En résumé : L’escourgeon reste la seconde céréale cultivée en Wallonie avec 27 263 ha. Le printemps très humide de l’année 2024 a pénalisé le rendement moyen qui s’effondre à 6 740 kg/ha. Ce maigre rendement n’a pas été compensé par le prix du grain qui a stagné à 190 €/t. Ces deux éléments conduisent à un produit principal de 1 281 €/ha. Les charges opérationnelles profitent d’une baisse du prix des engrais et descendent à 551 €/ha malgré les traitements phytosanitaires plus importants. Par conséquent, la marge brute chute à 730 €/ha, soit le second plus mauvais résultat sur les 15 dernières années. Les écarts de performance entre exploitants de la zone ‘cultures’ sont toujours supérieurs aux écarts observés entre les régions et atteignent 700 €/ha de marge brute.
Superficie
Avec 27 263 ha, l’escourgeon ou orge d’hiver est la seconde céréale cultivée en Wallonie et est présent dans 25 % des exploitations wallonnes avec 8,8 ha en moyenne.
- Différences régionales
Pour mieux analyser l’impact des régions agricoles sur les cultures commerçables, la Wallonie est subdivisée en trois « super-régions » considérées comme suffisamment homogènes en termes de pratiques culturales et de résultats : la zone « grandes cultures », la zone « herbagère » et le Condroz.
- La zone « grandes cultures » rassemble 47 % de la superficie agricole utilisée [SAU] consacrée à l’escourgeon et 56 % des producteurs de cette céréale. Ces derniers n’y consacrent cependant que 7,3 ha en moyenne par exploitation.
- Avec 34 % de la superficie dédiée à cette culture, mais seulement 23 % des producteurs, le Condroz arrive en seconde position et se distingue par la plus grande superficie moyenne consacrée à cette culture : 12,8 ha.
- La zone « herbagère » comprend 20 % de la SAU emblavée en escourgeon et les producteurs y cultivent en moyenne 8,5 ha.
- Au sein des OTE
En 2024, 2 969 exploitations professionnelles gèrent 26 868 ha d’escourgeon. Près de 57 % de cette superficie (15 293 ha) sont gérés au sein des exploitations spécialisées en grandes cultures. Celles-ci représentent presque la moitié des producteurs d’escourgeon et en moyenne, ils y consacrent 10,6 ha. A l’opposé, les exploitations spécialisées en bovins laitiers ne gèrent qu’à peine 3,7 % de la SAU totale dédiée à cette culture et, celles qui en cultivent y consacrent 6,9 ha en moyenne.
Rendement et prix
En 2024, le rendement de la culture d’escourgeon s’établit à 6 740 kg/ha, soit à un niveau bien inférieur à la moyenne des dix années précédentes (8 400 kg/ha). Si les semis ont pu souvent être effectués dans des conditions relativement normales, le reste de la saison culturale a été très humide et sombre et ce, notamment à des périodes critiques pour la culture.
De son côté, le prix des grains d’escourgeon est resté assez stable par rapport à l’année précédente et atteint, en 2024, une valeur de 190 €/t, à peine plus élevé que la moyenne des dix années précédentes (177 €/t).
Evolution du rendement de la culture d'escourgeon et du prix de vente de son grain
De 2013 à 2020, on observe un prix moyen de 156 €/t avec un minimum de 128 €/t en 2016. A partir de 2021, le prix augmente fortement pour atteindre un pic à 265 €/t en 2022. En 2023 et 2024, les prix redescendent entre 185 et 190 €/t Le rendement moyen fluctue généralement entre 8 et 9 t/ha. Les années 2016 et 2024 se distinguent par des rendements très faibles, inférieurs à 7 t/ha.
De 2013 à 2020, on observe un prix moyen de 156 €/t avec un minimum de 128 €/t en 2016. A partir de 2021, le prix augmente fortement pour atteindre un pic à 265 €/t en 2022. En 2023 et 2024, les prix redescendent entre 185 et 190 €/t Le rendement moyen fluctue généralement entre 8 et 9 t/ha. Les années 2016 et 2024 se distinguent par des rendements très faibles, inférieurs à 7 t/ha.
Rentabilité
- Produits
En 2024, le produit principal de la culture d’escourgeon, c’est-à-dire issu de la valorisation du grain, atteint 1 281 €/ha. Le faible rendement obtenu combiné à un prix moyen explique que ce résultat est inférieur à la moyenne des dix années précédentes qui est de l’ordre de 1 495 €/ha. A ce produit principal s’ajoute le produit de la paille qui s’établit à 272 €/ha.
Evolution des produits principal et secondaire de culture d'escourgeon
L’évolution du produit principal de l’escourgeon au cours des années précédentes montre un pic vers le haut en 2012, grâce à un prix élevé et un pic vers le bas en 2016, résultant d’un rendement et d’un prix très bas. Enfin, en 2021 et 2022, il bondit et dépasse les 2 000 €/ha soutenu par un prix élevé. Après 2022, les prix redescendent et, en 2024, le rendement chute, ce qui explique l’évolution à la baisse du produit principal.
L’évolution du produit principal de l’escourgeon au cours des années précédentes montre un pic vers le haut en 2012, grâce à un prix élevé et un pic vers le bas en 2016, résultant d’un rendement et d’un prix très bas. Enfin, en 2021 et 2022, il bondit et dépasse les 2 000 €/ha soutenu par un prix élevé. Après 2022, les prix redescendent et, en 2024, le rendement chute, ce qui explique l’évolution à la baisse du produit principal.
- Charges opérationnelles affectées
En 2024, les charges opérationnelles affectées, hors travaux par tiers, pour la culture d’escourgeon s’élèvent à 551 €/ha. Bien qu’elles baissent après deux années, avec des valeurs supérieures à 650 €/ha, elles restent supérieures à la moyenne des dix années précédentes (479 €/ha).
- La charge en fertilisant redescend à 215 €/ha soit 38 % de moins qu’en 2023, profitant de la baisse du prix des engrais.
- Les traitements phytopharmaceutiques ont été plus importants, redevenant le poste le plus important avec 222 €/ha (+10% par rapport à 2023), soit 40 % des charges opérationnelles affectées.
L’escourgeon est une culture moins exigeante que celle du froment pour sa fertilisation. Elle se contente d’une fumure azotée d’environ 160 unités/ha. Les apports de phosphore sont de l’ordre de 10 unités/ha et ceux de potassium atteignent 17 unités/ha.
A titre informatif, le montant dépensé pour les travaux par tiers est de 160 €/ha, à peine plus que la moyenne des dix années précédentes qui est de 149 €/ha.
Evolution des charges opérationnelles affectées à la culture d'escourgeon
Les charges opérationnelles affectées ont augmenté de 2010 à 2015 pour dépasser les 460 €/ha avant de diminuer un peu et de bondir de plus de 200 €/ha en 2022 et 2023. En 2024, la baisse du prix des engrais permet d’enregistrer une réduction des charges opérationnelles affectées.
Les charges opérationnelles affectées ont augmenté de 2010 à 2015 pour dépasser les 460 €/ha avant de diminuer un peu et de bondir de plus de 200 €/ha en 2022 et 2023. En 2024, la baisse du prix des engrais permet d’enregistrer une réduction des charges opérationnelles affectées.
- Marge brute
En 2024, la marge brute du produit principal de la culture d’escourgeon, c’est-à-dire le grain, atteint 730 €/ha, les travaux par tiers n’étant pas compris dans les charges opérationnelles affectées. C’est un résultat décevant qui s’explique par les produits en baisse malgré une réduction des charges opérationnelles affectées. La marge brute de 2024 est en net retrait par rapport à la moyenne des dix années précédentes qui est de 1 017 €/ha. De 2010 à 2024, la marge brute est passée sous la barre des 1 000 €/ha à huit reprises, c’est-à-dire la moitié des années, descendant même à 335 €/ha en 2016.
En considérant le produit secondaire de la céréale, la paille, et les travaux par tiers dans les charges pour calculer la marge brute, elle atteint 842 €/ha, exactement comme le froment d’hiver.
Evolution de la marge brute de la culture d'escourgeon
La marge brute de l’escourgeon est souvent proche de la moyenne observée sur 15 ans, c’est-à-dire de l’ordre de 1 000 €/ha. Quelques années se distinguent cependant. Les années 2012, 2022 et 2023, avec un prix bien supérieur à 200 €/t qui conduit à une marge plus élevée et, à l’inverse, les années 2016 et 2024 avec des rendements très faibles qui plombent le résultat.
La marge brute de l’escourgeon est souvent proche de la moyenne observée sur 15 ans, c’est-à-dire de l’ordre de 1 000 €/ha. Quelques années se distinguent cependant. Les années 2012, 2022 et 2023, avec un prix bien supérieur à 200 €/t qui conduit à une marge plus élevée et, à l’inverse, les années 2016 et 2024 avec des rendements très faibles qui plombent le résultat.
Différences régionales
Pour l’année 2024, le rendement moyen de la culture d’escourgeon est de 6 893 kg/ha en zone « grandes cultures », de 6 674 kg/ha dans le Condroz et de 6 385 kg/ha dans la zone « herbagère ». L’écart de rendement observé, environ 500 kg/ha, entre ces zones est moins marqué que de coutume ou il dépasse régulièrement 1 000 kg/ha.
Les prix de vente sont assez similaires entre les zones et, de ce fait, le produit principal ne présente qu’à peine 80 €/ha d’écart entre la zone « grandes cultures » et la zone « herbagère ».
Pour la marge brute, cet écart reste le même, étant donné que les charges opérationnelles affectées sont pratiquement identiques entre les zones.
Variabilité des performances
Pour analyser la variabilité des situations, les résultats des cultivateurs d’escourgeon de la zone « grandes cultures » sont classés dans trois groupes de performance en fonction de la marge brute du produit principal (hors travaux par tiers).
En 2024, un écart de rendement de près de 2 890 kg/ha est observé entre les groupes de performance extrêmes. En outre, les plus performants obtiennent également un prix de vente supérieur de l’ordre de 192 €/t alors que les moins performants se contentent de 183 €/t.
Rendement de la culture d'escourgeon et prix de vente de son grain selon le niveau de performance des exploitations de la zone "grandes cultures" en 2024
Rendement de la culture d'escourgeon et prix de vente de son grain selon le niveau de performance des exploitations de la zone "grandes cultures" en 2024
En comparant les groupes de performances, un différentiel de produit de presque 600 €/ha entre les groupes extrêmes est constaté. Ainsi, les producteurs les moins performants, avec un rendement et un prix plus faible, se contentent d’un produit de 946 €/ha alors que les plus performants obtiennent un produit de 1 544 €/ha.
Cet écart de produit est accompagné par un niveau de charges opérationnelles affectées un peu plus faible pour les exploitants du groupe le plus performant. Le différentiel approche les 100 €/ha et se marque par des économies sur les engrais et les pesticides.
Ces écarts de produits et de charges, se traduisent par des marges brutes très contrastées : les producteurs les plus performants atteignent 1 018 €/ha, tandis que les moins performants ne dépassent pas 328 €/ha. L’écart de près de 700 €/ha dépasse largement les différences observées entre les moyennes régionales, soulignant l’importance des pratiques culturales dans la rentabilité de la culture. En considérant le produit de la paille et les travaux par tiers dans les charges opérationnelles affectées, les marges brutes des groupes de performances extrêmes atteignent respectivement 1 088 €/ha et 396 €/ha.