT et plus de 10 000 â‚¬/UT supĂ©rieur au revenu du travail de l’exploitation wallonne. C’est cependant en net retrait par rapport Ă  2022 oĂą le revenu du travail par UT avait frĂ´lĂ© les 70 000 â‚¬.

Evolution des revenus de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par UT (familiale

Evolution des revenus de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par UT (familiale

Evolution des revenus de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers par UT (familiale

 

- Disparité

Derrière ces valeurs moyennes se cache une grande disparitĂ© entre exploitations. Presque une exploitation sur sept a un revenu du travail par unitĂ© de travail total supĂ©rieur Ă  100 000 â‚¬/UT, et Ă  l’inverse environ 9 % obtient un revenu nĂ©gatif. Pour ces dernières, cela traduit que l’exploitation n’est pas en mesure de fournir une rĂ©munĂ©ration au travail et au capital investi du mĂŞme niveau que celui retenu pour ces charges calculĂ©es (travail familial et intĂ©rĂŞt sur le capital investi). La variabilitĂ© est liĂ©e Ă  une sĂ©rie d’élĂ©ments dont certains sont parfois indĂ©pendants de la bonne ou mauvaise gestion de l’exploitant (localisation, santĂ©, âge, …).

Répartition des exploitations spécialisée en bovins laitiers selon le revenu du travail total par UT en 2024

Répartition des exploitations spécialisée en bovins laitiers selon le revenu du travail total par UT en 2024

Répartition des exploitations spécialisée en bovins laitiers selon le revenu du travail total par UT en 2024

 

Selon la performance

Classement des exploitations selon leur niveau de performance

Cette section se concentre sur un Ă©chantillon d’exploitations conventionnelles très spĂ©cialisĂ©es en production de bovins laitiers, rĂ©parties en trois groupes selon leur niveau de performance pour le revenu du travail par unitĂ© de travail : faible, moyenne et Ă©levĂ©e. Cet Ă©chantillon d’analyse de groupes de performance diffère de l’exploitation type spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers par son mode de production et les seuils de sĂ©lection mais aussi par le fait qu’une simple moyenne arithmĂ©tique des valeurs individuelles est rĂ©alisĂ©e sans pondĂ©rer en fonction de leur reprĂ©sentativitĂ©. Les exploitations ainsi sĂ©lectionnĂ©es ont une superficie moyenne de 84,1 ha pour 99 vaches laitières avec un rendement laitier de 7 072 l/vache. Elles sont donc en moyenne un peu plus grande que l’exploitation type spĂ©cialisĂ©e en bovins laitiers et avec une production par vache un peu supĂ©rieure.

 

- Marge brute

La diffĂ©rence de marge brute des bovins et des cultures fourragères exprimĂ©e par 100 l de lait entre les groupes de performances montre un moins bon rĂ©sultat pour le groupe des moins performants. Ces derniers ont une marge brute des bovins et cultures fourragères de l’ordre de 31,9 â‚¬/100 l de lait alors qu’elle est de l’ordre de 37,8 â‚¬/100 l de lait pour les meilleurs. La diffĂ©rence s’explique par des produits des bovins et cultures fourragères plus importants pour le groupe de performance Ă©levĂ©e. Cela Ă©tant amplifiĂ© par le fait que leurs charges opĂ©rationnelles affectĂ©es sont Ă©galement infĂ©rieures.

Les valeurs exprimĂ©es par vache montrent, en 2024, que les exploitations laitières spĂ©cialisĂ©es les plus performantes ont un niveau de charges opĂ©rationnelles par vache un peu plus Ă©levĂ© que celui des moins performants. Toutefois, cet Ă©cart est largement compensĂ© par un produit supĂ©rieur liĂ© notamment Ă  un rendement laitier nettement plus Ă©levĂ© soutenu par un bon prix. Cette marge brute atteint 3 120 â‚¬/vache pour les plus performants alors qu’elle se limite Ă  1 779 â‚¬/vache pour les moins performants, soit un Ă©cart de plus de 1 300 â‚¬/vache entre les groupes extrĂŞmes.

RamenĂ©e par ha de superficie fourragère, la marge brute des bovins et cultures fourragères dĂ©passe 4 024 â‚¬/ha pour les plus performants alors qu’elle n’est qu’à 1 982 â‚¬/ha pour les moins performants.

Marge brute des bovins et des cultures fourragères selon le niveau de performance de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers en 2024

Marge brute des bovins et des cultures fourragères selon le niveau de performance de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers en 2024

Marge brute des bovins et des cultures fourragères selon le niveau de performance de l'exploitation wallonne spécialisée en bovins laitiers en 2024

 

- Revenus

En comparant le revenu du travail et capital familial par 100 l de lait, des diffĂ©rents groupes de performance, celui des plus performants atteint 24,3 â‚¬/100 l de lait alors qu’il est Ă  peine de 8,1 â‚¬/100 l de lait pour les moins performants, soit trois fois moins. Les revenus du travail total sont de 22,5 â‚¬/100 l de lait et 3,7 â‚¬/100 l de lait respectivement pour les plus et les moins performants.

En ramenant, ces revenus par vache, la diffĂ©rence est amplifiĂ©e car le rendement laitier des plus performants est supĂ©rieur. Ainsi le revenu du travail et capital familial des plus performants est de 2 009 â‚¬/vache laitière contre Ă  peine 452 â‚¬/vache laitière pour les moins performants. Les valeurs de revenu du travail total sont respectivement de 1 852 et 205 â‚¬/vache laitière pour ces deux groupes de performance extrĂŞmes.

Les Ă©carts observĂ©s entre les groupes de performance extrĂŞmes sont Ă  nouveau amplifiĂ©s lorsque l’on compare les revenus par unitĂ© de travail. En effet, Ă  l’écart de marge s’ajoute la plus grande productivitĂ© du travail pour les exploitations les plus performantes. Ainsi le revenu agricole du groupe le plus performant atteint 152 782 â‚¬ par UTF alors qu’il est d’à peine 20 378 â‚¬/UTF pour les moins performants. Concernant le revenu du travail par unitĂ© de travail total, les valeurs sont respectivement de 113 863 â‚¬/UT et de 8 514 â‚¬/UT.

- Coût de production

Pour ces exploitations très spĂ©cialisĂ©es, dont la production est exclusivement laitière, il est possible d’estimer le coĂ»t de production. Ce coĂ»t correspond Ă  la somme des charges nĂ©cessaires Ă  la production de lait. Il s’élève Ă  52,7 â‚¬ pour.100 l chez les exploitations les plus performantes, contre près de 82,3 â‚¬ pour 100 l chez les moins performantes.

En tenant compte des autres sources de produits prĂ©sentes sur l’exploitation, comme la valorisation du cheptel ou les aides, il est possible de calculer un prix de revient. Ce dernier correspond au coĂ»t de production diminuĂ© des produits autres que le lait. Le prix de revient atteint 41,8 â‚¬ pour 100 l chez les plus performants et 67,7 â‚¬ pour 100 l chez les moins performants.

Avec un prix du lait d’environ 49 â‚¬ pour 100 l en 2024, les exploitations les plus performantes parviennent Ă  couvrir leurs charges, y compris la rĂ©munĂ©ration du travail, tandis que les moins performantes n’y parviennent pas. En excluant la charge liĂ©e Ă  la main-d’œuvre familiale, le prix de revient descend Ă  29,6 â‚¬ pour 100 l chez les plus performants et Ă  44,5 â‚¬ pour 100 l chez les moins performants.

Revenus par unité de travail de l’exploitation spécialisée en bovins laitiers selon les niveaux de performances en 2024

Revenus par unité de travail de l’exploitation spécialisée en bovins laitiers selon les niveaux de performances en 2024

Revenus par unité de travail de l’exploitation spécialisée en bovins laitiers selon les niveaux de performances en 2024

Coût de production et prix de revient de la production des exploitations spécialisées en bovins laitiers selon les niveaux de performances en 2024

Coût de production et prix de revient de la production des exploitations spécialisées en bovins laitiers selon les niveaux de performances en 2024

Coût de production et prix de revient de la production des exploitations spécialisées en bovins laitiers selon les niveaux de performances en 2024