Cette fiche porte sur les ovins et les caprins répertoriés en Wallonie. Ces deux cheptels sont souvent considérés comme ne faisant qu’un, pourtant il s’agit de deux espèces bien distinctes. Seuls les effectifs globaux seront abordés ici, car les bases de données ne permettent pas, actuellement, une véritable distinction entre les détenteurs dits « hobbyistes » et les détenteurs professionnels.

Les productions ovine et caprine connaissent un véritable engouement depuis quelques années, avec un total de 82 600 têtes en 2020. On observe un bond de 25 % au niveau de l'effectif par rapport à 2016. Contrairement aux autres spéculations animales, les ovins et les caprins ne sont pas concentrés dans des exploitations dites spécialisées mais sont présents dans différentes orientation technico-économique [OTE] à titre de diversification. Avec 65 000 animaux, le nombre d’ovins est quatre fois supérieur au nombre de caprins.

Depuis plusieurs années, le nombre d’ovins et de caprins augmente

En 2020, le nombre total d’ovins et de caprins détenus en Wallonie est d’environ 82 600 têtes, soit une augmentation de 25 % depuis 2016, principalement pour les ovins. On relève 65 000 ovins pour 17 000 caprins, soit un rapport 80 – 20 %.

Le développement de la production ovine est dû, entre autres, à l'aide couplée octroyée dans le cadre de la Poltique agricole commune [PAC], à l’exploitant agricole possèdant au moins 30 brebis âgées de 6 mois. Cette aide n’existe pas pour la spéculation caprine. De plus, l’installation est plus aisée en spéculation ovine vu le niveau d’investissement relativement plus faible.

Bien que les ovins et les caprins soient souvent considérés comme un seul secteur, toutefois, il s’agit de deux espèces différentes ayant leurs finalités économiques propres.

L’élevage ovin professionnel, en Wallonie, est axé principalement sur la production de viande avec des races comme le Texel, l’Ile de France, le Suffolk, le Vendéen ou le Rouge de l’Ouest. On retrouve, par ailleurs, des élevages dont l’objectif est de valoriser au mieux les pâturages pauvres ou qui s’intègrent dans une démarche de conservation des races locales. La dernière catégorie reprend les quelques exploitations qui se sont tournées vers la production laitière ovine.

L’élevage caprin professionnel est moins présent en Wallonie et est orienté vers la production laitière avec ou sans transformation. Les exploitations caprines wallonnes sont spécialisées en production fromagère (85 % des exploitations selon le Collège des Producteurs). A l’opposé, la Flandre, est davantage tournée vers la production laitière sans transformation. Les races laitières caprines rencontrées en Wallonie sont principalement la Saanen et l’Alpine.

Evolution du cheptel ovin et caprin

 

Evolution du cheptel ovin et caprin : 

Les productions ovine et caprine étaient plus répandues autrefois. Elles permettaient de valoriser des terres de moindre qualité. Compatibles avec une agriculture plus extensive, certaines races sont adaptées pour évoluer en milieux humides ou sur des pelouses pauvres. Avec le temps, ces terres marginales ont été améliorées ou abandonnées (boisées), avec pour conséquence une diminution du cheptel jusque dans les années 2015 où un réel soutien au secteur a été mis en place.

 

- La moitié des ovins et caprins est détenue dans des exploitations où se trouvent également des bovins

Il y a une réelle complémentarité au pâturage entre les bovins et les ovins. En effet, la présence d’ovins permet de diminuer les zones de refus dans les prairies, et permet ainsi une meilleure utilisation des surfaces pâturées. Par conséquent, la moitié des ovins et caprins est détenue dans des exploitations où se trouvent également des bovins.

- Un quart des ovins et caprins se retrouve dans des exploitations en mode de production biologique

Les ovins/caprins sont souvent associés à la production extensive dont le mode de production biologique fait partie. En effet, 25% de ces animaux sont détenus dans des exploitations bénéficiant des primes à l’agriculture biologique, tandis que 10 % à peine des bovins sont dans ce cas. L’activité ovine/caprine reflète donc un mode de production davantage «bio», bien qu’en valeur absolue, il y a beaucoup plus de bovins en production biologique que d’ovins/caprins.

Par ailleurs, la préservation de races ovines locales menacées est reprise dans le programme agroenvironnemental, détaillé dans le Programme wallon de Développement rural (PwDR). L’élevage de ces animaux, souvent moins rentable car mené en mode extensif, fait l’objet d’un soutien par l’Autorité publique. Il s’agit du mouton Laitier belge, l’Entre-Sambre-et-Meuse, le Mergelland, l’Ardennais tacheté et l’Ardennais roux. La conservation et le renforcement de la diversité de ces animaux représentent une importance économique mais aussi écologique et culturelle pour la Wallonie. En effet, les races locales possèdent des potentialités uniques puisqu'elles sont adaptées à leur environnement. Leurs avantages sont multiples : maintien de la biodiversité et conservation, voire restauration de certains paysages. Leur pâturage permet également, selon la situation, de réduire le risque d’incendie et/ou de lutter contre les plantes invasives. Par ailleurs, ces races constituent un véritable patrimoine génétique régional.

- Les ovins et les caprins se retrouvent dans l’ensemble de la Wallonie

La région limoneuse est la région agricole où l’on trouve le plus grand nombre d’ovins/caprins (25 % du total wallon), tandis que l’Ardenne est celle qui présente la plus forte croissance depuis 2016, tant de manière relative (+ 34 %)  qu’absolue (+ 3 053 têtes).

Par contre, en 2020, les ovins/caprins sont principalement présents dans la province de Luxembourg. Depuis 2016, cette province a vu son effectif bondir de près de 25 %, contrairement aux provinces de Liège et du Brabant Wallon où les effectifs stagnent depuis 3 ans.

Répartition du cheptel ovin et caprin en 2020

Répartition du cheptel ovin et caprin par commune en 2020

70b1d622-ad60-47ca-abf7-15704599e98c