Population agricole
- Effectifs
Bien que le secteur agricole wallon reste majoritairement masculin, les femmes ont toujours jouĂ© un rĂŽle actif sur les exploitations agricoles. Toutefois, lâabsence de statut spĂ©cifique a longtemps freinĂ© la reconnaissance de leur travail, souvent assimilĂ© aux tĂąches domestiques. Au-delĂ de leur moindre reprĂ©sentation, leur temps de travail diffĂšre Ă©galement de celui des hommes.
En 2023 , les femmes reprĂ©sentent 29 % de la main-dâĆuvre rĂ©guliĂšre agricole en Wallonie, soit 5 325 personnes. Ce pourcentage reste stable depuis 2009, malgrĂ© une baisse de 1 800 femmes .
34 % des femmes actives en agriculture travaillent Ă temps plein sur lâexploitation en 2023, alors quâelles Ă©taient 40 % en 2009.
Les hommes, quant Ă eux, sont 2,5 fois plus nombreux (13 080), avec une diminution de 2 447 personnes (-13%) sur la mĂȘme pĂ©riode.
52 % des hommes actifs en agriculture travaillent à temps plein . Depuis 2009, ce nombre a diminué de 12 %.
Quelle que soit lâorientation technico-Ă©conomique [OTE], la rĂ©partition selon le genre reste constante â environ 30 % de femmes et 70 % dâhommes.
Evolution de la main-d'Ćuvre rĂ©guliĂšre selon le genre
Evolution de la main-d'Ćuvre rĂ©guliĂšre selon le genre
RĂ©partition de la main-d'Ćuvre rĂ©guliĂšre selon le genre et l'OTE des exploitations professionnelles en 2023
RĂ©partition de la main-d'Ćuvre rĂ©guliĂšre selon le genre et l'OTE des exploitations professionnelles en 2023
- RĂŽle
En 2023, les rÎles occupés par les femmes et les hommes dans les exploitations agricoles wallonnes restent marqués par des différences notables, bien que certaines évolutions soient observées dans le temps.
Trois femmes sur dix sont cheffes dâexploitation , mais elles ne reprĂ©sentent que 16 % de lâensemble des chefs dâexploitation â une proportion stable depuis 2009.
45 % des femmes actives en agriculture aident leur conjoint sur lâexploitation, bĂ©nĂ©ficiant ainsi du statut de conjointe . Ce statut enregistre une diminution de 11 % par rapport Ă 2009.
23 % des femmes occupent un autre rĂŽle (autre membre de la famille ou main-dâĆuvre non familiale), alors quâelles Ă©taient seulement 11 % en 2009 â une progression significative.
PrĂšs de 70 % des hommes endossent le rĂŽle de chefs dâexploitation , un chiffre en lĂ©gĂšre baisse par rapport Ă 2009 (74 %).
Le rÎle de conjoint reste marginal chez les hommes (5 %), mais tend à se masculiniser : en 2009, les hommes représentaient un conjoint sur six ; en 2023, ils en représentent un sur cinq (21 %).
Un peu plus dâun quart des hommes occupent dâautres rĂŽles (autre membre de la famille ou main-dâĆuvre non familiale), ces rĂŽles Ă©taient moins frĂ©quents en 2009 (21 %).
Un peu plus dâun quart des hommes occupent dâautres rĂŽles (autre membre de la famille ou main-dâĆuvre non familiale), ces rĂŽles Ă©taient moins frĂ©quents en 2009 (21 %).
RĂ©partition de la main-d'Ćuvre rĂ©guliĂšre maculine selon le rĂŽle
RĂ©partition de la main-d'Ćuvre rĂ©guliĂšre maculine selon le rĂŽle
RĂ©partition de la main-d'Ćuvre rĂ©guliĂšre fĂ©minine selon le rĂŽle
RĂ©partition de la main-d'Ćuvre rĂ©guliĂšre fĂ©minine selon le rĂŽle
Evolution du nombre de conjoints selon leur genre
Evolution du nombre de conjoints selon leur genre
Chef dâexploitation
- Profil
Comme pour les autres critĂšres, le profil des chefs dâexploitation rĂ©vĂšle des diffĂ©rences notables entre les femmes et les hommes, tant en termes dâĂąge que de niveau de formation.
LâĂąge moyen des femmes lorsquâelles sont cheffes dâexploitation est de 57,1 ans , en 2023, situation pratiquement identique Ă celle observĂ©e en 2009 (57,5 ans).
Seuls 18 % des femmes ont suivi une formation agricole complĂšte et la majoritĂ© (67 %) disposent uniquement dâune expĂ©rience pratique . Cependant, comme pour les hommes, lâĂąge influence le niveau de formation des cheffes dâexploitation. 51 % de ces cheffes dâexploitation de moins de 30 ans ont une formation agricole complĂšte.
Les hommes chefs dâexploitation ont en moyenne 54,6 ans en 2023. Ce chiffre a augmentĂ© depuis 2009 (52,6 ans).
Les hommes ont globalement un niveau de formation plus Ă©levĂ© que les femmes. En moyenne, 32 % dâentre eux disposent dâune formation agricole complĂšte et 44 % a uniquement une expĂ©rience pratique. Pour les hommes de moins de 30 ans, ces chiffres sâamĂ©liorent : 53 % bĂ©nĂ©ficient dâune formation agricole complĂšte et 19 % ont uniquement une formation pratique.
Pyramide des Ăąges des chefs d'exploitation en 2023
Niveau de formation selon le genre et la tranche d'Ăąge des chefs d'exploitation en 2023
Niveau de formation selon le genre et la tranche d'Ăąge des chefs d'exploitation en 2023
- OTE
La rĂ©partition des chefs dâexploitation selon lâorientation technico-Ă©conomique [OTE] rĂ©vĂšle des diffĂ©rences de genre Ă deux niveaux : dâune part, les types dâexploitation les plus frĂ©quemment dirigĂ©s par des femmes ou des hommes ; dâautre part, la rĂ©partition de lâensemble des femmes (et des hommes) dans chaque type dâexploitation.
La rĂ©partition des cheffes dâexploitation par OTE est proche de celle des exploitations wallonnes : 36 % en grandes cultures et 43 % en Ă©levages spĂ©cialisĂ©s en bovins contre, respectivement 20 % et 59 % en 2009. Cette Ă©volution traduit un glissement des Ă©levages vers les grandes cultures, mĂȘme si les femmes restent majoritaires en Ă©levage.
Au sein des OTE , les femmes reprĂ©sentent 18 % des chefs dâexploitations spĂ©cialisĂ©es en grandes cultures, 15 % dans celles spĂ©cialisĂ©es en bovins viandeux, mais seulement 10 % dans les Ă©levages de bovins laitiers.
La rĂ©partition des hommes chefs dâexploitation par OTE est un peu diffĂ©rente de lâensemble des exploitations wallonne : avec un peu moins dâexploitations spĂ©cialisĂ©es en grandes cultures (30 %) et Ă lâinverse, une plus forte prĂ©sente en Ă©levages spĂ©cialisĂ©es en bovins (50 %). En 2009, il nâĂ©tait que 16 % en grandes cultures et 61 % dans des Ă©levages de bovins spĂ©cialisĂ©s.
Au sein des OTE , Ă lâexception des exploitations spĂ©cialisĂ©es en grandes cultures, les hommes, reprĂ©sentent plus de 85 % des chefs dâexploitation. Cette proportion monte jusquâĂ 90 % au sein des exploitations spĂ©cialisĂ©es en bovins laitiers.
Evolution de la proportion de femmes parmi les chefs d'exploitation professionnelle selon l'OTE
Evolution de la proportion de femmes parmi les chefs d'exploitation professionnelle selon l'OTE
- Exploitation
LâaccĂšs au foncier et la dimension des exploitations agricoles varient selon le genre, avec en moyenne des exploitations de plus petite dimension pour les femmes, mais avec une proportion plus importante de terres en propriĂ©tĂ©.
En 2023, les cheffes dâexploitation disposent, en moyenne, de 42,6 ha . Au total, elles gĂšrent 12 % de la superficie agricole utilisĂ©e [SAU] wallonne.
42 % des terres quâelles exploitent sont en propriĂ©tĂ©, un pourcentage lĂ©gĂšrement supĂ©rieur Ă celui des hommes. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la proportion de terres en propriĂ©tĂ© diminue Ă mesure que la superficie cultivĂ©e augmente. Cette tendance pourrait laisser penser que les femmes sont donc davantage propriĂ©taires parce quâelles gĂšrent des exploitations plus petites. Cependant, les donnĂ©es montrent quâelles exploitent une part plus Ă©levĂ©e de terres en propriĂ©tĂ©, quel que soit le niveau de superficie, quâil sâagisse dâexploitations infĂ©rieures Ă 25 hectares ou supĂ©rieures Ă 100 hectares.
En 2023, les hommes disposaient, en moyenne, de 60,5 ha . Etant donnĂ© quâils sont plus nombreux et que leurs exploitations sont de plus grande dimension, les chefs dâexploitation exploitent 88 % de la SAU wallonne.
Les chefs dâexploitation exploitent en moyenne 38 % de terre en propriĂ©tĂ©s.
Quelle que soit lâOTE, les chefs dâexploitation gĂšrent des exploitations de plus grande dimension que leurs homologues fĂ©minins. A titre dâexemple, les chefs dâexploitation en grandes cultures, disposent dâune SAU moyenne plus grande de 15,6 ha et, au niveau des exploitations spĂ©cialisĂ©es en bovins viandeux, dâun cheptel moyen augmentĂ© de 15 vaches allaitantes par rapport aux exploitations gĂ©rĂ©es par des femmes.
Evolution de la superficie moyenne et de la proportion des terres en propriété selon le genre du chef d'exploitation
Evolution de la superficie moyenne et de la proportion des terres en propriété selon le genre du chef d'exploitation
Pourcentage des terres en propriété selon le genre du chef d'exploitation et la taille de l'exploitation en 2023
Pourcentage des terres en propriété selon le genre du chef d'exploitation et la taille de l'exploitation en 2023
Répartition par génération
Afin dâapporter une perspective sur le renouvellement gĂ©nĂ©rationnel, la population active peut ĂȘtre rĂ©partie en quatre catĂ©gories en fonction de lâĂąge dont seulement trois sont analysĂ©es dans le cadre de cette fiche :
Les « jeunes » (moins de 41 ans), les ânouveaux arrivĂ©sâ dans le secteur agricole
Les « fin de carriĂšre » (57 Ă 66 ans), les agriculteurs qui atteindront lâĂąge de la pension dans les dix prochaines annĂ©es,
Les « senior » (67 ans et plus), les agriculteurs actifs ayant dĂ©passĂ© lâĂąge lĂ©gal de la pension.
Les deux derniÚres catégories représentent un enjeu majeur pour la reprise des exploitations.
- Effectif
En 2024 , lâanalyse des catĂ©gories dâĂąge selon le sexe rĂ©vĂšle des diffĂ©rences significatives dans la structure dĂ©mographique des agriculteurs.
12 % sont « jeunes » (soit 19 % de lâensemble des jeunes)
33 % sont en « fin de carriÚre » (soit 28 % de cette catégorie)
25 % sont « seniors » (soit 32 % de cette catégorie)
19 % sont « jeunes »
30 % sont en « fin de carriÚre »
19 % sont « seniors »
Quelle que soit la tranche dâĂąge, les hommes restent majoritaires. Toutefois, les femmes sont proportionnellement plus prĂ©sentes parmi les « seniors », tandis que les hommes dominent dans les catĂ©gories « jeunes » et « fin de carriĂšre ».
RĂ©partition de la population des femmes et des hommes selon la classe dâĂąge en 2024
RĂ©partition de la population des femmes et des hommes selon la classe dâĂąge en 2024
- Caractéristique
Age
Les femmes agricultrices sont en moyenne légÚrement plus ùgées que les hommes, avec respectivement 58 ans contre 55 ans.
Travail individuel ou en association
Lâanalyse des modes de travail, seul ou en association, rĂ©vĂšle des diffĂ©rences selon le genre. Cependant, au sein de chaque catĂ©gorie dâĂąge, la tendance observĂ©e pour lâensemble de la population se confirme : les « Jeunes » travaillent plus souvent en association, tandis que les « Seniors » privilĂ©gient le travail individuel.
En 2024 , les femmes travaillent moins souvent seules (37 %) que lâ ensemble de la population qui privilĂ©gie davantage le travail Ă deux.
En revanche, 57 % des hommes travaillent seuls et 30 % en association, Ă deux.
Répartition de la population des femmes et des hommes selon le travail en solo ou en association en 2024
Répartition de la population des femmes et des hommes selon le travail en solo ou en association en 2024
Statut social
Lâanalyse du statut social selon le genre met en Ă©vidence des diffĂ©rences significatives, tant globalement que par catĂ©gorie dâĂąge.
En 2024 , 48 % des femmes sâinstalle sous statut Ă titre principal, soit lĂ©gĂšrement moins que la moyenne wallonne et que les hommes. De plus, 23 % optent pour le statut de conjoint aidant .
Des diffĂ©rences apparaissent selon lâĂąge :
Les « jeunes » femmes sont majoritairement à titre principal (72 %) mais trÚs peu choisissent le statut de conjoint aidant (4 %).
A lâinverse, 59 % des femmes « seniors » choisissent le statut complĂ©mentaire.
Chez les hommes, prĂšs de deux sur trois sâinstallent Ă titre principal. Le statut de conjoint aidant est quasiment absent.
La répartition par ùge est comparable à celle des femmes, mais encore plus marquée :
82 % des « jeunes » sont à titre principal.
90 % des « seniors » optent pour le statut complémentaire.
Le statut Ă titre principal reste majoritaire pour tous, mais les femmes se dĂ©marquent par un choix plus frĂ©quent du statut de conjoint aidant, contrairement aux hommes oĂč ce statut est quasi absent.
Répartition de la population des femmes et des hommes leur statut social en 2024
Répartition de la population des femmes et des hommes leur statut social en 2024