En résumé : En 2023, le rendement de la culture de betterave sucrière dépasse les 90 t/h, avec, cependant, une faible richesse en sucre. Sur le plan économique, le prix de cette culture en 2023 grimpe à 56,9 €/t. Si les charges opérationnelles affectées augmentent à 1 236 €/ha, la hausse très importante du produit de la culture (5 137 €/ha) conduit à une excellente marge brute de 3 902 €/ha. C’est la valeur la plus élevée depuis 2010. L’écart de performance entre exploitants au sein d’une même région, de l’ordre de 1 700 €/ha de marge brute, est toujours supérieur à la différence observée entre les régions. L’année 2024 est très différente, avec un rendement qui s’effondre à moins de 80 t/ha suite à un printemps humide ayant retardé les semis et pénalisé le rendement moyen. Au niveau économique, le prix est nettement plus faible alors que les charges restent pratiquement inchangées par rapport à 2023. La marge provisoire de 2024 est de l’ordre de 1 600 €/ha.
Superficie
En 2024, la superficie emblavée en betteraves sucrières atteint 38 811 ha. Cette culture se retrouve dans l’assolement de 29 % des exploitations wallonnes et y occupe en moyenne 11 ha.
- Différences régionales
Pour mieux analyser l’impact des régions agricoles sur les cultures commerçables, la Wallonie est subdivisée en trois « super-régions », considérées comme suffisamment homogènes en termes de pratiques culturales et de résultats : la zone « grandes cultures », la zone « herbagère » et le Condroz.
- 82 % des producteurs de betteraves sucrières sont situés au sein de la zone « grandes cultures » et cultivent 80 % de la superficie agricole utilisée [SAU] consacrée à cette culture. Ils y affectent, en moyenne, 10,3 ha de leur SAU. Parmi les producteurs de la zone « grandes cultures », un peu plus de la moitié emblave une partie de leur terre avec de la betterave sucrière.
- 18 % de la superficie emblavée en betteraves sucrières se situe dans le Condroz. Les « betteraviers » de cette région y consacrent, en moyenne, 12,6 ha de leur SAU.
- La culture de betteraves sucrières est anecdotique en zone « herbagère ».
- Au sein des OTE
La culture de betteraves sucrières est presque exclusivement gérée par des exploitations professionnelles, qui totalisent 38 578 ha répartis dans 3 452 exploitations. Les exploitations professionnelles spécialisées en grandes cultures et celles combinant cultures et bovins totalisent, ensemble, 87 % de la SAU emblavée en betteraves sucrières. Ces exploitants représentent 80 % des producteurs. A contrario, les exploitations spécialisées en élevage de bovins (laitiers ou viandeux ou combinant les deux) ne représentent que 14 % des cultivateurs pour 8 % de la SAU emblavée par cette culture, avec environ 6 ha par exploitation.
Rendement et prix
En 2024, le rendement de la culture de betteraves sucrières s’établit à moins de 80 t/ha. Ce mauvais rendement est bien inférieur à la moyenne des dix années antérieures (85 t/ha) et résulte des semis tardifs dû au printemps humide. En outre, la teneur en sucre est faible, de l’ordre de 16 %, comme en 2023. Le rendement de 2023 était cependant plus élevé avec 90 t/ha.
Pour l’année 2023, le prix de la betterave atteint une valeur élevée de 56,9 €/t. Pour 2024, la valeur provisoire est de 35,2 €/t, marquant une chute du prix suivant l’évolution du cours du sucre.
Evolution du rendement de la culture de betteraves sucrières et du prix de vente de sa racine
Le prix de la betterave est relativement corrélé à celui du sucre. Après une remontée entre 2010 et 2012, le prix de la betterave diminue et reste sous la barre des 30 €/t de 2017 à 2021. En 2022 et 2023, il enregistre une remontée très importante passant au dessus de 56 €/t en 2023. L’observation de l’évolution des rendements montre une période un peu chahutée de 2010 à 2017, avec des variations marquées, passant de 701 à 95 t/ha. De 2018 à 2023, les rendements seront nettement plus stables, proches de 87 t/ha avant de retomber en 2024.
Le prix de la betterave est relativement corrélé à celui du sucre. Après une remontée entre 2010 et 2012, le prix de la betterave diminue et reste sous la barre des 30 €/t de 2017 à 2021. En 2022 et 2023, il enregistre une remontée très importante passant au dessus de 56 €/t en 2023. L’observation de l’évolution des rendements montre une période un peu chahutée de 2010 à 2017, avec des variations marquées, passant de 701 à 95 t/ha. De 2018 à 2023, les rendements seront nettement plus stables, proches de 87 t/ha avant de retomber en 2024.
Rentabilité
- Produits
En 2023, le produit de la culture de betteraves sucrières s’établit à 5 137 €/ha. C’est nettement supérieur à la moyenne des 10 années précédentes (2 787 €/ha).
En 2024, le produit provisoire de la culture de betteraves sucrières s’établit à 2 810 €/ha. Ceci résulte de l’effet combiné des rendements et des prix, tous deux en baisse.
- Charges opérationnelles
En 2023, les charges opérationnelles affectées, hors travaux par tiers, pour la culture de betteraves sucrières s’élèvent à 1 236 €/ha, valeur nettement supérieure à la moyenne de 2013 à 2022 (911 €/ha). Parmi ces charges, les trois postes principaux, tous en hausse par rapport à 2022, se distinguent :
- Les engrais qui atteignent un montant de 459 €/ha en 2023 (357 €/ha en 2024).
- Les traitements phytosanitaires pour 435 €/ha (468 €/ha en 2024).
- Les semences avec 335 €/ha (370 €/ha en 2024).
En 2024, les charges opérationnelles provisoires, bien que les corrections du décompte final seront limitées pour ce poste, s’élèvent à 1 200 €/ha.
La culture de betteraves étant une tête de rotation, est relativement exigeante en fertilisation, notamment potassique. La fertilisation azotée pour les betteraves est de l’ordre de 125 à 130 unités/ha au cours des dix dernières années. Les apports de phosphore sont de l’ordre de 30 unités/ha et ceux de potassium atteignent 130 unités/ha.
A titre informatif, la charge relative aux travaux par tiers, en 2023, est de 441 €/ha, valeur supérieure à la moyenne de 2013 à 2022 qui est de 372 €/ha. En 2024, cette charge de travaux par tiers poursuit son augmentation et atteint provisoirement 450 €/ha.
Evolution des charges opérationnelles affectées à la culture de betteraves sucrières
Les charges opérationnelles affectées ont augmenté de 2010 à 2013, pour ensuite, se stabiliser entre 850 à un peu plus de 900 €/ha jusqu’en 2021. A partir de 2022, elles passent la barre des 1 200 €/ha. En 2022 et2023, la charge en engrais devient la plus importante et en 2024, ce sont les traitements phytosanitaires qui redeviennent le poste le plus élevé.
Les charges opérationnelles affectées ont augmenté de 2010 à 2013, pour ensuite, se stabiliser entre 850 à un peu plus de 900 €/ha jusqu’en 2021. A partir de 2022, elles passent la barre des 1 200 €/ha. En 2022 et2023, la charge en engrais devient la plus importante et en 2024, ce sont les traitements phytosanitaires qui redeviennent le poste le plus élevé.
- Marge brute
En 2023, la marge brute de la culture de betteraves sucrières atteint 3 902 €/ha, les travaux par tiers n’étant pas compris dans les charges opérationnelles affectées. Ce résultat équivaut au double de la moyenne des dix années précédentes (1 876 €/ha). En 2024, la marge brute provisoire s’écroule et redescend à 1 610 €/ha, conséquence d’un rendement et d’un prix en forte baisse.
En considérant la marge brute, travaux par tiers inclus, sa valeur s’établit à 3 461 €/ha, en 2023. De 2018 à 2021, cette marge brute est inférieure à celle de la culture de froment d’hiver, de chicorées, de pommes de terre et parfois même de l’épeautre. De 2022 à 2023, la betterave sucrière présente à nouveau une marge supérieure à ces cultures, à l’exception de la pomme de terre.
Différences régionales
En 2023, la différence observée au niveau des rendements de la culture de betteraves sucrières entre le Condroz et la zone « grandes cultures » est de 7 t/ha. Elle est moins importante que de coutume. Le prix de vente est tout à fait similaire, légèrement supérieur pour les exploitants du Condroz, la richesse étant identique dans les deux zones.
En 2024, la différence de rendement entre les super-régions, de l’ordre de 11 t/ha, semble à nouveau plus marquée. En effet, en 2024, le rendement moyen de la culture de betteraves sucrières pour les producteurs dans le Condroz est de l’ordre de 70,9 t/ha alors qu’il grimpe à 81,8 t/ha pour la zone « grandes cultures ».
Etant donné la quasi-absence de culture de betteraves sucrières dans la zone « herbagère », il est impossible d’y calculer une moyenne représentative.
La comparaison entre les producteurs situés dans la zone « grandes cultures » et ceux du Condroz révèle un différentiel de 282 €/ha de produit pour cette culture en 2023. Le produit total atteint 4 911 €/ha dans le Condroz et 5 192 €/ha dans la zone « grandes cultures ». Les données provisoires de 2024 montrent un différentiel du même ordre.
En 2023, le montant des charges opérationnelles affectées des producteurs condruziens est environ 160 €/ha inférieur à celui des producteurs de la zone « grandes cultures ».
En 2023, la marge brute de la culture de betteraves sucrières au sein de la zone « grandes cultures » atteint 3 923 €/ha, soit un peu plus de 100 €/ha en plus que dans le Condroz. Les produits un peu plus faibles obtenus dans cette région étant partiellement compensés par une légère économie sur les intrants.
Les données provisoires de 2024 montrent un différentiel de marge brute entre le Condroz et la zone « grandes cultures » de l’ordre de 250 €/ha à l’avantage de cette dernière.
Variabilité des performances
Pour analyser la variabilité des situations, les résultats des cultivateurs de betteraves sucrières de la zone « grandes cultures » sont classés dans trois groupes de performance en fonction de la marge brute du produit principal (hors travaux par tiers).
En 2023, les producteurs les plus performants atteignent des rendements de près de 102,5 t/ha, valorisés à un prix de 57,5 €/t. A l’opposé, les moins performants plafonnent avec un rendement de moins de 76,6 t/ha qu’ils valorisent à 56,1 €/t.
Pour 2024, la différence de rendement entre les groupes de performances est encore plus marquée et dépasse les 30 t/ha. Les moins performants se distinguent par un rendement moyen très faible de 63,4 t/ha.
Rendement de la culture de betteraves sucrières et prix de vente de sa racine de la zone "grandes cultures" selon le niveau de performance des exploitations en 2023
Rendement de la culture de betteraves sucrières et prix de vente de sa racine de la zone "grandes cultures" selon le niveau de performance des exploitations en 2023
En 2023, le différentiel de produit atteint pratiquement 1 600 €/ha entre les groupes extrêmes. Ainsi, les producteurs les moins performants, avec un rendement plus faible, obtiennent un produit de 4 294 €/ha alors que les plus performants obtiennent un produit de 5 891 €/ha. Les résultats provisoires de 2024 montrent des écarts d’un peu moins de 1 150 €/ha entre ces groupes de performances.
Au niveau des charges opérationnelles affectées, la comparaison des groupes de performance, ne montre pas de grandes différences entre eux. L’observation est la même avec les données provisoires de 2024. La différence entre les groupes s’opère donc essentiellement par un niveau de produit très différent plutôt que par une économie significative sur les intrants.
Charges opérationnelles affectées à la culture de betteraves sucrières dans la zone "grandes cultures" selon le niveau de performance des exploitations en 2023
Charges opérationnelles affectées à la culture de betteraves sucrières dans la zone "grandes cultures" selon le niveau de performance des exploitations en 2023
En 2023, les producteurs les plus performants dégagent une marge brute de 4 630 €/ha, alors que les moins performants arrivent à 2 927 €/ha, soit un écart de 1 700 €/ha. Si on intègre les travaux par tiers, ces valeurs tombent respectivement à 4 164 €/ha et 2 442 €/ha.