Cette fiche positionne les terrains agricoles de Wallonie par rapport au reste du territoire selon leur utilisation, c’est-Ă -dire leur fonction ou leur usage. La totalitĂ© de la superficie des terrains agricoles n’est pas exploitĂ©e, ce qui entraine une diffĂ©rence entre cette superficie et la superficie agricole utilisĂ©e.

La Wallonie couvre un peu plus de la moitiĂ© de la superficie continentale belge. Les terrains agricoles couvrent la moitiĂ© de la Wallonie, mais seuls 85 % de ces derniers sont exploitĂ©s et font partie de la superficie agricole utilisĂ©e (SAU). Vu l’importance des terrains agricoles dans l’occupation du sol, le secteur de l'agriculture joue un rĂŽle important dans le façonnement des paysages. Cependant, ce territoire est grignotĂ© d’annĂ©e en annĂ©e par l’artificialisation.

Une utilisation du sol majoritairement agricole et forestiĂšre

Avec 16 900 kmÂČ, la Wallonie reprĂ©sente 55 % de la superficie globale de la Belgique qui s’étend sur une superficie terrestre de 30 689 kmÂČ. Le territoire wallon peut ĂȘtre rĂ©parti selon trois catĂ©gories d’occupation du sol : les terrains non artificialisĂ©s (84 % du territoire) comprenant les terrains agricoles, les terrains boisĂ©s et autres, les terrains artificialisĂ©s (11 %), et les terrains de nature inconnue (5 %).

En Wallonie, les terrains agricoles reprĂ©sentent la moitiĂ© du territoire total (8 724 km2), 85 % de ces terrains sont exploitĂ©s et constituent la superficie agricole utilisĂ©e (SAU). Les terrains boisĂ©s occupent quant Ă  eux 29 % du territoire wallon. Les milieux semi-naturels, les zones humides et les surfaces en eau, qui constituent les autres terrains non artificialisĂ©s, couvrent Ă  peine 3 % du territoire.

Utilisation du territoire en 2021

Utilisation du territoire en 2021

Utilisation du territoire en 2021

 

MĂȘme si le phĂ©nomĂšne ralentit, l’artificialisation grignote petit Ă  petit les terrains agricoles

Depuis 1990, les terrains artificialisĂ©s ont progressĂ© de 36 %, soit une croissance de 15 kmÂČ/an. L'artificialisation du territoire s’est faite quasi exclusivement au dĂ©triment des terrains agricoles, qui ont enregistrĂ© une perte de 483 km2 entre 1990 et 2019 (- 5 %). La perte de terrains agricoles tend cependant Ă  se rĂ©duire progressivement : alors qu'elle Ă©tait maximale entre 1990 et 1995 (20,5 km2/an en moyenne), elle est passĂ©e Ă  14 km2/an en moyenne entre 2005 et 2010. Pour la pĂ©riode 2015 - 2021, elle s'Ă©levait en moyenne Ă  10 km2/an.

DiffĂ©rents Ă©lĂ©ments expliquent ces constats. L’augmentation de la population et du nombre de mĂ©nages wallons entraine une plus grande consommation de territoire pour l’habitat et les services associĂ©s. Cependant, une politique de rationalisation du territoire pour l’habitat, avec notamment une baisse des superficies Ă  destination des maisons unifamiliales et la progression des appartements, ainsi que la hausse du prix des terrains Ă  bĂątir, expliquent en partie le ralentissement de l’artificialisation.

Depuis juin 2017, le Code du dĂ©veloppement territorial prĂ©cise des objectifs de dĂ©veloppement territorial et d’amĂ©nagement du territoire dont la lutte contre l’étalement urbain et l’utilisation rationnelle des territoires font partie. En mai 2019, ces objectifs ont Ă©tĂ© dĂ©finis dans le schĂ©ma de dĂ©veloppement du territoire. Celui-ci prĂ©voit de stopper Ă  moyen terme l’artificialisation des terres, en rĂ©duisant la consommation des terres non artificialisĂ©es Ă  6 km2/an (soit environ 1,6 ha/jour) d’ici 2030 (soit une baisse d'un peu moins de la moitiĂ© de la consommation observĂ©e sur la pĂ©riode 2015 - 2019) et en tendant vers 0 km2/an Ă  l’horizon 2050.

La répartition des différentes catégories varie selon la région.

La rĂ©partition des diffĂ©rentes catĂ©gories d’utilisation du territoire n’est pas homogĂšne. Les terrains artificialisĂ©s se localisent principalement le long du sillon Sambre-Meuse, notamment au niveau des quatre plus grandes rĂ©gions urbaines wallonnes (Mons, Charleroi, Namur et LiĂšge), et au nord de celui-ci. Les terrains agricoles se trouvent de part et d’autre de ce sillon (essentiellement des cultures au nord et des pĂątures au sud), alors que les terrains boisĂ©s se rencontrent principalement au sud de celui-ci.

Carte de rĂ©partition de l’utilisation du territoire en 2021

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* Surfaces retirĂ©es de leur Ă©tat naturel (prairie naturelle, zone humide...), forestier ou agricole, qu’elles soient bĂąties ou non et qu’elles soient revĂȘtues (p. ex. parking) ou non (p. ex. jardin de maison pavillonnaire). Les surfaces artificialisĂ©es incluent donc Ă©galement les espaces artificialisĂ©s non bĂątis (espaces verts urbains, Ă©quipements sportifs et de loisirs...)(a). Les terrains militaires (camp d’Elsenborn p. ex., Ă  l’est de la Wallonie) font donc Ă©galement partie des terrains artificialisĂ©s.