En résumé : En 2023, la production agricole et horticole wallonne atteint un record de 2,67 milliards d’euros, portée par le lait, la viande bovine et les pommes de terre. Cette hausse est principalement liée à l’augmentation des prix. La Wallonie contribue à environ 25 % de la valeur de la production agricole belge, avec un profil axé sur les grandes cultures et l’élevage bovin. Les consommations intermédiaires agricoles s’élèvent à 1,52 Mrd€, en forte hausse, notamment en raison du coût des aliments et des engrais. Comparée à la Flandre, la Wallonie présente une agriculture moins dépendante de l’énergie, mais plus liée à la terre. La valeur ajoutée brute, 1,14 Mrd€, représente près de 1 % du produit intérieur brut régional.
Valeur de la production agricole
En 2023, la valeur de la production agricole et horticole en Wallonie atteint 2,67 milliards d’euros, soit une baisse d’environ 3 % par rapport à 2022 —année exceptionnelle — mais en hausse de 30 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.
Cette légère baisse, par rapport à 2022, est liée à une diminution de l’effet volume, partiellement compensée par l’effet prix. En effet, l’effet volume est en recul, avec cependant des évolutions contrastées selon les secteurs. Dans les filières d’élevage, la baisse s’explique par une réduction des cheptels alors que les produits animaux (principalement le lait) sont en légère hausse. En production végétale, les conditions météorologiques relativement clémentes ont permis de limiter l’impact sur les rendements.
La production wallonne se répartit en trois grandes catégories :
- Les productions animales, représentant 1,42 Mrd€, soit 53 % de la valeur totale,
- Les grandes cultures, avec 1,00 Mrd€, soit 38 %,
- L’horticulture, avec 0,25 Mrd€, soit 9%.
Cette structure reflète l’orientation historique de l’agriculture vers l’élevage et les cultures de plein champ.
- Principaux produits agricoles
Parmi les productions agricoles trois filières dominent le paysage agricole wallon en 2023 :
- Le lait et ses dérivés avec 0,63 Mrd€.
- La viande bovine avec 0,52 Mrd€.
- Les pommes de terre avec 0,40 Mrd€.
Pendant une quinzaine d’années, le trio lait, viande et céréales dominait. En 2023, les pommes de terre ont remplacé les céréales. Les betteraves sucrières figuraient dans ce classement avant 2009, puis ont été remplacées par les céréales.
Lait
En 2023, le volume de lait livré en Wallonie progresse de 4% par rapport à 2022. Sur la même période la valeur du prix du litre de lait a fortement diminué ce qui a entrainé une chute de 20% de la valeur de la production laitière sur une année.
Viande bovine
Le marché de la viande bovine est favorable en 2023. Le volume de carcasses et le prix sont en légère hausse par rapport à 2022. Cette dynamique permet une hausse de la valeur de production bovine.
Pommes de terre
Alors que la superficie de pommes de terre est stable entre 2022 et 2023, les rendements sont en hausse (45,7 t/ha, soit un niveau supérieur à la moyenne des dix années précédentes (43,1 t/ha)). Contrairement à ce qui s’observe régulièrement, ce rendement élevé n’a pas entrainé une baisse des prix. Au contraire, le prix moyen a augmenté de 40 % par rapport à 2022. Cela permet une hausse de la valeur de production des pommes de terre.
Céréales
En 2023, le rendement du froment d’hiver est resté stable, proche de la moyenne des dix dernières années, malgré des conditions météorologiques peu favorables qui ont affecté les récoltes. Après 3 années de hausse successive, le prix de vente du grain de froment est descendu à 195 €/tonne soit la valeur observée en 2020. C’est plus de 80 €/tonne en moins qu’en 2022.
La valeur de production des céréales diminue par conséquent pour 2023.
Betteraves sucrières
En 2023, le rendement des betteraves sucrières reste stable à 90 t/ha, comme en 2022, même si leur teneur en sucre diminue légèrement (16 % au lieu de 17 %). Le prix des betteraves continue d’augmenter depuis 2021 et atteint un niveau record, porté par la hausse mondiale du sucre.
Ensemble, ces évolutions entraînent une hausse de la valeur de production des betteraves.
Wallonie vs Flandre
La Wallonie contribue pour un quart de la valeur de la production finale agricole belge, alors que sa superficie agricole utilisée (SAU) représente 55 % de la SAU nationale. Cette différence s’explique par des profils de production distincts entre les deux régions. En Wallonie, environ 80 % de la valeur provient des productions bovines (produits laitiers et viandeux) et des grandes cultures, notamment grâce à la valeur générée par les betteraves sucrières et le froment, qui assurent une contribution significative à la production belge dans ce segment. À l’inverse, la Flandre, avec une superficie plus réduite, est davantage tournée vers les cultures horticoles et les élevages de granivores, moins dépendants de la surface agricole, ce qui leur permet de générer 60 % de la valeur totale de la production flamande. Ces différences de spécialisation expliquent les écarts observés entre les deux régions.
Consommations intermédiaires
Les consommations intermédiaires représentent l’ensemble des biens et services utilisés au cours d’une année pour réaliser la production agricole. En 2023, leur valeur atteint 1,52 Mrd€, niveau comparable à 2022.
Parmi les postes les plus importants :
- Les aliments pour animaux représentent près de 36 % de la valeur totale, soit environ 0,50 Mrd€, en diminution de 5 % par rapport à 2022.
- Les engrais arrivent en seconde position avec 11 %, en diminution de 5 % par rapport à 2022.
Notons que les charges énergétiques (carburants, gaz, etc.) après avoir subi une inflation en 2022 diminuent en 2023.
Variation des indices de valeur, de volume et de prix des consommations intermédiaires wallonnes
Après une période de relative stabilité, une forte hausse est enregistrée en 2021, principalement liée à l’augmentation des prix. En 2022, cette tendance se poursuit, mais cette fois, l’effet volume devient plus significatif que l’effet prix. Cette évolution reflète une intensification des pratiques agricoles, mais aussi une dépendance accrue à certains intrants.
Après une période de relative stabilité, une forte hausse est enregistrée en 2021, principalement liée à l’augmentation des prix. En 2022, cette tendance se poursuit, mais cette fois, l’effet volume devient plus significatif que l’effet prix. Cette évolution reflète une intensification des pratiques agricoles, mais aussi une dépendance accrue à certains intrants.
- Wallonie vs Flandre
Les consommations intermédiaires wallonnes présentent un profil différent de celles de la Flandre. Dans le nord du pays, près des deux tiers des consommations concernent les aliments et l’énergie, contre 50 % en Wallonie. Cette différence s’explique par la spécialisation flamande dans les cultures horticoles et les élevages de granivores, qui nécessitent davantage d’énergie (éclairage, chauffage, ventilation) et consomment peu de fourrages, au profit d’aliments composés achetés.
Valeur ajoutée brute
La valeur ajoutée brute représente la richesse réellement créée par le secteur agricole, une fois déduites les consommations intermédiaires (engrais, aliments, énergie, etc.) de la valeur de la production. Elle constitue un indicateur essentiel pour évaluer la rentabilité et la contribution économique de l’agriculture à l’économie régionale.
En 2023, la valeur de la production agricole et horticole en Wallonie s’élève à 2,67 milliards d’euros, tandis que les consommations intermédiaires atteignent 1,52 Mrd€. La valeur ajoutée brute peut donc être estimée à environ 1,14 Mrd€, soit près de 1 % du produit intérieur brut régional estimé à environ 120 milliards d’euros. Ce chiffre confirme le poids relativement faible du secteur agricole dans l’économie wallonne. Vu que la population agricole représente 1% des travailleurs actifs de la Wallonie la valeur ajoutée brute de leur travail correspond bien à sa force de travail.