En rĂ©sumĂ© :  Les capitaux nĂ©cessaires Ă  l’exploitation wallonne moyenne s’élĂšvent en 2024 Ă  1 907 814 â‚Ź. Un peu plus de la moitiĂ© de ces capitaux provient de bailleurs. Les capitaux engagĂ©s par l’exploitant ne cessent de croĂźtre en valeur, Ă  un rythme moyen de l’ordre de 4,18 % par an sur la derniĂšre dĂ©cennie, pour atteindre en 2024 un peu plus de 898 530 €. Cette augmentation n’est pas liĂ©e Ă  un endettement plus important.

   Capitaux   -     Actif    -     Passif   -     Dettes  

 

Au sein de l’exploitation

- Capital d’exploitation

Le capital de l’exploitation est constituĂ© de l’ensemble des facteurs de productions Ă  l’exception de la main-d’Ɠuvre nĂ©cessaire Ă  la rĂ©alisation de l’objet social.  Ce capital mis en Ɠuvre dans une exploitation agricole atteint 1 907 814 â‚Ź en Wallonie en 2024 et provient pour :

  • 53 % de bailleurs qui le mettent Ă  la disposition de l’exploitation via une contribution ;
  • 47 % de l’exploitant qu’il finance via ses fonds propres (famille) ou en ayant recours Ă  l’emprunt.

Les parts respectives des bailleurs et de l’exploitant Ă©voluent relativement peu dans le temps. En ce qui concerne les bailleurs, leur contribution consiste essentiellement en la mise Ă  disposition des terres et des bĂątiments, en Ă©change d’une contrepartie.

La hausse continue des capitaux utilisĂ©s par l’exploitation s’explique d’une part, par l’augmentation de taille de l’exploitation, la valeur croissante des terres et l’inflation liĂ©e au contexte gĂ©opolitique.

Evolution des capitaux mis en Ɠuvre par l’exploitation wallonne

Evolution des capitaux mis en Ɠuvre par l’exploitation wallonne

Evolution des capitaux mis en Ɠuvre par l’exploitation wallonne

 

- Actif

En 2024, le total de l’actif moyen de l’exploitation wallonne atteint 899 530 €.

Avec 540 519 â‚Ź, les terres reprĂ©sentent prĂšs de 60 % de ce dernier. A titre de comparaison, en 2009, les terres reprĂ©sentaient moins de 34 % de l’actif engagĂ© par l’exploitant. Cette hausse de la part des terres dans l’actif est liĂ©e essentiellement Ă  la hausse continue de la valeur d’un hectare de terrain.

Les autres composants de l’actif immobilisĂ© que sont les bĂątiments, le matĂ©riel, le cheptel Ă©voluent trĂšs peu. Les amĂ©liorations fonciĂšres sont intĂ©grĂ©es dans la composante terre de l’actif alors que les droits et quotas ont Ă©tĂ© ajoutĂ©s Ă  la composante « bĂątiments Â» de l’actif.

Evolution de l’actif moyen de l’exploitation wallonne

Evolution de l’actif moyen de l’exploitation wallonne

Evolution de l’actif moyen de l’exploitation wallonne

Répartition de l'actif moyen de l'exploitation wallonne en 2024

Répartition de l'actif moyen de l'exploitation wallonne en 2024

Répartition de l'actif moyen de l'exploitation wallonne en 2024

 

En moyenne, l’actif par unitĂ© de travail s’élĂšve Ă  619 674 €, tandis qu’il atteint 11 756 € par hectare de surface agricole utilisĂ©e (SAU).

Sur les dix derniÚres années :

  • La croissance annuelle moyenne de l’actif est de 5,6 % par unitĂ© de travail ;
  • Elle est de 3,3 % par hectare de SAU.

Ces chiffres traduisent une augmentation progressive de la valeur des biens mobilisĂ©s par l’exploitant, qui doit non seulement investir davantage, mais aussi engager un volume croissant de ressources pour maintenir ou dĂ©velopper son activitĂ©.

Evolution de l'actif moyen de l'exploitation wallonne par UT ou par unité de SAU

Evolution de l'actif moyen de l'exploitation wallonne par UT ou par unité de SAU

Evolution de l'actif moyen de l'exploitation wallonne par UT ou par unité de SAU

 

- Passif

En 2024, le montant de la dette de l’exploitation wallonne est d’environ 196 412 €. Cette valeur est 20 % plus Ă©levĂ©e Ă  la moyenne des dix annĂ©es prĂ©cĂ©dentes (164 000 â‚Ź).

La hausse du passif provient toutefois principalement des capitaux propres qui en reprĂ©sentent actuellement 78 %. La solvabilitĂ© de l’exploitation wallonne s’est ainsi amĂ©liorĂ©e par rapport au dĂ©but des annĂ©es 2010, ou inversement, son taux d’endettement s’est rĂ©duit. La variabilitĂ© entre exploitations est importante, ainsi un jeune exploitant aura souvent moins de capitaux propres, plus de dettes et devra recourir plus souvent Ă  la location de terre, voir des bĂątiments que l’exploitant moyen wallon.

Evolution du passif de l'exploitation wallonne

Evolution du passif de l'exploitation wallonne

Evolution du passif de l'exploitation wallonne

 

Au sein des OTE

- Capital d’exploitation

De grandes diffĂ©rences s’observent selon l’orientation technico-Ă©conomique [OTE] des exploitations au niveau du capital total :

Les exploitations combinant cultures et bovins ou combinant bovins laitiers et viandeux mettent en Ɠuvre un capital de plus de 2 483 000 â‚Ź, alors qu’une exploitation spĂ©cialisĂ©e en bovins viandeux utilisera un capital de 1 218 000 â‚Ź. Bien souvent, plus le capital est Ă©levĂ©, plus la part des bailleurs est importante.

La part des capitaux de l’exploitant est la plus faible pour les exploitations spĂ©cialisĂ©es en grandes cultures. Contrairement aux exploitations avec de l’élevage, le cheptel et les bĂątiments d’élevage, deux Ă©lĂ©ments gĂ©nĂ©ralement en propriĂ©tĂ©, ne figurent pratiquement pas dans leur bilan. En revanche, les exploitations spĂ©cialisĂ©es en grandes cultures sont souvent situĂ©es dans les rĂ©gions ou la valeur de la terre est plus Ă©levĂ©e, or les terres reprĂ©sentent une grosse partie du capital des bailleurs.

Répartition des capitaux de l'exploitation wallonne selon l'OTE en 2024

Répartition des capitaux de l'exploitation wallonne selon l'OTE en 2024

Répartition des capitaux de l'exploitation wallonne selon l'OTE en 2024

 

- Actif

Le montant et la rĂ©partition des composants de l’actif sont Ă©galement liĂ©s Ă  l’orientation technico-Ă©conomique [OTE] de l’exploitation.

Au niveau des exploitations orientĂ©es en Ă©levage bovin, le cheptel reprĂ©sente une part importante de l'actif pour les Ă©levages de bovins viandeux. A contrario, pour les Ă©levages de bovins laitiers, si la valeur du cheptel est moindre, l’actif en bĂątiment est plus Ă©levĂ©.

Enfin, de grands Ă©carts sont observĂ©s dans la composante ‘terres’, en lien avec la superficie dĂ©tenue en propriĂ©tĂ© et la valeur des terres, laquelle dĂ©pend notamment de la rĂ©gion agricole. Ainsi les exploitations spĂ©cialisĂ©es en grandes cultures, situĂ©es principalement dans les rĂ©gions limoneuses et sablo-limoneuses, sont confrontĂ©es Ă  une valeur de la terre supĂ©rieure Ă  celle observĂ©e pour les exploitations spĂ©cialisĂ©es en bovins viandeux situĂ©es majoritairement en Famenne ou en Ardenne, par exemple.

Répartition de l'actif moyen de l'exploitation wallonne selon l'OTE en 2024

Répartition de l'actif moyen de l'exploitation wallonne selon l'OTE en 2024

Répartition de l'actif moyen de l'exploitation wallonne selon l'OTE en 2024

 

- Passif

L’analyse du mode de financement de l’actif rĂ©vĂšle que les exploitations spĂ©cialisĂ©es en bovins viandeux affichent un taux d’endettement nettement infĂ©rieur Ă  celui des exploitations des autres orientations technico-Ă©conomiques (OTE). Cela vient du fait que les bĂątiments sont souvent des constructions rudimentaires et nĂ©cessitant peu de capital investi. Ce sont les exploitations des OTE ‘autres’ qui ont le taux d’endettement le plus Ă©levĂ© et, en valeur absolue, le montant de dettes le plus Ă©levĂ©. L’OTE ‘autres’ intĂšgrent les exploitations avec des granivores qui exigent des infrastructures assez onĂ©reuses.

Répartition du passif de l'exploitation wallonne selon l'OTE en 2024

Répartition du passif de l'exploitation wallonne selon l'OTE en 2024

Répartition du passif de l'exploitation wallonne selon l'OTE en 2024