En résumé : En 2023, le secteur agricole wallon mobilise 14 769 unités de travail [UT], dont 97 % sont des travailleurs réguliers. Le taux d’occupation est de 55 %, supérieur à celui de la Flandre, en raison d’un recours moindre à la main-d’œuvre saisonnière. L’efficacité du travail augmente avec la taille des exploitations : une UT gère 15 ha dans les petites structures (<25 ha) et 88 ha dans les grandes (>100 ha). Les exploitations professionnelles comptent en moyenne 1,30 UT, avec des besoins variables selon les productions : 0,95 UT en grandes cultures, 1,68 en élevage laitier et 3,23 en horticulture. Depuis 2010, l’efficacité du travail progresse dans tous les types d’exploitations.
Au sein des exploitations
- Unité de travail
Les unités de travail peuvent se répartir en trois catégories : les travailleurs réguliers à temps plein ou à temps partiel et les travailleurs occasionnels.
En 2023, le secteur agricole wallon mobilise 14 769 unités de travail [UT], ce qui représente 31 % UT nationaux. En Wallonie, la grande majorité (97 %) des UT sont des travailleurs réguliers, dont deux tiers sont à temps plein (9 903 UT). La main-d’œuvre occasionnelle, quant à elle, regroupe 501 UT, correspondant à 6 % des UT saisonnières belges. Cette répartition témoigne d’une moindre dépendance à la main-d’œuvre temporaire en Wallonie par rapport à la Flandre.
Depuis quelques années, le nombre d’unités de travail régulier diminue progressivement, tandis que les UT occasionnels sont en hausse. Cette évolution reflète une transformation des modes d’organisation du travail agricole, avec un recours croissant à la main-d’œuvre temporaire.
Le taux d’occupation en Wallonie — c’est-à-dire la part de travailleurs en équivalent temps plein par rapport à l’ensemble des personnes actives dans le secteur — s’élève à 55 % en Wallonie, un chiffre supérieur à celui de la Flandre (41 %). Cette différence s’explique par un recours plus important à la main-d’œuvre occasionnelle en Flandre. Depuis 2010, ce taux a diminué de 10 % en Wallonie.
- Unité de travail moyenne
En 2023, la Wallonie compte en moyenne 1,19 UT par exploitation. La Flandre étant orientée vers des productions agricoles requérant plus de main-d’œuvre comme, par exemple l’horticulture, le nombre moyen d’UT par exploitation est plus élevé qu’en Wallonie (1,64).
En moyenne, une UT gère 50 ha. Ce chiffre continue de progresser. Il était de 42 ha/UT en 2010.
L’efficacité du travail agricole est corrélée à la taille des exploitations. Plus l’exploitation est de grande dimension, plus l’efficacité du travail est élevée. Ce phénomène peut s’expliquer par la présence d’un équipement plus conséquent et/ou une sous-traitance plus importante dans les exploitations de plus grande dimension. De plus, les plus petites structures ont tendance à faire appel plus fréquemment à du personnel à temps partiel.
En 2023, la répartition des UT en Wallonie selon la taille des exploitations montre des dynamiques contrastées :
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Les petites exploitations (< 25 ha) regroupent 21 % de l’effectif total en UT. Dans ces structures, une UT gère en moyenne 15 hectares. Depuis 2010, leur nombre d’UT a diminué de 27 %, traduisant une tendance à la réduction de la main-d’œuvre dans les structures les plus modestes.
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À l’inverse, les grandes exploitations (> 100 ha) concentrent 25 % des UT wallons. Une UT y gère en moyenne 88 hectares, traduisant une productivité nettement supérieure. Leur effectif est en progression, avec une hausse de 8 % depuis 2010.
Globalement, la diminution du nombre d’UT concerne principalement les exploitations de moins de 100 hectares, tandis que celles de plus grande taille poursuivent leur développement en nombre d’UT.
Au sein des OTE
- Unité de travail
Les exploitations professionnelles regroupent 13 597 unités de travail (UT), dont 476 UT occasionnels. Leur taux d’occupation atteint 58 %, un niveau presque équivalent à celui observé dans l’ensemble des exploitations wallonnes.
La répartition par type de production met en évidence des différences marquées :
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Le secteur des grandes cultures emploie 25 % des UT, ce qui en fait le plus gros pourvoyeur d’actifs. Toutefois, son taux d’occupation reste inférieur à la moyenne régionale, avec 47 %, en raison d’un recours plus fréquent à la main-d’œuvre occasionnelle et d’une proportion plus élevée de travailleurs réguliers à temps partiel.
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Les exploitations spécialisées en bovins laitiers affichent un taux d’occupation élevé de 76 %, lié à la présence importante de personnel à temps plein et à un recours très limité aux travailleurs occasionnels, en raison des tâches d’astreinte quotidiennes.
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Les exploitations horticoles, fortement dépendantes de la main-d’œuvre saisonnière, présentent un taux d’occupation faible de 28 %, illustrant la prédominance du travail occasionnel dans ce secteur.
- Unité de travail moyenne
Les exploitations professionnelles comptent en moyenne 1,30 unité de travail (UT), un niveau légèrement supérieur à celui observé dans l’ensemble des exploitations agricoles wallonnes. Les besoins en main-d’œuvre varient fortement selon le type de production :
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Par exploitation, celles spécialisées en grandes cultures sont les moins demandeuses en personnel, avec 0,95 UT par exploitation. Grâce à une mécanisation poussée et à l’absence d’obligations de présence quotidienne, une UT y gère en moyenne 75 hectares, ce qui en fait le secteur le plus efficace en termes de travail.
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Les élevages spécialisés en bovins laitiers nécessitent davantage de main-d’œuvre, avec 1,68 UT par exploitation. L’astreinte biquotidienne liée à la traite justifie cette intensité. Dans ce secteur, une UT peut exploiter en moyenne 44 hectares.
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Le secteur de l’horticulture mobilise le plus de main-d’œuvre, avec une moyenne de 3,23 UT par exploitation. Ce chiffre élevé s’explique par le recours intensif à la main-d’œuvre saisonnière, malgré des surfaces cultivées souvent restreintes. En moyenne, une UT y gère 8 hectares.
Depuis 2010, l’efficacité du travail progresse dans tous les types d’OTE, traduisant une amélioration continue de la productivité agricole.